INTRODUCTION XI
discussion publique, dépendant d'elle, sous les oppositions et leurs menées, malgré les écarts des partis et leurs déloyautés, qu'il lui fallut assurer à son action l'efficacité nécessaire. Au gouvernement de 1814 il n'avait été besoin que de se défendre et l'habileté y suffisait; il était son propre maître, nul autre pouvoir que le sien ne subsistait, nulle contradiction n'avait place de la part du vaincu véritable, conséquemment nulle considération ni nulle aspiration dont lui ne fût personnellement à la fois et l'arbitre et l'objet. En 1815 il en avait été de même par l'accord à peu près avoué des pouvoirs existants. Dans les conditions si différentes qui se dressaient devant le chef du gouvernement de 1871, non seulement l'habileté du négociateur était indispensable, mais en outre celle du politique, et du politique animé par le patriotisme sous tous ses aspects : le patriotisme contre l'étranger, d'abord, et aussi celui, plus grand parce qu'il est plus difficile, d'indiquer sinon d'imprimer la direction dans les incertitudes intérieures.
On a appelé en toute vérité Gouvernement de M. Tliiers le gouvernement qui fut ce négociateur. Au plus haut degré possible, en effet, et à tous égards M. Thiers, outre qu'il fut l'âme du pouvoir formé sous lui, l'exerça personnellement. Ce fut avec l'assentiment des auxiliaires qui l'assistèrent, et il ne passera jamais en fait historique qu'un seul instant ce Ti'ait pas été avec l'assentiment du pays. L'histoire du siècle aussi dira : Le Gouvernement de M, Thiers, l'appellation marquant pour elle une date. Le caractère poli-