‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 8 sur 128 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

tique que ce gouvernement revêtit tout en poursuivant les dures conventions imposées par les choses, a ouvert à la vie nationale une de ces périodes nouvelles dont l'influence s'étend au delà du moment et au delà des frontières. Dès que ce n'était plus à une monarchie de subir la loi de cet instant fatal, dès qu'un simple citoyen et une assemblée avaient la mission de représenter la France abattue et de parler pour elle , c'est que les conditions fondamentales de l'état politique y étaient changées; le pouvoir délégué à ce citoyen était celui d'un pays en république. Dans le fait, l'ordre républicain d'aujourd'hui a commencé alors. L'histoire du siècle dira aussi que le gouvernement de M. Thiers donna l'exemple de ce nouvel ordre d'existence sous la plus jalouse idée de la liberté et de la droiture qui eût encore été conçue. D'autre part, elle verra les autres gouvernements de l'Europe montrer une considération si incontestée à ce président de République, qu'elle ne se demandera point si un gouvernement de nature différente en eût obtenu davantage ou de plus efficace. Chez le citoyen élu qui inaugura en France à cette époque le gouvernement sans monarcliie, la dignité de la tenue, la justesse du coup d'œil et celle des démarches, le bon sens et la décision de l'action, le sang-froid du patriotisme, la supérieure intelligence des moyens et de leur mise en œuvre, que beaucoup estimaient et ont estimés, même après, ne pouvoir être l'apanage que des royautés, frapperont le juge futur comme en ont été frappés les juges contemporains.

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