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2. Saint-Vallier à Thiers, lettre du 7 octobre. — Le commissaire extraordinaire expliquait là que beaucoup d^ofliciers avaient attiré leur famille en France et que c'étaient des femmes surtout que venaient les plaintes.
toire dans des vues stratégiques ultérieures. Le 2 octobre, M. de Manteuffel reçut ce télégramme du comte de Moltke : « Les journaux de Paris annoncent que a le gouvernement français va envoyer au camp de « Ghâlons une division entière; cette mesure contraire « au traité serait dangereuse pour la sécurité de notre < armée , d'autres troupes devant renforcer les garnia sons de Langres et de Besançon, ce qui nous enferme a dans un demi-cercle. Informez-vous et, si le fait est a vrai, prenez des précautions en concentrant vos « troupes au moment de Tévacuation. » Immédiatement le général crayonna à M. de St Vallier un billet où il attribuait ses renseignements à ses divisionnaires des deux Marne; mais les termes marquaient trop expressément la nécessité d'être éclairé pour qu'un ordre supérieur n'y fût pas reconnu : « J'espère que « cela est faux, écrivait le commandant en chef, et que « vous serez en mesure de le démentir, car je serais a forcé d'en référer à mon gouvernement, de ne pas « faire entrer mes troupes dans les baraques et de « donner à mon armée des dispositions défensives. a Mes généraux me reprochent de ne pas prendre des « précautions suffisantes * ».
Ce ne fut qu'une alerte, mais fort vive un moment. Une division avait été, en effet, dans les intentions de Versailles, et peut-être M. Thiers ressentait-il un peu de contrariété de les voir connues. Il en revint à moins que cela; toutefois, ces doutes renaissants le fatiguaient et il avait peine à le cacher. Avant une lettre explicative du surlendemain, un télégramme, le 4, disait à M. de Saint- Vallier : « Il s'agit d'un nombre qui est moitié de
1, Saint-Vallier à Thiers, télégramme du 3 octobre.
a ce que nous avions avant la guerre et en pleine paix; a ce n'est pas une division, mais tout au plus une bri- <L gade pour deux départements où il y a des villes « populeuses comme Reims et où l'ordre dans ce temps « de grèves fréquentes exige des forces respectables ». D'ailleurs il réitérait que rien n'aurait lieu qu'après entente avec M. de Manteuffel. Mais dans cette lettre du lendemain *, il développait les indications, précisait ville par ville les régiments, leur nature, et il terminait par ceci cet exposé minutieux : (( Voilà ce que je « fais par déférence pour M. de Manteuffel, mais (( moins serait impossible ». Seulement, pour la première fois il lui était arrivé de mêler M. d'Arnim à ce qui se passait à Nancy et de ne pas s'en taire non plus avec d'autres interlocuteurs. Son télégramme de la veille portait en dernière ligne : « Mille amitiés et plus (( de sang-froid chez tout le monde » ; c'était à ses yeux le besoin pressant, car en écrivant ensuite il disait, tout d'abord : ce Je ne puis pas vous dissimuler que je « trouve M. de Manteuffel bien impressionnable et a qu'à sa suite vous semblez le devenir aussi. Si nous (( cédions si vite à ces brusques émotions nous finirions « par être livrés à une tracasserie perpétuelle ». Malheureusement, il continuait ainsi : « Je vous dirai (L même que le hasard ayant amené sur le sujet qui « nous agite en ce moment la conversation avec la a légation prussienne, j'ai aperçu un léger sourire qui <( n'était pas une approbation des émotions manifes- « tées à Nancy. » Puis, évidemment par suite de sa conversation avec l'ambassadeur, il ajoutait que « s'il « avait porté la question à Berlin il l'aurait gagnée,