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de celui-ci quant aux affaires de France et, en conséquence, contraire au gouvernement de Versailles. A regard de M. de Bismarck il commence tout de suite. Le 3 octobre, parlant dans un rapport de la promenade oratoire de Gambetta les semaines précédentes, il insinue, avec la malignité limée qu'il sait donner à sa plume, que la presse autrichienne et celle d'Italie ont témoigné a une approbation évidemment de commande », ce qui visait droit au chancelier; il y reviendra de nouveau.
Quand, à Berlin, on mettait en avant des doutes sur la stabilité du gouvernement de Versailles, c'était en vue des derniers milliards de la rançon ; on voulait avoir la garantie de les toucher. En France aussi la stabilité était demandée, mais en vue de l'existence nationale. La future histoire de notre époque n'omettra pas l'accusation, jetée sur M. Thiers, de n'avoir conçu la fixité du pouvoir qu'en sa personne et d'avoir tout plié à ce but; elle venait d'une moitié de l'Assemblée nationale qui, elle, ne concevait cette fixité qu'autrement et de manières fort divergentes entre elles. La stabilité, effectivement, était pour nous un besoin. Il semble difficile que cette future histoire ne juge pas que l'homme d'État à qui le gouvernement avait été donné dans les jours si critiques d'auparavant, devait forcément se faire l'idée à laquelle il se fixa quant à l'organisation à choisir. Il sera évident que l'heure, en France, était à une organisation démocratique des pouvoirs publics, que toute autre solution fût devenue dangereusement vaine. Et quant à réduire aux proportions sensées l'institution de cette démocratie inévitable, il sera non moins visible que nul autant et aussi bien que lui n'en avait les notions et n'en
était capable. Dans cette lettre du 17 octobre, qui munissait une fois de plus M. de Saint-Vallier de raisons tranquillisantes pour le gouvernement impérial, M. Thiers confiait à son plénipotentiaire le projet, qu'il avait résolu, de doter d*une installation solide le pouvoir dont l'établissement restait encore provisoire. Ce plénipotentiaire qui savait si excellemment placer ses informations, serait ainsi à même d'aller au-devant des préoccupations pouvant être suscitées, à Berlin, par les débats qui se produiraient sans doute à l'Assemblée de Versailles. Avec la confiance, démontrée bientôt trop grande, qu'avait le Président en l'esprit public, il écrivait : « Les questions organiques que a nous aurons à poser et à résoudre cette année poura ront animer la Chambre, mais elles n'y produiront « aucune perturbation. Qu'on se rassure, je le répète, a et qu'on ne se trompe pas, car on pourrait peut- « être se livrer à de fausses démarches qui seules a pourraient rendre très réels des dangers qui, en ce ce moment, sont purement chimériques y>. Les propositions de son gouvernement n'étaient pas encore devenues publiques lorsque M. de Rémusat, en félicitant le 9 novembre le commissaire extraordinaire et en se félicitant avec lui de l'évacuation des deux Marne, lui donnait plus explicitement les raisons de nature à agir sur le gouvernement de Berlin, ce Nous « ne pouvons nous dissimuler, lui mandait-il, que les « inquiétudes sur notre avenir sont à l'ordre du jour. « Le mouvement d'opinion , d'ailleurs opportun et a motivé, qui porte en ce moment le public vers les a questions organiques surexcite et accroît cette a préoccupation au dehors comme au dedans. Il y a a lieu d'espérer que les délibérations de l'Assemblée
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OC répondront à ce besoin des esprits. Mais il existe, (( surtout hors de France, une singulière erreur, c'est a celle qui veut qu'il n'y ait aucun intermédiaire ce entre M. Gambetta et M. Thiers, en sorte que l'un «serait le successeur nécessaire de l'autre. Rien n'est (( moins exact. » Et parlant en praticien parlementaire d'ancienne date, autant qu'en homme que sa portée d'esprit préservait de se tenir hors des courants de son pays, il ajoutait : (( En admettant qu'avec le cours <( du temps le pouvoir vînt à sortir de la réunion des ce partis modérés qui est le fond de notre politique, il « aurait encore à passer exclusivement au centre ce gauche, puis après le centre gauche au côté gauche, « c'est-à-dire aux républicains modérés. Aucune de (( ces nuances n'est aujourd'hui révolutionnaire , ce aucune surtout n'est gambettiste. C'est au contraire (( dans le côté gauche que Gambetta a ses plus grands ce ennemis. C'est ce parti dont en Prusse on fait touce jours abstraction. C'est ce parti que nous menace geons, en effet, parce qu'une certaine adhésion de ce sa part est nécessaire à la pacification du pays. Ce (( sont ces ménagements que l'ignorance ou plutôt (( l'esprit de parti confond ou affecte de confondre ce avec une entente avec Gambetta. Ne va-t-on pas (( jusqu'à dire que le Président a de fréquents rap- (L ports avec celui-ci? i> Voulant, après cela, faire à ce sujet la démonstration complète, a le vrai, disait-il, € c'est qu'il en avait infiniment peu, même dans Topce position sous l'Empire, et depuis qu'il est revêtu ce du pouvoir il l'a vu une seule fois^ en compagnie (( d'une commission du Conseil municipal à laquelle (( il s'était adjoint, comme député de Paris, pour venir « présenter une réclamation de cette ville ».
De la part de la fraction de TAssemblée dont l'hostilité contre les propensions du président de la République donnait créance, au dehors, à des appréciations inquiétantes, c'a été une idée de polémique rétrospective, d'avancer qu'en mettant toutes les chances du côté de la république définitive par cela même qu'il proposa de la constituer, le gouvernement présidentiel fit exactement le jeu de notre ennemi; qu'il évita au nouvel Empire allemand de voir se dresser devant lui de nouveau la monarchie française forte d'alliances empressées, qu'il créa ainsi, à la convenance des calculs de Berlin, une France faible de qui la forme politique écarterait les amitiés. L'idée n'a été qu'une invention de parti; autrement il faudrait dire que le gouvernement impérial employa beaucoup d'adresse à se procurer le résultat qu'elle suppose. A partir des derniers mois de Tmanée 1872, en eSet^ ce gouvernement montre à l'égard de Versailles une confiance qui va bientôt jusqu'au formel appui. La visite forcée du comte d'Arnim au quartier général les derniers jours d'octobre, et la correspondance officielle qui la suivit, furent l'occasion qui fit affirmer ces dispositions nouvelles. Elles ne cessèrent plus qu'après le 24 mai de l'année suivante.