Saint-Vallier à M. Thiers, 5 février
ne point se passer de lui. Nous étions dans les jours aigus de la campagne engagée par la droite de TAssemblée nationale contre M. Thiers. Elle mettait le Président en débats quotidiens au sein de la commission de constitution dite des c Trente », et ces débats répandaient plus que jamais l'incertitude sur la durée du pouvoir établi. Le 11 février, M. de Saint- Vallier écrit au Président de la part de M. de Manteufifel : a II me
< charge de vous dire que les difficultés qui peuvent « s'élever entre vous et la Chambre auront une regret- « table influence sur Tesprit du roi, très impressionné « par le récit des journaux ou les commentaires de « certains agents sur les dispositions de la majorité de
< la Chambre à votre égard. Si nous devons rencon- «c trer des obstacles, c'est de ce côté qu'ils viendront « et le général n'épargne rien pour les faire dispa- « raître; mais il est utile de vous prévenir, afin que « vous sachiez d'où vient le danger* ». L'ambassadeur d'Allemagne, lui, retrouvait là le terrain où précédemment il s'était complu. Il le quittera à peine sous les avertissements, on peut dire les leçons du chancelier; il y était d'autant plus resté avant de les recevoir. Le 19 janvier, il avait envoyé à Berlin un rapport si défavorable aux déclarations faites par M. Thiers devant les « Trente », que M. de Bismarck s'était cru obligé de l'en reprendre sur l'heure. L'ambassadeur, ne cherchant que critiques pour mieux marquer la gravité du désaccord, les faisait porter non seulement sur l'appréciation de l'état des esprits telle que le Président l'avait émise, mais sur ses démonstrations de la nécessité d'établir à l'avenir deux