‹ M. TringleChapitre 3 sur 12 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

La ])ise soufflait, les girouettes grinçaient sur les toits, et un cœur en tôle qui servait d'enseigne à un marchand de tabac gémissait d'être battu par les vents.

Qui le croirait? M. Tringle grimpa sur une borne,

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enleva le cœur de tôle et le jeta par-dessus les murs du couvent des Dames de la Providence.

M. Tringle était entré au naturel dans son rôle de diable.

Un matou sortait tranquille dun soupirail, se rendant à riiivitation d une chatte qui voulait bien le re-

MONSIEUR TRINGLE

cevoir sur un toit voisin. M. Tringle lui barra le passage, se tenant immobile devant lui, comme s'il eût. voulu magnétiser ces grands yeux verts ; mais le

matou échappa par un crochet, et M. Tringle se mit à sa poursuite en poussant plusieurs terribles Ali ! chat ! de nature à troubler le repos des habitants de la cité.

Un brave savetier possédait depuis des temps immé-

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moi iaux une yieille statue en bois de saint Crépin, sous le patronage duquel était placée sa boutique. M. Tringle, ne pouvant parvenir à desceller le père des cordonniers de sa nicbe, cassa la tête de saint Crépin, un martyr! et la jeta à la tête du matou.

Etranges effets d'un costume de diable î

Le coutelier -repasseur de la ville tient en même temps des instruments d'optique. De grandes lunettes à verres de couleur servent d'enseigne à son commerce; M. Tringle décrocha les grandes lunettes et les fracassa contre un mur.

A cette heure il ne respectait rien, pas même les panonceaux dorés du notaire, Cju'il jeta dans une cave voisine, après avoir foulé aux pieds les emblèmes de la loi.

Une lanterne allumée à la porte du commissaire té-

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moignait des yeux toujours ouverts de la police, M. Tringle s'empara de la lauterue et Tenvoya tenir compagnie aux panonceaux du notaire.

Le criminel le plus élionté eût hésité à enlever cet emblème du gardien de Tordre dans la cité des llettes.

Sans remords, M. Tringle commit ce nouveau méfait.

Le quartier étant plongé dans l'obscurité, le célibataire s'attaqua aux sonnettes et aux marteaux des portes des principaux fonctionnaires de la ville, comme s'il eût voulu braver les personnages les plus importants du pays.

On eût à peine pardonné de tels excès à un ivrogne ; mais M. Tringle semblait grisé par son costume.

A l'aide de la corde du puits commmial, qu'il enleva aux embrassements de la poulie, M. Tringle brisa mie longue arquebuse en bois qui faisait l'admiration des paysans devant la boutique du principal armurier de la ville.

Il arracha la cocarde d'or d'un grand chapeau à cornes rouges qu'il ne put desceller de la devanture d'un chapelier.

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Ce ne fut qu'après de vains efforts que M. Tringle abandonna un tableau représentant deux enfants nichés

dans le cœur d'un chou , qui indiquait que là résidait une maîtresse sage -femme recevant des pensionnaires. Et pourtant, de sang-froid, M. Tringle n'eût pas troublé cette maison, craignant que les dames pensionnaires ne l'aperçussent et ne communiquassent à leur fruit un aspect diabolique.

Ce que M. Tringle causa de dégâts en se rendant à la maison Brou, fut immense.

Yolets, grands cuviers, persiennes, seaux, cabriolets remisés, il renversa tout sur son passage, et ce fut dans un état de surexcitation fiévreuse qu'il arriva à la soirée, ayant retrouvé dans ces déprédations une agiUté endormie depuis bien des années.

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