CHAPITRE XXV
L'expédition texienne contre Santa-Fé eut lieu pendant ma convalescence. Comme la vérité sur cet événement a été soigneusement cachée, je rapporterai les faits tels qu'ils se sont réellement passés. Je puis d'autant mieux le faire, que mes renseignements , recueillis chez les Indiens, qui étaient parties désintéressées , ont plus tard été pleinement corroborés par un gentilhomme irlandais, qui, trompé par les apparences, s'était joint à l'expédition.
Cinq cents hommes se rassemblèrent à Àustin ; à en croire le gouvernement texien , c'était dans les intentions les plus pacifiques : ce n'était qu'une caravane destinée à rouvrir les relations commerciales; mais, malgré ces belles protestations, le véritable but était de surprendre les Mexicains pendant la trêve qui avait été convenue.
Bien que le bruit eût été répandu partout que ce n'était qu'une caravane , l'expédition, quand
elle quitta Austin , avait un tout autre aspect. Les hommes avaient été pourvus d'uniformes; des généraux, des colonels, des majors, se croisaient dans toutes les directions, et la troupe sortit de la capitale du Texas tambours battants et enseignes déployées.
Trompés par les Texiens, espérant trouver en eux une protection, et étant loin de s'imaginer qu'ils s'associaient à une grande bande de brigands , car on ne pouvait pas donner d'autre nom à ces pillards sans foi ni loi , quelques Européens respectables suivirent l'expédition , les uns pour faire des recherches scientifiques, les autres pour visiter un pays neuf et inexploré.
La troupe faisait une figure passable à sa sortie de la capitale ; mais, au bout de quelques heures de marche, toute gêne et toute discipline disparurent.
Quoique le gibier abondât dans le pays et qu'on en tuât à chaque instant de gaîté de cœur, l'imprévoyance des Texiens était telle qu'ils furent obligés de recourir à leur porc salé et à leurs autres provisions ; et comme , dans l'espace de trente jours, on consomma quarante grands tonneaux de whisky, on peut hardiment supposer qu'à chaque halte de nuit le camp n'offrait qu'une scène de désordre et d'ivrognerie.
Pendant les derniers jours de marche à travers le pays giboyeux, ils avaient tué plus de cent bi-
sons, et cependant, trois jours après avoir quitté les prairies et être entrés dans les déserts arides du nord , leurs provisions étaient épuisées, et ils furent contraints de manger leurs misérables chevaux.
Les horribles souffrances qu'ils éprouvèrent sont au-dessus de toute description ; ils devinrent si faibles et si complètement incapables de se défendre qu'une demi-douzaine de Mexicains bien montés auraient pu les exterminer. Toutefois , malgré leur misère, et quoique la nécessité leur fit une loi de se concilier les Indiens , leur propension au meurtre et au vol était si forte qu'ils ne purent la surmonter dès qu'il se présenta une occasion de la satisfaire. Ils tombèrent sur un petit village wakoe, dont les guerriers et les chasseurs étaient absents, et, non contents d'enlever les comestibles qu'ils pouvaient emporter, ils s'amusèrent à mettre le feu aux magasins indiens et à fusiller les enfants, et ne se retirèrent que lorsque le village ne fut plus qu'un monceau de cendres brûlantes. Cet acte de lâcheté leur fut fatal. Constamment harcelés par les guerriers wakoes , ils avaient perdu un grand nombre de chevelures, quand, plus tard, pour échappera la juste et impitoyable vengeance des belliqueux ennemis qu'ils s'étaient suscités, ils se rendirent à une petite troupe mexicaine qu'ils rencontrèrent.
Tel fut le sort de l'expédition texienne. Mais il
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y a une autre partie de Fhistoire dont on a beaucoup parlé aux Ktats-Unis , c'est l'histoire de la captivité des Texiens et des souffrances qu'ils éprouvèrent dans leur marche de Santa-Fé à Mexico. M. Daniel Webster en a fait une question gouvernementale, et M. Pakenham , ambassadeur britannique à Mexico, a employé toute l'influence que lui donnait sa position pour obtenir la liberté d'une demi -douzaine d'Anglais qui s'étaient joints à l'expédition, pensant, d'après ce que disaient les Texiens, qu'elle était simplement commerciale.
Or, pour être juste, il faut écouter maintenant la version mexicaine qui est la vraie , autant que je puis en juger par ce que j'ai vu et entendu sur les lieux, et par quelques documents mexicains qui sont encore en ma possession.
La veille de leur reddition , les Texiens , qui , depuis treize jours, avaient souffert tous les tourments de la faim, rencontrèrent inopinément un troupeau de plusieurs milliers de moutons appartenant au gouvernement mexicain. Ce troupeau était gardé par une famille mexicaine, domiciliée dans un petit chariot couvert, qui la transportait d'un lieu à l'autre toutes les fois qu'il fallait changer de pâturage. Les plus grands troupeaux dans ce pays ne sont gardés que par un petit nombre d'hommes, aidés par des chiens qui ont une aptitude toute particulière pour protéger et gui-
der les bêtes qui leur sont confiées. Ces chiens ne courent pas çà et là , ne mordent et n'aboient jamais, marchent tranquillement vers la bête qui s'écarte, la prennent par l'oreille, et la reconduisent au milieu de ses compagnes. Les moutons n'ont pas peur de ces chiens, et n'ont aucun motif d'en avoir. Ces précieux auxiliaires proviennent du croisement de la race de Terre-Neuve et de celle du Saint-Bernard. Ils sont très gros et d'une sagacité remarquable.
.Si les Texiens eussent demandé une centaine de moutons (1) en offrant de les payer en espèces ou en marchandises, ils les eussent obtenus immédiatement; mais, dès qu'on aperçut le troupeau , un des chefs de l'expédition cria en jurant : « C'est une propriété mexicaine ! C'est de bonne prise , sus ! mes garçons , sus î et soyez sans pitié ! » Un des pauvres bergers mexicains fut tué d'une balle qui lui traversa la tête. Les autres, se jetant au milieu des rangs épais des moutons épouvantés, parvinrent à s'éloigner hors de portée de carabine. Alors commença un massacre général; les Texiens ne cessèrent de tirer que lorsque la prairie fut couverte des cadavres de leurs victimes dans une étendue de plusieurs milles. Cette grande victoire, toutefois, fut chèrement achetée ; les chiens défendirent courageuse-
(1) Un mouton coûte environ 60 centimes.
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ment la propriété confiée à leurs soins; ils dédaignèrent de fuir, et, avant qu'on pût tous les tuer, ils déchirèrent en pièces une demi-douzaine de Texiens, et firent de cruelles morsures à une autre demi-douzaine. Inutile de dire que la nuit se passa en réjouissances; les dangers et les fatigues, les longueurs et les privations de la marche, tout fut oublié, et on ne parla que du riche butin qu'on espérait pouvoir bientôt faire.
Ces espérances étaient illusoires. Les Mexicains n'avaient pas pris le change; ils avaient appris quel était le véritable but de l'expédition , et avaient envoyé des partis en avant pour observer ses mouvements. Yingt-quatre heures après le massacre des moutons, un de ces partis, composé d'une centaine d'hommes, fit son apparition ; toute l'ardeur du soir précédent s'était éteinte ; les Texiens envoyèrent un parlementaire et se rendirent à discrétion à la petite troupe mexicaine.
Les nations européennes ont , en général , mauvaise opinion du soldat mexicain. Cette opinion est erronée , et n'est basée que sur les relations mensongères des Texiens. Quoique ennemi des Mexicains , je dois dire qu'individuellement personne n'est plus brave qu'eux. Ils ne manient peut-être pas les armes à feu aussi bien que les Texiens , mais ils leur sont bien supérieurs en courage.
Les Mexicains poussent jusqu'à l'absurdité l'orgueil inhérent à la race espagnole ; là est la principale cause de leurs défaites. Leurs officiers , presque tous enfants de vieilles familles nobles , n'apprennent rien, ne connaissent rien de la tactique militaire, et ne savent qu'une chose : mourir bravement.
Les ïexiens ont fait grand bruit de la bataille de Saint-Jacinta; le fait est qu'il n'y a pas eu du tout de bataille. San ta- Anna, qui a de grands talents militaires , commandait les Mexicains et jouissait de toute leur confiance; une indisposition subite le força d'entrer dans une ferme voisine où il fut pris par quelques Texiens qui le conduisirent à leur camp.
Ayant perdu leur général , et sachant qu'il n'y avait personne capable de le remplacer, les Mexicains découragés battirent en retraite; mais, depuis, ils ont prouvé aux Texiens qu'ils ne considèrent pas cette retraite comme une bataille perdue ; l'Angleterre et d'autres nations européennes ont jugé à propos de reconnaître le Texas, mais le Mexique ne l'a pas reconnu et ne le reconnaîtra pas.
L'expédition contre Santa-Fé eut lieu dans l'automne de 1841. L'armée mexicaine entra dans le Texas au printemps de 1842, et emporta tout cLevant elle depuis San- Antonio de Bejar jusqu'au Colorado; mais les Texiens ayant envoyé des
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émissaires dans le Incatan pour l'inciter à se déclarer indépendant, l'insurrection de cette province força l*armée Mexicaine à rétrograder dans cette direction ; l'insurrection étouffée , elle retourna au Texas, reprit possession de San- Antonio de Bejar, et fit un grand nombre de prisonniers importants.
San la-Anna avait l'intention de revenir dans le Texas au printemps de l'année suivante, mais de nouveaux troubles dans le Yucatan l'en empêchèrent. Le Texas , par conséquent, est dans une situation bien précaire. Sa population décroit de jour en jour, et tous les habitants respectables ont déjà quitté le pays. Inutile de dire que la dette nationale du Texas, montant maintenant à treize millions de dollars, pourrait bien finir par être un placement peu proûtable pour les créanciers (1).
Mais, pour revenir à l'expédition de Santa-
(1) Le lecteur trouvera peut-être étonnant que Santa- Anna, une fois remis en liberté , ne soit pas rentré clans le Texas avec des forces imposantes. Il ne Fa pas fait par une raison bien simple. Bustamente visait à lui succéder dans la présidence ; l'absence du général lui laissa le champ libre pour intriguer. Quand on apprit dans la capitale que Santa-Anna avait été fait prisonnier, force fut d'élire un nouveau président. Bustamente n'avait jamais été très populaire; mais, ayant promis aux Yankees établis dans les ports de mer de ne rien tenter contre le Texas s'il était
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Fé , les Texiens furent désarmés et conduits à un petit village appelé Anton Ghico où ils demeurèrent jusqu'à l'arrivée des ordres du général Armigo, gouverneur de la province.
On ne peut pas supposer que, dans un petit village qui avait pour seuls habitants une centaine de bergers du gouvernement, il fût possible de fournir à plusieurs centaines d'hommes à demi morts de faim toutes les nécessités et toutes les superfluités de la vie. Les Texiens accusent les Mexicains de les avoir affamés à Anton-Chico , oubliant que chaque Texien avait
élu, ces Yankees l'aidèrent non-seulemcntde leur influence, mais de leur argent.
Quand Santa- Anna revint à Mexico, il avait perdu le pouvoir, et son successeur repoussa tous ses projets contre le Texas. Bustamente était un homme entièrement dépourvu d'énergie, et voyaitsans s'émouvoir les nombreuses attaques des Texiens sur les frontières du Mexique. Toutefois, en apprenant que les Texiens, au mépris des lois des nations , envoyaient une expédition contre Santa-Fé , au moment même où ils faisaient des ouvertures de paix, les Mexicains reprochèrent à Bustamente son coupable manque dénergie. Se croyant à l'abri de toute révolution, le président répondit par des mesures rigoureuses, et les soldats exaspérés mirent Santa-Anna à leur tète et le forcèrent de reprendre la présidence. Bustamente s'enfuit à Paris. L'expédition de Santa- Fé fut défaite, et, comme nous l'avons vu, le président Santa-Anna envahit le Texas au commencement de sa dictature (marsj!8i2).
la même ration de vivres que le soldat mexicain.
Les Texiens naturellement eurent recours à leur premier mensonge : aies entendre ils étaient des trafiquants que les Indiens avaient attaqués et pillés; mais, malheureusement pour eux , le carnage des moutons et le lâche massacre des bergers ne pouvaient être passés sous silence , et , comme le gouverneur Armigo le leur fit très justement observer, — s'ils étaient trafiquants, ils étaient des assassins; s'ils n'étaient pas trafiquants, ils étaient prisonniers de guerre.
Après une pénible marche de quatre mois, les prisonniers arrivèrent dans la vieille capitale du Mexique. Là , les étrangers, en petit nombre , qui avaient suivi l'expédition dans l'ignorance de son but, furent immédiatement remis en liberté et les Texiens furent, les uns envoyés aux mines pour extraire le métal qu'ils avaient été si désireux d'acquérir, les autres livrés à la police pour être employés au balayage des rues.
Beaucoup de gazettes américaines ont rempli leurs colonnes de toutes sortes d'histoires relatives à cette expédition ; une longue énumération des cruautés commises par les Mexicains a été donnée, et on a fait un appel à la sympathie du public américain pour secourir les malheureux qui étaient parvenus à s'échapper. Je prendrai dans le Picayune, journal de la Nouvelle Orléans,
un seul exemple de l'impudence avec laquelle la vérité peut être pervertie, et me contenterai de rétablir les laits.
M. Kendal dit :
» Vers le coucher du soleil, ceux d'entre nous qui étaient à la tête de la colonne tressaillirent en entendant deux coups de fusil tirés rapidement l'un après l'autre. Nous nous tournâmes pour voir ce que c'était, et nous apprîmes qu'un pauvre malheureux nommé Golpin , qui s'était joint à l'expédition avec un petit assortiment de marchandises , avait été fusillé à l'arrière-garde uniquement parce qu'il était trop faible et trop malade pour continuer la route. Un des gardes avait promis de lui laisser monter sa mule pendant une courte distance, et Golpin devait lui donner en paiement son unique chemise. Au moment où il l'ôtait, Salasar, l'officier commandant, ordonna à un soldat de le fusiller. La première balle ne fit que blesser le pauvre homme, mais la seconde le tua instantanément, et il tomba le visage encore couvert de sa chemise. Golpin était citoyen des États-Unis, et était arrivé au Texas peu de temps avant le départ de l'expédition. C'était un homme doux, inoffensif, et de la constitution la plus délicate. Pendant la plus grande partie de notre marche, il avait été obligé de mon 1er dans un des chariots. »
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Ceth' histoire est assurément très pathétique; mais voici quelques ligues extraites de Y Abri Ile. autre journal de la Nouvelle-Orléans :
i Janvier 1840. — Horrible meurtre. — Hier, à la plantation de Guillaume Reynolds, a été commis un de ces actes qui révoltent la nature humaine. Henry Golpin , l'inspecteur , créole et fortement soupçonné d'être quarteron, avait depuis quelque temps agi d'une manière inconvenante envers madame Reynolds et ses filles. Il y -elques jours, Guillaume Reynolds écrivit de St-Louis pour annoncer qu'il serait de retour à la fin de la semaine. Golpin craignant que les dames ne se plaignissent de sa conduite et ne le fissent renvoyer, les empoisonna en versant dans leur café du jus de certaines baies. La mort fut instantanée. Une jolie mulâtresse âgée de 16 ans, qui avait été élevée avec les jeunes demoiselles et qui était restée attachée à leur service, entra dans la chambre où les cadavres étaient encore raides, et trouva le scélérat occupé à leur enlever leurs joyaux et à enfoncer des armoires qu'il savait contenir quelques milliers de dollars en espèces et en papier. Il tenta d'abord de séduire la jeune fille, et offrit de l'enlever et de l'épouser ; mais elle le repoussa avec indignation, et, s'arrachant de ses mains, elle s'enfuit pour appeler du secours, Golpin alors saisit brusquement une carabine, ouvrit la fenêtre, et tira sur la pauvre fille
qui tomba raide morte, les tempes traversées par une balle, au moment où elle courait vers les huttes des nègres.
» Le gouverneur et lapolice de la première et de la seconde municipalité offrent mille dollars de récompense à celui ou à ceux qui livreront entre les mains de la justice le lâche assassin qui s'est évadé. »
Voilà Y homme doux, inoffensif, de la constitution la plus délicate, citoyen des États-Unis, que M. Kendal voudrait nous donner comme martyr de la barbarie Mexicaine. Il était tellement connu pour un scélérat, que, pendant la marche à travers les prairies, il n'avait eu de relations qu'avec deux ou trois de ses compagnons, et que tous les autres l'avaient évité. Je dirai maintenant pourquoi il a été fusillé.
Deux jours après avoir quitté Santa-Fé, les prisonniers passèrent la nuit dans un tout petit village. Quatre hommes sous la surveillance d'un soldat, furent logés dans chaque maison ; mais Golpin et un autre coquin de son espèce furent laissés, sans garde, chez un petit débitant (Xaguardiente. L'hôte était absent et sa vieille femme était seule. C'était une bonne et hospitalière créature, qui pensait que la religion lui faisait un devoir d'administrer aux pauvres prisonniers tous les secours en son pouvoir. Elle leur donna du linge de son mari, leur lava les pieds avec de l'eau tiède
mêlée de whisky, et leur servit un souper abondant.
Avant qu'ils allassent se coucher, elle leur fit du punch et leur donna une petite bouteille de liqueur, en leur disant de la cacher pour s'en servir en route. Le malin suivant, le son du tambour appela les prisonniers sur la place pour le départ Golpin entra dans la chambre de son hôtesse, et demanda impérieusement une plus grande quantité de liqueurs. Or, la pauvre femme avait déjà beaucoup fait, car, dans ces contrées méditerranées où il n'y pas de distilleries, la liqueur est horriblement chère et coûte de 1G à 20 dollars le gallon. Elle refusa donc doucement mais avec fermeté ; sur quoi, Golpin enleva du clou où elle était suspendue une grosse et lourde clé qu'il savait être celle du caveau où la liqueur était renfermée, et comme la vieille femme voulait la reprendre, il se débarrassa d'elle en lui brisant le crâne avec une barre de fer qu'il trouva dans la chambre. Après cet acte abominable, il ouvrit la porte du caveau, et cacha dans les plis de sa couverture et de celle de son camarade autant de bouteilles qu'ils purent en emporter ;puis, fermant la porte de la rue, ils allèrent rejoindre leurs compagnons.
Deux heures après, arriva le mari. Ayant vainement frappé à sa porte, il finit par l'enfoncer et vit le cadavre tout brisé de sa pauvre femme.
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Un voisin lui parla des deux hôtes texiens. Le malheureux alla faire sa déposition à l'alcade qui lui dit de monter un cheval frais et de le suivre. A midi, ils avaient rejoint les prisonniers. L'officier commandant eut bientôt découvert quels étaient les hommes qui avaient logé chez la vieille femme; on les trouva entourés d'un groupe de Texiens qui s'égayaient avec la liqueur volée. Le camarade de Golpin, craignant pour soi-même, raconta toutes les circonstances de l'assassinat, et l'assassin fut, en conséquence, exécuté.