MA U 1.0 UH A NI IK
autrement pressants que les miens. L’ouvrier, père de famille qu’on emprisonne est bien plus à plaindre (pie l’homme de lettres, qui, même sous les verrous, s’il est un peu isolé, peut encore travailler à sa réputation et à sa fortune.
On sent que je ne parle ici que de l’emprisonnement en France, et non de ce qui a lieu pour les prisonniers politiques de l’Autriche, de la Russie, du pape, des Turcs et autres barbares.
C’est à la Force que V. Hugo vint faire ma connaissance et m’amena bientôt Sainte-Beuve. Alex. Humas m’arriva aussi, tout resplendissant de son premier succès au théâtre. Leurs visites furent le prix de tous les combats que j’avais livrés en faveur de la révolution littéraire ^ qu’ eux et leurs amis avaient osé tenter et qui nelait, à tout prendre, qu’une conséquence un peu tardive de la révolution politique et sociale. La tendance rétrograde de quelques-unes des idées de cette école, repoussée longtemps par nos libéraux vieux et jeunes, ne m’avait pas empêché d’applaudir au génie éminemment lyriqpe de Hugo et d’admirer les Méditations de Lamartine, avec qui je ne nie liai que beaucoup plus tard. J’avais su un gré infini à M. de Vigny de composer ses sujets avec autant d’art que de goût, talent peu commun parmi nous. Je compris toute l’étendue et toute la finesse de l’esprit de Sainte- Beuve, et, avec tout le monde, je prophétisai à Dumas de grands succès dramatiques.
En vain on m’objectait que celle école avait failii
M A UlOtî KA1MI1E