IX
souvent à la pensée démocratique qui lui avait livré carrière, que de son sein étaient sorties des insultes à notre gloire, qu’on y avait outragé Napoléon mourant à Sainte-Hélène, qu’on y méconnaissait les services rendus par la philosophie, toutes choses qui devaient me blesser plus que personne, « Mais, répondais-je, chez nous, où l’on écrit et parle de si bonne heure, nous débutons toujours avec les idées d’autrui ici sans avoir eu le temps de nous rendre compte de leur rapport avec nos sentiments propres , ce qui, par parenthèse, explique les variations de tant d’esprits supérieurs; or uos romantiques sont tous très-jeunes; pardonnons-leur donc des erreurs dont nous ne devons demander raison qu’à leurs nourrices. Ils n’en forcent pas moins notre littérature à exprimer plus ■franchement les choses modernes, actuelles et toutes françaises, que nous avons trop longtemps rendues, même dans nos assemblées politiques, à l’aide d’emprunts faits à l’antiquité, ou dans un lang age enne mi du mot propre, connue celui dont Delille vous offre le
I * modèle. Attendez! en vain ils s'attachent au passé, ils
: viendront à nous ; la langue qu'ils parlent l es .cond uit
> à nos idées. » On ne*voulait pas me croire : la prédiction ne s’en est pas moins accomplie. Lq lan gue! la
langue ! c’est l’âme des peuples ; en elle se lisent loin destinées. Quand donc, dans nos collèges, enseignerat-on sérieusement le français aux élèves? Quand v fera-t-on un cours raisonné de l'histoire de la langue, depuis François If" jusqu'à nos jours, non pour expli»
MA MOGKAIMIIE