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blement en punition de ses infamies. En passant près du cap de Matapan, nous Voyons sur son sommet un hermitage d’où un vieux moine nous salue de la main.— Heureux mortel! Aux pieds du cap, au fond de la baie de Calamata, est le beau village du mêine nom, composé de maisons toutes blanches qui ressemblent de loin à d'énormes boules de neige. Nous passons ensuite près de l’île d'Hydra, puis nous entrons dans le Pyrée, aux portes d'Athènes. A l’arrivée du bateau, une foule de petites barques se pressent à l’entour; les bateliers nous tirent par nos habits pour nous y faire monter. Ce sont des cris, même des jurements, d’après les figures courroucées, mais je ne comprends rien au
grec moderne ; je n’en ai guère jamais plus compris à l’ancien.
En 1571, le saint Père Pie V, dominicain, eut une vision : Sa Sainteté vit en songe la destruction des flottes mahométanes dans le golfe de Lépante. Cette victoire rendit l'indépendance au petit peuple grec, si brave et si courageux ; mais en 1827, la Grèce opprimée de nouveau par ses terribles et puissants voisins les Turcs fit appel à la France, à l’Angleterre et à la Russie, dont les flottes réunies détruisirent pour jamais, je l'espère, la puissance musulmane, à la grande bataille de Navarin.
Athènes était autrefois une ville célèbre de l’Attique, célèbre surtout par ses beaux-arts et ses hommes éminents. Elle compte environ 100,000 âmes ; elle est depuis longtemps la capitale de la Grèce. Je suis passé devant le palais du roi George; c’est un grand parallélogramme sans prétentions architecturales, mais très-propret, avec en avant de splendides jardins de fleurs et d’arbustes rares. Toute la ville d'Athènes m'a d'ailleurs paru très-propre, excepté le vieux quartier qui laisse un peu à désirer sous ce rapport.
Après avoir visité la ville, nous montons sur une espèce de grand monticule où so
s’entassent pèle-mèle—c’ si je puis m'exprimer ait nos yeux, de l’Acropole, est vraiment ravissant ; est la fameuse arène des Jeux Olyÿmpiens.
où est mort Socrate dans le flanc d’
à nos pieds J'ai vu la prison un rocher, À un demi mille
é de barres de fer rouillé, où ce grand philosophe, accusé injustement d'athéisme, fut
Vers trois heures P- M., nous retournons prendre notre bateau qui se dirige sur Smyrne; à six heures, il entre dans la mer de l’Archipel, ancienne mer Egée. A droite est Solamine, où combatit Thémistocle ; Marathon est non loin de 1à ainsi que Samos qui est une
petite république indé.
pendante des Grecs, mais qui paie une indemnité aux
Turcs. C’est de là qu’eut lieu la déportation de milliers de
jeunes Grecs, BarÇons et filles, tout comme les malheureux Acadiens. ‘Tout près des côt
banquises blanches que quelqi
sel déposé par la en face de laquelle ège de dix ans contre les Grecs. Un peu plus loin nous Voyons la belle, la riche et grande île de Mitylène.
Nous sommes maintenant dan
sleseaux turques, puisque nous approchons de Smyrne, cons
truite en amphithéâtre au
V éd
Has OR SE On, 120, Le :
fond d'une baie magnifique. Cette ville renferme 175,000 âmes ; elle a d'énormes bazars, que nous appelons magasins, où l’on vend de tout. I] est difficile d'en faire une description ; cependant, imaginez, par exemple, une rue large de dix à douze pieds, longue de quatre, six, douze à quinze arpents, bordée des deux côtés par des enfoucements dans les murs de huit à dix pieds de largeur, hauts de six à huit pieds; toutes ces petites cases sont sous un même toit et séparées les unes des autres par une frêle cloison, et Vous aurez une idée des bazars d'Orient. I] va sans dire qu’il yen a de beaucoup plus grands. Chacune de ces cases est remplie, qui de soiries les plus variées, qui de vieilles armes turques, qui de ferrailles hétérogènes, de légumes : une autre de fruits, une autre de café, de thé, etc.: c’est vrai. ment curieux. Aux deux bouts de chaque rue se trouve
un Comptoir où vous pouvez changer l'argent de tous les
Pays (mais pas sans vous faire voler !) pour les affreuses piè-
ces turques qui n'ont de valeur qu'en Turquie, je crois.
Quand on a vu un bazar dans une ville turque, on a vu tons
les autres, car ils se ressemblent tous. Nous avons été faire
une petite visite à Mgr Marengo, archevêque de Smyrne, qui nous a très-bien reçus, mais à la mode orientale; Sa Grandeur nous a fait servir un petit bol de café noir et des cigarettes turques, même aux dames.
Nous quittons Smyrne à cinq heures P. m., pour Constantinople, ou Stamboul en langue turque. Dans l’Archi. pel, le long des côtes, sont échelonnés de beaux et grands villages aux maisons blanches qui font un très-joli contraste sur les arbres et les champs verts qui les environnent. La nuit répand bientôt son ombre sur ces superbes paysages, à mon grand désappointement. Pendant mon sommeil, je fus éveillé en sursaut par des coups redoublés à la porte de ma cabine ; je me levai d’un bond, croyant le feu au navi-
PE en
re, mais C'était ma voisine, une grande et anguleuse anglaise de Londres qui donnait des signes de folie depuis notre départ de Marseilles : elle fut mise au secret. Au point du jour, nous entrons dans les Dardanelles que je désirais voir depuis si longtemps. L'entrée du port émerveille ; de nombreux minarets de la ville, que nous voyons de loin, s’élancent dans les airs comme pour défier le ciel. I] ya
de belles et puissantes fortifications de chaque côté de la rade.
En 1444, Constantinople fut prise par Mahomet I ; les Grecs étaient commandés par Constantin. Ils se refugièrent dans Ste. Sophie, immense cathédrale bâtie sous Justinien, au nombre de 60,000, croyant échapper au glaive musulman ; mais hélas! tous furent massacrés, même les femmes et les enfants qui étaient plus nombreux que les hommes, puisque ceux-ci combattaient au dehors: ce fut un atroce carnage. Un large escalier de Pierre, aux marches Presqu'insensibles, fait le tour de cette grande église et monte en spirale jusque sur le toit. Mahomet II, couvert du sang des chrétiens, entra dans Ste. Sophie par cet escalier, monté sur son fier coursier blanc, couvert d’écume et de sang, et il en prit possession au nom d’Islamisine, Constantin I le Grand, empereur romain, contribua à l’établisse. ment du Christianisme dans son empire dont il transporta
le siège à Byzance qui prit en son honneur le nom de Constantinople.
N’entre pas qui veut à Stamboul ; il faut être muni d’un bon Sasse-port bien en règle et visé au consulat. Cependant, malgré toute la police du Sultan, qui craint toujours d’être assassiné par les étrangers, les Turcs se sont fait jouer un bon tour dont nous avons bien ri, par un Canadien, un prêtre de Chicago, qui voyageait avec nous. Ce
bon abbé avait égaré son Passe-port, ou l'avait perdu, je ne
sais trop; dans tous les Cas, il lui était impossible de descendre du navire sans cette pièce d'identification. Il était à côté de moi sur la passerelle, quand il pensa tout à coup à son celebret qui était respectueusement plié dans sa poche —le sortir, le déplier majestueusement aux yeux ébahis de l'officier turc fut l'affaire d’un moment, Ce Musulman ne comprit rien au latin de Sa Grandeur Mgr l’Archevêque de Chicago, mais quand il vit « United States of America ”’ écrit en gros caractères, surmontés de l'aigle américain, il s’inclina poliment et M. l'abbé passa.
Constantinople est une grande ville de près de 500,000 habitants ; elle est belle de loin, mais pas de près. Elle se divise en quatre grands quartiers : Scudari, Péra, Galeta et le vieux Stamboul, le Constantinople des Byzantins. Les nombreux palais du Sultan rouge, Abul-Amid, sont merveilleux, surtout celui qu’il habite ordinairement. La belle et très-vaste église de Ste. Sophie, dont je parlais tout à l'heure, a été convertie en Mosquée musulmane; les fresques et les splendides mosaïques ont été défigurées par d’affreux badigeonnages à la chaux; les autels du Dieu vivant ont été démolis pour faire place à des espèces de chairs surmontées de baldaquins bigarrés, où un disciple quelconque de Mahomet lit le Coran.
Savez-vous qu'il n’est Pas permis à un chrétien d’entrer dans une mosquée sans enlever ses souliers, ou mettre pardessus d’affreuses claques sales que les Turcs appellent babouches, et encore faut-il payer deux francs pour leur usage, pendant la visite du temple. “ Dura Lex, sed lex Turcorum !”—oui, la loi est dure, mais c’est la loi des Turcs.
Les Musulmans prient dans Ste. Sophie, comme dans toutes leurs mosquées, d’ailleurs, en se prosternant le front contre terre et tournés du côté de La Mecque, leur ville sainte, qu’on dit posséder le tombeau de Mahomet, le fondateur de
la religion musulmane ; ils prient également n'importe où : sur les places publiques, dans les chars, sur les bateaux, etc, [ls nous font ôter nos bottines Pour entrer dans leurs temples, mais eux gardent sur leur tête le fez traditionnel, on
bonnet rouge que tout bon Turc doit porter par tous les temps.
Ça me rappelle un petit incident drolatique,— mais qui aurait fort bien PU tourner au tragique—atrivé dans l'église du Saint Sépulchre, à Jérusalem ; une petite sœur de St- Vincent-de-Paul, toute de blanc habillée, que j'avais rencontrée, le matin même dans la mosquée d'Omar, en fut la héroïne. Comme il y avait beaucoup de visiteurs ce jour-là, la sœur ne Put se procurer des babouches pour mettre par dessus ses souliers, Pour entrer dans la mosquée. Or, ur. grand soldat turc, d'au moins six pieds, obligea la sœur à se mettre en Pieds de bas. Dans l'après-midi, on rencontra le même soldat qui était de garde au tombeau de Notre-Seigneur, et la petite sœur,—qui n'avait pas cinq pieds—y faisait sa visite en même temps que nous. Elle recounut aussitôt son bourreau du matin dont la nuque était recouverte d’un long fez rouge ; faire un bond prodigieux, enlever le fez du Turc et le jeter par terre fut l'affaire d’un moment pour la petite sœur, qui lui dit: “Grand saligaud de musulman, tu m'as fait ôter mes bottines dans ta mosquée, ce matin, eh bien ! ôte ton fez dans l’église du Saint Sépulchre!” Le Turc furieux dégaîna à demi son grand sabre, mais le replaça aussitôt dans Sa gaîne— heureusement pour la petite sœur aux yeux pétillants de malice, —parce qu'il vit qu’il y avait au moins une cinquantaine de chrétiens prêts À la défendre. Plusieurs portent le turban, grand mouchoir enroulé autour de la tête; le confie est un autre espèce de mouchoir blanc dont les étrangers surtout couvrent leurs chapeaux pour se préserver des rayons
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trop ardents du soleil d'Orient, Le bnrnous est un grand manteau blanc ou jaune dont on se recouvre tout entier, aussi pour diminuer l'intensité de la chaleur; mais ce qui m'a paru le plus curieux, c’est la culotte turque ; un peu taillée À la zouave, et qui pend si drôlement entre les jambes, presque jusqu’à terre, que ça donne une apparence ridicule à celui qui la porte. Ici comme à Smyrne, il ya d'énormes bazars, divisés en infinité de compartiments sous un même toit, Nous avons fait une jolie excursion sur le Bosphore, aux eaux merveilleuses d'un vert éméraude, mais tellement claires, transparentes, que sur le pont du bateau, on distingue les caill:n1x à une grande profondeur.
Les femmes musulmanes sortent toujours voilées dans les rues, sur le bateau, dans les chars, etc.; ce n’est pourtant pas pour cacher leur joli minois aux regards des curieux, car les trois ou quatre spécimens que j'ai entrevus sans voile n’avaient rien de bien attrayant. Presque tous les Turcs portent à la main une chaînette de graines de corail, d'ambre ou de pierres précieuses, ressemblant un peu à notre chapelet, moins la croix qui est remplacée par un gland jaune, rouge, bleu, vert ou violet. Que disent-ils sur ces grains ? pas l'Aze Maria, bien sûr, mais ces mots : “Allah! Allah! Mahomet rasouli Allah !” c’est-à-dire : Dieu est Dieu, et Mahomet est son prophète. Le vrai chapelet musulman est formé de 99 grains représentant les 99 attributs de l’Etre divin, d’après le Coran. En faisant glisser chaque grain entre leurs doigts, les Turcs répètent un attribut d'Allah, quand ils les savent, mais le plus souvent ils disent ce que je viens de vous répéter.
Les rues sont d'une malpropreté extraordinaire et sans pareille ; il n’y a pas de bureau d'hygiène—c'est dire qu'il n’y a pas d'officiers qui s'occupent de la propreté ni de la santé publique, comme notre brave chef de police de Sher-
ES
brooke.—Les nombreux chiens jaunes ou bigarrés de toutes nuances, sales ct Puüants, sont les officiers de la voirie ; (ste) malheur à l'étranger qui se permettrait d'en frapper un qui lui barrerait le Passage sur le trottoir, même d'en pousser un du pied : il faut en faire le tour, en passant dans la boue ou dans quelque chose de pire, voilà! A Galata, le quartier aristocratique de tous les Pachas et de tous les noms en À, se trouvent les ambassades de l’Asie, de l'Europe et des deux Amériques. La Corne d'or coule ses eaux paisibles dans le Bosphore, qui lui-même est une décharge de la Mer Noire, et va se jeter dans le détroit des Dardanelles.
Adieu Stamboul, / n'auras Pas mes os / —Je respire enfin de nouveau sur Ja terre française, sur mon superbe bateau, l'Equateur,” qui semble souffrir de voir sa carène mouillée dans les eaux impures de la Turquie.
Notre navire vient de nouveau faire escale à Smyrne, d’où nous nous rendons à Ephèse, en chemin de fer, en troisquarts d'heure, Cependant, avant d'arriver aux ruines collossales de cette ancienne ville Célèbre, il nous faut marcher une demi heure, ou bien monter de petits ânes aussi revêches que leurs propriétaires. 11 y a ici les ruines de la cathédrale de St. Jean l'Evangéliste, rer évêque d’'Ephèse, le disciple bien-aimé du Sauveur. La bienheureuse Vierge Marie y habita avec St. Jean après la consommation de la plus grande iniquité de l’univers : la mort du Christ sur
le Golgotha de Jérusalem. C’est 1à aussi que fut tenu le troisième concile æœcuménique
Tout est maintenant bien désolé et couvert de ruines et quelles ruines! des marbres à profusion et toujours des marbres de couleurs variées ; des mosaïques, en gros et petits morceaux, sont éparpillés partout dans les champs Dans la cathédrale, dans le temple de Diane, l’hippodrome, les théâtres, la bibliothèque, etc., il n’y avait que du
marbre ; il yen a beaucoup plus qu'à Athènes, L'amphithéâtre était bâti sur le penchant d'une montagne, dont les gradins, tous construits de marbre, pouvaient loger 100,000 Personnes ; Ça dépasse tout ce que l'imagination peut réver! Dans le temple de Diane est maintenant un marais, où les grenouilles croassent en paix, en se chauffant au soleil, sur les fûts de colonnes de marbre et de porphyre renversées,
En quittant de nouveau Smi:r , après l'excursion d'E. phèse, nous nous dirigeons sur l'ile de Rhodes. si élèbre autrefois par les prouesses de =: fiers chevaliers toute l’Europe, qui se donnaient à re eZ-VOUS, avant de se rendre à Jérusalem pour défcudre les lieux sauts. Rhodes est une petite ville de quatorze milje 1.4 taits, à peu près la population de Sherbrooke; eile cst le ci ‘-lieu de l’île,
qui est une des îles les plus fertiles de 1 rchipel. Il y a encore des fortifications formidable. La plus belle rue porte le nom de Rue des Chevaliers; sur le fronton de chaque porte des maisons de cette rue sont encore les écussons des braves qui les habitaient du temps des croisades. On voit là les plus grands noms de France et de Navarre ; plusieurs de ces maisons, ou petits chateaux-forts, sont encore flanquées de bastions surmontés des armes de la France et de tous les pays catholiques de l'Europe, En 1522, une petite armée de preux, 600 chevaliers et 6,000 Arabes en tout, se défendit vaillamment pendant trois jours Contre une armée formidable de 200,000 Musulmans ; c'est incroyable! Les assaillants étaient sur le point de se retirer, quand un traître livra la place aux Turcs qui ont élévé un tombeau (que j'ai vu) à ce nouveau Judas. Le colosse de Rhodes reposait sur deux tours que l’on voit à l'entrée du port.
EU
Nous partons maintenant pour Beÿrout, en passant près de l’île de Chypre, où nous ne pouvons arrêter à cause de la tempête. L'Orient est plein de villes en ruines qui ont été glorieuses dans le passé. Beyrout ressemble un peu à Québec de loin, elle en a à peu près la population ; c'est là que nous prenons le chemin de fer pour Damas. Ce trajet ressemble à celui des montagnes rocheuses, dans l’ouest de notre pays, mais les montagnes sort ici celles du Liban si souvent mentionnées dans la bible, à cause de ses fameux cèdres qui ont servi à Noé pour la construction de l'arche et à Solomon pour celle du temple de Jérusalem.
Notre train serpente gracieusement à travers monts et vallées—c’est féérique. Audessus de nos têtes, on voit d’énormes pics couverts de neige tandis qu’à nos pieds se trouvent des fleurs et de la verdure; sur le penchant des collines, il y a des oliviers et des vignes en abondance. A certains endroits, le train monte en zigzags sur un chemin à crémaillière jusqu’à une altitude de 4000 pieds. Il y avait une heure que nous avions quitté Beyrout quand, tont à coup, nous vîimes de nouveau apparaître la ville à nos pieds. C’est ici, qu’en 1852, Abd-el-Kader, fait prisonnier en Algérie, fut envoyé pour pacifier les Arabes du Liban. Enfin, après maints détours dans les montagnes, notre train file à toute vapeur sur Damas ; il s/oppa à Zehlei, belle ville de 30,000 âmes, la plus considérable du Liban, d’où viennent nos braves concitoÿens, les MM. Shasha. Damas est une belle ville de 150,000 habitants qui ressemble à un oasis dans un désert; il y a une très-belle et très-grande Mosquée, celle des Omniades, où l’on prétend que se trouve le tombeau de St. Jean-Baptiste : il y a en effet un trèsbeau mausolée au centre du temple, mais est-ce bien là que se trouve la dépouille mortelle de notre saint patron ?.... J'ai visité la maison d'Annanias, où St. Pierre, le chef des Apô-
En
tres, demeura quelques temps. A quelques milles de la vil. le, on nous montre l'endroit précis où St. Paul fut terrassé
quand Jésus lui apparut et lui dit: « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ”
Cette ville renferme beaucoup de souvenirs historiques, entr'autres, le tombeau du grand Saladin; l’empereur Guillaume y a déposé une couronne, lors de son voyage en Terre Sainte. Les Révs. Pères Jésuites y ont une très-belle église qui renferme la maison où vivait St. Jean-Damascène. On rapporte que ce Éon saint eut la main droite coupée par ordre du khédive de Damas, mais il supplia tellement la Ste, Vierge qu’Elle fit un miracle en sa faveur : son divin Fils colla la main de son fidèle serviteur ; des chrétiens le descendirent dans un panier d’osier par une fenêtre, que j'ai vue, et il s'enfuit à Jérusalem où il se fit moine. J'ai entendu la messe dans la maison même où St. Paul fut baptisé par Annanias.
À quelques heures de Damas se trouvent les ruines de Baalbec, l’ancienne Héliopolis. Nous avons pris le temps de faire une courte visite au Patriarche d’Antioche—cest le pape de l’Orient.—Sa Béatitude nous a reçus d’une façon très-cordiale, grâce toujours à notre habile et dévoué guide, Mgr Potard, de Paris. Sa cathédrale est splendide : des marbres à profusion, du porphyre, de l’agathe et des mosaïques. Il n’y a pas de tabernacle dans l’église, mais le St. Sacrement est placé dans une colombe d'argent, incrustée d'or, suspendue audessus de l'autel. Il y a dans la ville des fabriques très-curieuses d'objets de cuivre; de nombreux enfants travaillent à ces différents objets d'art, avec des petits marteaux et des repoussoirs—c'est très-intéressant.—Quand nous passons près des divers groupes d’enfants, chacun d'eux nous demande un b#achiche ou aumône,
À Damas, nous prenons le train pour Tibériade et nous recommençons à zigzaguer dans les montagnes du bas Liban. Ça dût être un travail de vrais Titans de bouleverser ces masses énormes de rochers, de les couper, de les percer peut-être à cent endroits différents. Après des détours innombrables, nous arrivons tout à coup au lac. Quelle vue splendide, quels souvenirs s’y rattachent! C'’estbien ici que Jésus, fils de Dieu, a commencé ses prédications! C’est bien ici qu’un jour, marchant sur les eaux, 11 dit à St. Pierre: ‘“ Homme de peu de foi, que craignez-vous ?” (C’est bien ici qu’a eu lieu la pêche miraculeuse !
Nous sautons dans des barques conduites par des bateliers aux mêmes Costumes, aux mêmes allures que du temps de Notre-Scigneur. Nous traversons la mer de Galilée pour nous rendre à la petite ville de Tibériade, bâtie par Tibère, sur les bords du lac du même nom.
Quelles poignantes émotions s'emparent de mon pauvre Cœur au souvenir des miracles accomplis ici par le Sauveur! Comme j'aurais voulu les partager ces émotions avec tous ceux que j'ai aimés, mes amis de l'enfance, et avec tous ceux que je connais et que j'aime à Sherbrooke ! Oh ! comme je suppliai le Dieu #ro5s fois saint d'avoir pitié de moi et de mes amis du Canada ! Comme je me reconnaissais indigne, oh, combien ! de naviguer sur les eaux où avaient marché Jésus et St. Pierre ! Enfin, après deux heures de promenade sur le lac, nous arrivons à la ville, où nous logeons chez les Pères Franciscains.
Un jour, un Américain qui voyageait dans ces parages, prit une barque en demandant au batelier de le conduire partout où Notre-Seignenr avait marché. Le cicerone qui n'était pas fon, mais Pas scrupuleux, promena mon Vankee pendant une demi-journée sur les eaux du lac, prétendant
que Jésus avait marché partout. Après cette promenade, l'Américain demanda son compte à l'Arabe ; celui-ci lui dit : “ 50 francs, votre altesse ! ” L’Æméricain, flatté-du titre dal. tesse qu’on. venait de lui décerner, (il ny a que des colonels, des généraux ou des professeurs dans son Pays) paya, mais fit cette réflexion: ‘ By jove! la prochaine fois que je reviendrai ici, je-marcherai moi aussi sur l'eau, ça coûtera moins cher!
De Tibériade, nous partons à cheval pour le mont Tue. F:, où eut lieu ls transfiguration ; il nows faut chevaucher F:ndant neuf heures sans désemparer, à travers des montagnes et des fondrières. Nous traversons la plaine où Saladin et ses Musulmans anéantirent les croisés commandés par Guy-de-Lusignan; des milliers de chrétiens furent faits prisonniers, beaucoup eurent la tête tranchée par le formidable cimetère des disciples de Mahomet. Vers le soir, nous arrivons sur le sommet du Thabor, littéralement moulus ! tous les os nous font mal; pour ma part, je me laissai glisser de mon cheval et ne Pus me mettre sur mes pieds qu’avec l’aide du bon Père Ignace, qui est un prédicateur hors ligne. Un petit bol de café noir me remit um peu, puis je visitai, avec les autres membres de la caravane, les solides fortifications des anciens chevaliers des croisades. Quelle vue, quel panorama! Le soleil se couchait derrière les montagnes, où est bâtie Nazareth, que l’on entrevoyait À droite ; il lamçait ses reflets d’or sur le mont Thabor qui paraissait tout en feu, sur le mont des béatitudés, à gauche, et sur l'immense plaine déjà couverte dé verduré aux tons variés. Vraiment, j'étais tenté de dire comme St. Pierre : “Seigneur, Seigneur, je crois ! Je veux ici planter ina tente Pour y vivre de votre amour et de |a ywé de vos mer véilles. ”
Après quelques heures de repos bien mérité, je vous l’assure, nous montons à dos d'âne Pour nous rendre à Na-
zareth. Encore un voyage bien fatigant de cinq heures : mais qu’étaient ces petites misères comparées à celles de la Ste. Famille? le bonheur de voir pour la première, et peut-être pour la dernière fois, ces lieux bénits, nous en dédommageait bien.
Nazareth a le même aspect qu’il y a dix-neuf siècles, nous dit-on. C’est ici que l'ange Gabriel a annoncé à Marie qu'Élle serait la Mère de Dieu ; c’est 1à que l’on voit la crypte où habita la Sainte Famille. Plus loin, cette grotte taillée dans le roc est bien l'atelier de St. Joseph, où Jésusenfant faisait de petites croix, en jouant ; de belles chapelles ont été élevées sur ces sites vénérables. La Syno- Sogue est construite sur la pointe d’un rocher ; Jésus y fit son premier sermon, mais les Juifs, scandalisés de sa mansuétude pour les pécheurs, voulurent le précipiter en bas— cependant, Il ieur échappa et s'enfuit à Magdala, au bout du lac Tibériade, patrie de Ste. Madeleine tepentante. Nazareth est la ville la plus propre de l’Orient. Les hommes sont revêtus d’une espèce de tunique, tout comme au temps de Notre-Seigneur ; les femmes portent encore un costume semblable à celui que portait la Vierge Immaculée. Quelles douces figures ont ces femmes et surtout les jeunes filles, de vraies madones! quelle gracieuseté dans leur démarche et tous leurs mouvements ! J'en ai vu plusieurs venir puiser de l’eau à un ruisseau avec des amphores (cruches où urnes) qu’elles placent avec beaucoup de grâce sur leur tête nue; j'ai eu peine à en soulever une avec mes deux mains. Elles vont aussi pieds nus et elles relèvent avec modestie leurs jupes en entrant dans l’eau jusqu’à mi-jambe.
Nous avons visité le couvent des Sœurs de Nazareth et celui des Sœurs de St. Joseph ; puis l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes, qui instruisent les enfants des Arabes, des chrétiens et même des l'urcs. Ces sœurs et ces frères
sont Français pour la plupart ; ils-nous ont fait chanter une chanson de Botrel en français, va s’en dire, et une autre en arabe.
Sur la partie la plus élevée ns, fondés par Dom Bro-
On aperçoit
la mer Méditerranée ; Séphorée,
Thaumaturge, Ste. Anne; plus
le mont Carmel. Les frères ont une très-
belle et spacieuse chapelle ; audessus de l’autel se dresse
la plus belle statue que l’on puisse voir de Jésus adolescent. Quelle figure divine, dont les JEUX nous suivent à quelqu’endroit que nous nous placions ; les lèvres semblent soutire, et quel sourire ! Je n'ai pu savoir le nom de l'artiste sculpteur qui a fait ce chef-d'œuvre, mais je retournerais en Palestine seulement Pour revoir cette statue presque déifiée.
Je quittai Nazareth avec regret pour me rendre à Caiffa—en voiture pendant six heures, sur une assez belle route (ancienne voie romaine). Caiffa est bâtie au fond d’une belle et grande baie dans laquelle il y avait, à notre arrivée, trois navires À p
une pointe de rocher qui s’ava Le soleil, cet astre lumineux qui éclaire le monde, disparaissait en ce moment derrière des nuages de pourpre; la mer azurée
Es:
en reflétaient les rayons lumineux. On voyait à nos pieds Caiffa ou ancienne Porphyre avec des maisons blanches à toits plats; le couvent des Dames du Carmel, à plusieurs pavillons blancs, ressemblant aux ailes blanches de l’alcyon étendues sur un beau tapis vert aux nuances variées. C'est ce qui frappe le plus en Orient dans les champs de quelques arpents ; on voit l'herbe par bandes de différentes couleurs: vert pâle, vert foncé, vert éméraude, ondulées par la brise—c’est très-joli. Les vagues déferlaient sur les rochers, en poussant des gémissements plaintifs, qui ressemblaient aux sanglots du prophète Elie qui vécut dans une grotte, en amont de la pointe du Carmel, environ 900 ans avant Jésus-Christ; Elie, comme son émule le prophète Enoch, fut enlevé au ciel par les anges. {1 paraît que ces deux bons saints reviendront sur la terre, en compagnie de Notre-Seigneur, au jour du jugement.
A droite du Carmel, de l’autre côté de la baie, on voit St. Jean d’Acre, ancienne Ptolémais, qui eut l’audace de résister au général Bonaparte qui en fit vainement le siège pendant deux mois, en se rendant en Egypte. Nous faisons le trajet de Caiffa en voitures, et quelles voitures ! quelque chose qui ressemble aux express de nos bouchers, ou aux rowlottes des Bohémiens entourées d’une toile quia été blanche jadis; vous dire que les ressorts sont durs n’est pas exagéré. Nous partons dans l'après-midi, vers trois heures, et nous n’arrivons à Zamaria, petit village juif, qu’à neuf heures du soir, passablement fatigués. 11 faisait trèschaud et il n’y avait pas d'arbres le long du chemin ; les arabes les détruisent tous. Le déboisement systématique est la ruine de la Galilée, de la Judée et de la Palestine.
Après un frugal repas, nous sommes dispersés dans trois mauvaises auberges où les puces et les punaises avaient élu domicile peut-être du temps de Judas l’Iscariote ; c’est vous
sil
dire que nous n’avons dormi que d’un œil. Il fallait bien se bébarrasser de ces puces juives qui aiment tant à sucer le sang des chrétiens (sans calembour). A bout de patience—et je ne pèche Pas Sous ce rapport—j'allumai ma chandelle, il n’y avait pas de lumière électrique, c’est sûr, ni même de lampe à Pétrole, j’allumai donc une chandelle d’un suif jaune qui nous donnait des nausées.
Quel spectacle s’offrit à mes YEUX, horribile visu / mon Compagnon de voyage, M. l'avocat Granger, de Chicago, ronflait à poings fermés, mais sa robe de nuit était littéralement couverte d’une armée de ces bêtes plates, jaunes et puantes (plus grosses que les uôtres) que, dans tous pays, on appelle punaises. Une quantité incroyable d’une autre espèce de petites bêtes noires (aussi plus grosses que les nôtres) qu’on appelle sauteuses par là-bas et puces dans tous les pays civilisés, étaient en guerre ouverte avec les premières et avec la peau de mon ami. Je m'amusai quelque temps de ce combat plus qu'homérique, mais enfin je réveillai le disciple de Thémis qui était tout sanglant des coups qu’il venait de recevoir. Je lui dis qu’il waurait pas besoin que je lui pratique une saignée, mais je lui conseillai d’intenter un procès aux gens et aux bêtes de Zamaria.
Nous quittâmes ce vilain endroit à quatre heures du matin, par une pluie battante, à la lueur des éclairs et au grondement du tonnerre; de nombreux chiens jaunes, à museaux de loups, jappaient en courant après nous jusqu’à la sortie du village. Nous n’arrivâmes à Jaffa que le soir, après dix-sept longues heures de voiture, c’est-à-dire dans nos caerrosses de la veille, trempés jusqu'aux os, fourbus, ne Pouvant à peine nous tenir sur nos jambes engourdies. Avant d'arriver à la ville, une odeur suave vint flatter nos facultés olfactives, c'était celle de l’oranger en fleurs ; comme nous respirions à pleins poumons,
Pour nous rattrapper un peu des parfums canins, etc., de Zamaria! Nous descendimes à la Casa-Nova des Révs. Pères Franciscains, magnifique et grand couvent bâti du temps de LouifIv. Après souper, nous montâmes sur les toits, qui servent Partout de promenade en Orient. Les flots de la mer battaient les fondations du monastère ; les bruits sourds et mystérieux de l'immensité des eaux ressemblaient aux roulements lointains du tonnerre, le ciel était constellé d'une myriade d'étoiles—Oh mon Dieu ! que vous êtes grand dans vos œuvres et que l’homme est
petit et misérable en présence des merveilles que vous avez créées !
Nous passons une nuit excellente aucouvent. Le lendemain, nous visitons la ville ; nous allons d’abord voir la maison de Simon le Corroyeur (cordonnier), que St. Pierre habita quelque temps. On dit que Corneille passa quelques mois dans cette ville. J'entendis la messe dans lé. glise de St. Pierre, bâtie sur la maisonnette où est né St. George qui fut martyrisé à Beyrout. A midi, nous prenons le chemin de fer pour Jérusalem. Dans les environs de Jaffa, ou ancienne Joppé, sont de grands champs d'orangers et de citronniers dont les doux parfums enivrent ; il ya aussi d’autres arbres fruitiers de toutes espèces, tels que des figuiers, des bananiers, etc. Les oranges pendent aux arbres en grappes dorées. Nou loin de Jaffa est Césarée, sur le bord de la mer; c’est 1à que St. Paul fut emprisonné.
La plaine de Saaron s'étend à quelques milles de Jaffa, sur le chemin de Jérusalem ; Samson y lâcha ses 300 renards (on m'a dit chacals) à 1a queue desquels il avait atta. ché des torches enflammées qui dévastèrent les champs des Philistins. Ces immenses plaines ont à peu près huit lieues de largeur sur trente de lengueur. A Renleh, on voit la tour des quarante martyrs de Sébaste, patrie de St. Jean
d'Arimathie, qui fut visitée par Bonaparte, En passant près d’une Montagne (nous sommes sur la route de Jérusalem, enfin nous approchons de la ville sainte), on nous montre la grotte où se cacha Samson pour échapper aux Philistins qui le cherchaient Pour le faire mourir. A trois-quarts d'heure avant d'arriver à Jérusalem, on montre aussi l’endroit où David renversa Goliath avec sa ronde, puis trancha la tête du géant avec sa formidable épée.
Jérusalem ! Jérusalem !
Comme les yeux se dilatent pour mieux voir ce lieu qui a été le théâtre du déicide des Juifs, de cette tragédie sanglante et unique dans l’histoire! Et comme le cœur dilate aussi ses fibres, pour mieux aïmer ce Jésus-Sauveur qui a racheté l'humanité coupable!
La gare est à environ un mille de la ville ; de très. bonnes voitures, alertement trainées par de vigoureux petits chevaux arabes, nous conduisent Promptement à la porte de Jaffa, l'entrée principale de Jérusalem, Mais là, il nous faut marcher jusqu’à la Casa-Nova, où Maison Nouvelle, qui est à deux traits d’arbalète de l’ancienne tour de David qui n’est plus aujourd'hui qu'une caserne turque, Les voitures n’entrent jamais dans la ville, car les rues sont trop étroites, tortueuses et Par marches de pierre, pour la plupart, Les ânes, les chameaux et les dromadaires remplacent ici le cheval.
villes de la Palestine, de la Galilée et de la Judée? rien, OU presque rien, probablement de petits hameaux ressemblant à Zamaria dont j'ai parlé plus haut. La Casa-Nova est une immense construction de pierre de taille, depuis les
fondations jusqu'au toit qui est formé lui-même d'énormes pierres, et les escaliers sont aussi de pierre ; il n'entre du bois que dans les ouvertures. Nous avons là de très-bonnes chambres et une excellente nourriture pour un prix très-modique. Après une légère collation, nous nous rendons e» corps au saint Sépulcre. Je ne saurais décrire convenablement ce qui se passa dans mon âme en entrant dans ce lieu à jamais mémorable. Est-ce bien vrai que Jésus, le doux agneau, le fils bien-aimé de la plus pure des Vierges, le Chérubin qui fut le Fils adoptif de St. Joseph, le meilleur des hommes après lui-même, est mort ici sur le Golgotha? Et de quelle mort! la plus ignominieuse inventée par l'enfer. Hélas! oui, tout nous le prouve: la tradition, les écrits des Saints Pères, l'unanimité des peuples disparates qui habitent Jérusalem, les nombreuses foules qui se pressent sans interruption autour du divin tom
beau et venant de toutes les parties du monde ; les Juifs euxmêmes reconnaissent qu'un nommé Jésus, fils de Joseph, charpentier de Nazareth, a été crucifié par leurs ancêtres. L'église, ou plutot les quatre à six églises qui n’en forment qu'une pourtant, mais divisée en un grand nombre de chapelles, dont chacune est aussi grande que notre cathédrale,
a été bâtie par Ste. Hélène, mère de l’empereur Constantin ; cette sainte et noble femme a eu l’insigne honneur de découvrir la vraie croix.
En entrant dans cette immense basilique, on se heurte à des soldats turcs qui sont chargés d'y maintenir l’ordre. Non loin de la porte principale est la grande pierre de l'onction sur laquelle le Supplicié fut déposé et embaumé après son martyre À environ vingt-cinq pieds plus loin est le tombeau C'où 11 ressuscita trois jours après y avoir été enseveli; ce tombeau, taillé dans le roc, est recouvert d’un
bloc de marbre usé avec le temps par les lèvres des nombreux pèlerins qui le visitent Chaque jour,
Du tombeau on se rend au Calvaire en montant plu-
dressé sur les trois trous
les trois croix : celle de Jésus et celles des deux larrons. J'ai vu ces enfoncements
lugubres, ainsi que le rocher fendu par le tremblement de terre causé par les convulsions de la nature, à la mort de son Créateur. Une infinité, des milliers de lampes d’or et d'argent sont suspendues autour du tombeau, de la pierre à
onctions, audessus des autels et aux voûtes des diverses chapelles,
Sous l'autel de la chapelle de Ste, Hélène est conservée précieusement, dans un étui de velours orné de pierres précieuses, la fameuse épée de Godefroy de Bouillon. J'ai eu le grand honneur de la baiser et d'en être touché avec le plat sur l'épaule. Cette vaillante épée, compagne fidèle du premier roi de Jérusalem qui mourut en 1100 mordre la poussière à bien des disciples de Mahomet. (Qu'il me soit permis ici de remercier Sa Grandeur Mgr LaRocque, qui a bien voulu me Permettre d'accepter le titre de chevalier du St. Sépulcre, honneur inappréciable pour moi,
J'ai vu la plupart des églises du Canada, des Etats- Unis, de la France, de l'Italie, de la Suisse, même Saint. Pierre de Rome, mais je n'ai rien vu de comparable à l'é glise du Saint Sépulcre; c’est unique au monde, comme le
drame sanglant lui-mêtme qui a été consommé à Jérusalem il y a dix-neuf siècles.
Il y a aussi d’autres belles églises à Jérusalem : entr’. autres celle du St. Sauveur, appartenant aux Révs. Pères Franciscains ; l’église St. tienne, desservie par les Domini. cains et construite près de l’endroit où le diacre St. Etienne
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