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demi pouce d'épaisseur ; un fouet de cuir avec des nœuds : je vous garantis que Sa pinçait, quand ça nous tombait dessus—j'y ai goûté une fois et je m’en rappelle encore—aujourd'hui ça n'existe plus. Tous vos maîtres, à commencer par votre droit et juste Supérieur, M. le Directeur et vos professeurs sont des agneaux (que ces messieurs me pardonnent la comparaison ! oui, sont des agneaux comparés à nos maîtres de jadis; mais je ne veux pas leur faire trop de compliments, ni surtout leur donner l’idée de se servir du fouet À trois queues, car vous m’en voudriez, bien sûr, et je tiens à conserver votre bonne amitié. D'ailleurs, vous savez que je fais toujours mon possible pour vous rendre service, dans la mesure de mes forces, sans trop ébrêcher vos règlements, par exemple ; je sais bien qu’on s'ennuie quelque peu au collège, qu'on trouve la vie dure par fois. Cette cloche infernale qui vous casse les oreilles à tout moment, surtout le matin, quand il fait froid, l'hiver, et que le lit douillet est bien chaud, tout cela fatigue bien un peu; mais courage, mes jeunes amis, tout passe et la récompense est au bout : je connais vos petits chagrins pour les avoir vécus. Oh! la navrance des adieux, par exemple, je la connais, allez! J'ai été jeune comme vous, et il me semble que je le suis encore. Je sais que vous avez quitté, pour le collège, une mère tendrement aimée, des petits frères et des petites sœurs espiègles qui vous taquinaient bien un peu, mais que vous ai. miez bien tout de même, malgré les bons tours qu’ils vous ont joués; je sais que vous avez quitté un bon père, qui
peine dur peut-être Pour payer votre instruction. Non, mes
jeunes amis, vous n'avez rien oublié de tout cela, et je croi-
rais vous faire injure, si j'en doutais un moment. Je sais
aussi que, dès le commencement de l’année, vous vous êtes
mis à l’œuvre avec ardeur pour dédommager vos bons parents des sacrifices qu’ils font Pour vous. Mais comment
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Pourraient.ils récompenser leurs parents, ceux moindre petit bobo, passeraient la moitié de leur temps à l'infirmerie, qui est plutôt Pour eux ne hôtellerie ? Ceux qui sont réellement malades savent avec quelle sollicitude vraiment maternelle ils sont soi infirmières. Ils sav cette maison négligent rien pour leur donner les soins voulus. Ils savent de même, n'est-ce Pas, Que moi, qui ai l'honneur d’être le médecin de ce beau collège, fais tout ce qui dépend de moi pour les soulager ? même, on pourrait peut-être me Pour ceux qui viennent flàtemps. Cependant, j'aime que par excès contraire.
qu'ils peuvent jouer—d’ailleurs on a passé par la filière. Ça me rappelle un fait assez drôle: Un jour, il y a bien douze ans de cela, —c’était dans l’infirmerie de la vieille maison St. Charles—un écolier, qui aimait merie à ses heures, se Plaignait d’avoir un choléra incontr6lable, je dis incontrôlable, avais donné tous les remèd à ce déluge d'un nouveau genre, doute sur la véracité de m je voulus voir s’il ne me tr
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fini! Il va sans le dire que le prétendu malade fût renvoyé à l'étude tout penaud. Mais, messieurs, n’allez pas croire que ce garçon a mal tourné; au contraire, il a aujourd'hui une très-belle position dans une ville prospère des Etats- Unis; il est médecin habile, et nous avons bien ri ensemble, la dernière fois que je l'ai vu, du tour qu'il avait voulu me jouer et de celui que je lui ai joué, moi. Imaginez-vous maintenant que ce jeune homme mettait sa maladie sur le compte du hachis que M. le Procureur lui faisait manger plus souvent que de raison! Le Procureur! mais c'est Ja bête d'un collège. — Pardon, Monsignor, vous faites exception.—Oui, si la soupe a tourné, si le hachis est trop clair ou trop épais, ou revient plus de quatre à six fois par semaine, plus ou moins, si le beurre est rance, etc., c’est la faute du Procureur. Je vous dis, moi, que j'aime encore mieux é/re dans ma peau que dans celle d’un Procureur, car il ne peut satisfaire tous les goûts, et je le plains.
De mon temps, nous avions Pour économe,—c'était le titre d’alors,— nous avions, dis-je, un M. Dumas, nn laïque et vieux célibataire. C'était une bonne pâte d'homme cependant, mais très-comique : il était court sur Dalles, avait une grosse tête et portait lunettes sur un nez aplati—des grands pieds ! je crois qu’il chaussait des dix, des mains en battoirs —enfin, c'était un vrai type. Pauvre M. Dumas, qu’il doit se moquer, du haut du ciel, des écoliers et de tous les bons tours qu’ils lui ont joués. La porte de la procure donnait sur la cour de récréation et, au lieu d’avoir une clochette, cette porte était flanquée d’un STOS marteau comme on en voit encore de nos jours. Les gamins, —e/ j'étais du nombre, —attachaient une ficelle au marteau, s'éloignaient de la porte, tiraient sur la ficelle, puis frappaient à coups redoublés. Alors, le bon M. Dumas arrivait à la porte, ajustait ses lunettes, regardait Partout et ne voyait rien.—Eh bien!
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eh bien! qu'est-ce donc ? des revenants ! des loups garous ! il croyait à cela le bonhomme. D'autres fois, la peur le prenait et le vieux cafard se mettait à égrener son chapelet fiè-
mençait, et c'était toujours le soir, bien entendu. Vous comprenez si nous riions sous cape. Ce fut un vrai martyre pour le pauvre économe, jusqu’au jour où M. le Supérieur prit les dits Tevenants en flagrant délit, et qui n'étaient autres que quelques externes qui retournaient dans leurs familles, après l'étude du soir. Les écoliers, voyez-vous, bien, bien! ne seront toujours que des écoliers: c’est la jeunesse exubérante qui déborde ; mais il faut Prendre garde de pousser les choses trop loin. Qu'on s'amuse, en faisant de petites farces, mais n’en abusons Pas—surtout, il faut être franc, loyal, poli envers ses maîtres et ses Camarades—les enfants grossiers, menteurs, hypocrites, rendent les autres malheu- Teux et le deviennent encore plus eux-mêmes, car ils sont
bientôt détestés de tout le monde. J'ai Connu des écoliers
très gentils, affables, aimant à rendre service : par contre, j'en ai vu d’autres vraiment impossibles, et je ne comprends
PaS Comment leurs maîtres Pouvaient les souffrir.
Avant de vous patler de l'hygiène Proprement dite, ou hygiène du Corps, il y a ce que j'appeilerai l'hygiène de l'âme :— Zeus sana in Corpore sano /—Oui, une âme saine dans un corps sain forment un tout de la plus exquise beauté. O mon âme! image de Dieu, je te sens, va, mais je ne te vois pas. L'âme, c’est ce qui pense en moi, ce qui aime, ce qui espère. Oh! rotre âme, mes amis, respectons-]à, Tespectons le corps qu’elle habite ; c’est sa prison, mais adoucissons-lui les quelques années d’exil qu’il lui faut passer En Sa Compagnie. — © mon âme! dompte ce corps de boue qui se révolte si Souvent contre ton autorité ; commande à cette charpente osseuse, À ses muscles, à cette chair
us ! il e preet fiècom- Vous marju péaient rs faien, esse ousetianc, ints et1ont ers re, 1ds
qui frémit si souvent sous l’aiguillon, et tu vaincras, car ton intelligence te guidera, Les bêtes, elles, n’ont que l'instinct pour les guider, mais il semble vraiment que parfois elles ont plus de bon sens que l’homme, qui se proclame pourtant le roi de la création. — Au mois de juiilet dernier, un merle étit accroché Par une patte dans un arbre de mon jardin ; il poussait des gémissements plaintifs et semblait appeler au secours. Je le pris délicatement et je m’aperçus qu’une de ses pattes était fracturée et prise entre deux branches; je la lui clissai et l'entourai d’un peu de plâtre: c'était vraiment merveilleux Comme le pauvre petit oiseau se laissait faire et me regardait tout le temps avec ses petits yeux qui semblaient me dire: merci! Quand l'opération fut terminée, je le plaçai sur ses deux pattes, tout fier du service que je lui avais rendu ; Mais l’ingrat s’envola aussitôt en poussant des pépiements joyeux ; j'avais oublié qu’il avait des ailes.—]] partit sans cérémonie, tout comme un écolier en rupture de bans! cependant je l’accusais à tort d’ingratitude, car, en me retournant, j'aperçus mes deux chats aux aguets: alors je compris pourquoi il s'était envo-
lé si vite. Il ne faut donc jamais juger trop vite et les gens et les bêtes !
La lecture de bons livres est l'hygiène de l'âme.
N'est-il pas vrai qu’on se sent ému et que l’on verse Souvent des larmes, au récit d'une belle action, d’un dévouement sans borne, d’un acte héroïque? Notre jeune Pays se compose d’une pléiade d'hommes illustres: poètes, Orateurs, écrivains dans tous les genres, habiles prédicateurs, politiciens hors ligne, etc. “ Notre histoire est une épopée des plus brillants exploits,” comme dit le poète. Or, ce qu'ont fait nos devanciers, ne pouvons-nous pas le faire? au moins il faut tendre à les imiter. Pour cela,
étudiez bien, messieurs, — les trésors de l'intelligence restent
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tant que celle-ci n’est pas v prits malades. — Evitez don
nez votre esprit et, comme le philosophe Bias, vous at rez Peut-être occasion de dire un jour : “Omnia mMmecum porto," — Oui, je porte tous mes biens avec moi, — c'est-à-dire les seules vraies richesses, celles de l'esprit, qui ne peuvent se perdre Comme les autres, dans des transactions hasardeuses, et où trouvez-vous ces richesses ? dans les bons livres, qui sont de Vrais amis. On a trois classes d'amis, dit-on : les amis qui nous aiment, les amis indifférents et les amis qui nous détestent. Je sais bien que c’est ennuyeux parfois d'étudier toujours, du matin au soir, et peut-être vous dites-vous souvent: Que c'est long six, huit à dix ans d'étude! que j'ai hâte d'être en belles-lettres, en rhétorique, en philosophie ! Oui, mais après?— Bien, j'étudierai une Profession. Après ?— Bien, je ferai comme VOus, je gagnerai ma vie Par mon travail.—Très-bien, j'admire votre noble ambition, elle est légi.
time ; mais Pour cela, étudions bien et ne nous ennuyons PAS trop de ckez nous.
iciée par les élucubrations d’es-
L'hygiène de l'âme Cousiste aussi d Coutumez-vous, Messieurs, À avoir tou si: corrigez votre Prononciation, évit les expressions triviales, vulgaires,
la bouche d’
tu que le tra-
: € que tu fais plaisir à quelqu'un.” Est-ce que l'étude alors pourrait vous ennuyer, puisqu'il y a là-bas, au foyer, à la maison Paternelle, une tendre mère,
d'es- >; Orat rez 0, — eules erdre t où nt de qui dédier
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un bon père qui seront fiers de vos succès. Oh! les joies
du jeune âge, comme elles reviennent en foule à certains moments et les tristesses aussi...
Ce soir, je me revois à votre âge; j'arrive à la maison, je revois une vieille mère qui me tend les bras et ne couvre de baisers, on vieux père à cheveux blancs qui me serre la mai. en ne disant, de sa voix chevrotante : “Ton vieux père a €iicure le bonheur de te revoir, mon fils.” Tous deux, hélas! dorment leur dernier sommeil depuis longtemps, oh oui! depuis combien longtemps... «Chaque été, je vais faire un pieux pèlerinage sur leur tombe ; je m’entretiens avec leur chère ombre, je leur parle comme quand j'étais enfant : je leur raconte mes joies et mes douleurs, et il me semble qu'ils m'entendent encore, car je sens une paix nouvelle descendre dans mon cœur! Plus heureux que moi, messieurs, vous avez encore vos bons parents ; de grâce, ne faites jamais pleurer votre mère, n'attristez pas votre père par votre inconduite : cherchez plutôt à jeur faire plaisir. Je Comprends que tous ne Peuvent remporter les mêmes succès, car tous n’ont pas les mêmes talents, mais tous peuvent orner leur esprit, par exemple; comme vous êtes content quand vous avez fait votre devoir et, par contre, n’est-il pas vrai, qu'après une mauvaise action, vous vous
sentez humilié, vous avez honte de vous-inême : vous tournez les yeux, vous vous cachez comme Caïn oui, Caïn, qu’as-tu fait de ton frère Abel? Oui, vous qui avez eu le malheur d'enseigner le mal à un petit compagnon, vous êtes pire que Caïn, car lui, au moins, n'a tué que le corps d’Abel, tandis que Vous, vous avez perdu l’âme de votre petit frère. O! mes jeunes amis, évitez les plaisirs solitaires qui ne laissent que des remords : ils détruisent le corps et réagissent sur l'intelligence qui s'arrête dans sa marche ; mais quand l'intelligence se développe sans entrave, elle
produit des chos:s merveilleuses, elle va même jusqu'au génie qui apparait de loin en loin comme un météore. Un grand poète a dit : ‘ L'âme a des illusions comme l'oiseau a des ailes, et c’est ce qui la soutient.” Les illusions valent bien quelque chose, mais je dirai, moi, qui ne suis pas poè. te: l'âme a des espérances et c'est ce qui la console dans les épreuves de la vie ; car vaudrait-il la peine de vivre si nous n'avions pas d'espérance ?.
De mon temps, au collège, un jeune homme finissait ses études classiques à l’âge de dix-huit ans—il avait fait un cours très-brillant— il] avait remporté chaque année tous les premiers prix, il avait eu même le prix du Prince de Galles, en un mot on disait que c'était un prodige ; mais le malheureux avait pris la mauvaise habitude de fumer, de chiquer, et il était notoire depuis quelque temps qu'il s’é. puisait par ses abus de tous genres. Ses succès l'avait grisé, et il finit par croire que son corps était une machine qu'il pouvrit faire marcher à son gré. A la fin de juin—on ne pattait pour les Vacances, dans ce temps-là, que le rer ou le 2 juillet, pour revenir le rer Septembre—quelques jours avant la sortie des élèves, le malheureux fut pris d’une toux opiniâtre, cachectique qui dégénéra bientôt en Consomption galopante : Quelque temps après la rentrée des écoliers —je crois que c'était le 8 septembre, —M., le Supérieur vint nous annoncer à l'étude que le jeune homme en question se mouait, et il voulait que nous allions le voir le lendemain, qui était un jeudi; en effet, le jour suivant, tous les professeurs et les écoliers se rendirent chez le père de notre pauvre confrère qui habitait sur le bord du fleuve St. Laurent. Sa maison était entourée d’une immense galerie ; du côté nord, la vue était splendide— pendant les hautes marées, les vagues venaient clapoter sur les fondations. Quand il fai-
ss Et
sait beau, le malade passait ses grandes journées 1à, assis ou plutôt couché sur une chaise longue, en face de la mer. …. Il était plus mal, ce jour-là. En deux mois, quels ravages épouvantables la Consomption avait faits! elle l’avait réduit À l’état de squelette: ses joues étaient creuses et livides, son teint cadavérique, ses traits crispés, ses grands yeux brillants de fièvre étaient fixés sur la mer qui semblait pousser des sanglots, à la vue de ce pauvre enfant qui était déjà dans les affres de la mort. Tout à coup, il se tourne vers nous, paraît nous reconnaître et dit, en parlant par saccade : Pardon, pardon —adieu 1” Ilse dressa sur sa couche, un flot de sang s'échappa de sa poitrine oppressée et m'éclaboussa ainsi que quelques autres, puis il retomba sur sa chaise—il était mort—oui, mort à dix-huit ans, parce qu'il n'avait pas su mettre un frein à ses passions honteuses. M, le Supérieur nous dit: “A genoux! messieurs, à genoux !” puis, récita de sa voix grave qui me tinte encore aux oreilles comine un glas funèbre : “Ægo te absot. 70 tn nomine Patris et Filius et Spiritus sancti, Amen !” Ah ! je n’oublierai jamais cette scène angoissante, Chaque fois que je descends là-bas, depuis, depuis des années, je vais visiter cet endroit, où j'ai connu les premières et tristes émotions de ma vie, .…,
Nous avons vu en quelques lignes, inessieurs, ce que c'est que l'hygiène de l’âme, voyons un peu en quoi consiste l'hygiène du Corps. D'abord, la tête, qui est la partie la plus noble de l'homme animal, nous fait juger en un clin d'œil l'individu qui la porte. Le front est pour ainsi dire l’image de l'âme, car il en reflète les impressions —les yeux en sont le miroir; parlez-moi d’un jeune homme qui ne craint pas de vous regarder en face et qui ne baisse pas les yeux devant son semblable : c'est une marque qu’il n’a pas à rougir de ses actions. Un écolier doit toujours être
bien peigné et se laver la tête de temps À autre ; il doit aussi se laver les oreilles et avoir le plus grand soin de ses dents qui se carient si facilement.
Il peut donner plus de soin à sa bouche, surtout s'il n'a pas de temps à perdre à soigner sa moustache, qui n'est Pas encore bien longue durant ses années d'étud -, Il doit être bien prudent Pour changer de linge et d'habits avec les saisons ; pendant l'été, les camisoles doivent être de soie, de mérinos ou autre tissu léger, mais dès que commencent la saison des froidures, il doit alurs les changer Pour des flanelles plus chaudes, afin d'éviter les rhumes, les bronchites, les maux de gorge, généralement si fréquents à cette époque de l’année, Il doit prendre des bains de temps à autre, d'après les règlements passés à cet effet dans cette maison. Messieurs, ne Portez jamais ces jarretières élastiques qui vous serrent trop les jambes et empêchent la bonne circulatio:, mais attachez vos bas à vos Caleçons avec des épingles de sûreté. Ne portez jamais ces ceintures qui Compriment les intestins 5 il faut que tout le corps soit bien libre de tous ses Mouvements. Les ongles des doigts doivent être entretenus avec le plus grand soin ÿ ne me parlez pas de ces SatÇçons qui vous arrivent avec des mains . sales et des ongles idem : On dirait qu'ils sont en deuil. Les ongles des doigts doivent être coupés eu rond, mais Pas trop courts, je dis cou pés, mais pas rongés avec les dents. On doit se laver les pieds au moins une fois Par semaine et se Couper aussi les ongles des orteils, mais moins en rond que ceux des doigts, plus carrés, Car, quand ils poussent mal, ils pénètrent dans les chairs, ce qui cause des douleurs insupportables. Les chaussures doivent être assez larges
Pour ne pas du tout comprimer les pieds ; laissez cette vanité aux Chinoises. .
| doit e ses
| s'il n'est doit avec > de -omiger mes, ents s de ans res t la vec qui oit gts aTins ais
Il y a quelques années, je soignais ce qu'on est convenu d'appeler une grande dame :—*Île est morte maintenant—elle s'était donnée une entrrse et je fus oblipé de voir son pied malade, Mais quelle ne fut pas ina sururise en jetant .un coup d'œil sur ses orteils! elle avait les ongles longs et fins comme des griffes d'oiseau, Je poussai une exclamation qui ne lu; échappa pas probablement. 11 paraît que cette personne ne s'était jamais coupé les ongles, par préjugé ; c'est invraisemblable, mais c'est vrai: je l'ai vu de mes yeux.
Dans l'exercice de sa profession, un médecin voit bien des choses qui l’étonnent, il entend bien des histoires qui le surprennent ; mais il doit être discret comme un confesseur, à moins que les personnes qui lui ont causé ces surprises ne soient trépassées ou inconnues À son auditoire. Quelques jours après mon arrivée à Sherbrooke, en 1883, on vint me chercher en toute hâte Pour un malade qui était à l'extrémité, me dit-on : je pris mon chapeau et ma trousse, fier enfin d'avoir un patient : c'était mon premier, Chemin faisant, je me promettais bien de faire mon possible pour soigner mon malade de mon mieux. Enfin, j'arrive à la maison désignée ; une vieille Irlandaise me dit, tout essoufflée : “ Quick, Doctor, nuick, my poor Popsy is dying ! he has fits, I believe.” —Où est votre malade? lui demandai-je. ‘ Here, Sir.”’— Mais où, madame? Ici!—I] y avait une petite boîte, près du poêle, dans laquelle était un beau petit chien. Imaginez donc ma déconfiture ; m'appeler, moi, pour soigner un chien !... . Je me redressai, indigné, et dis à cette bonne femme que je n'étais pas un vétérinaire, et je sortis de cette maison Puante avec toute la dignité possible. Cette bonne vieille gardait toute une ménagerie dans son logement ; chiens, chats, lapins, poules, dindons : il y avait de tout. Entendez la cacophonie ; et l'odeur,
donc! c'était à répandre la Pareille chose ne serait reau d'hygiène,
peste dans tout le voisinage.
pas tolérée aujourd’hui par le bu-
En résumé, messieurs, tour de soi ; propreté dans ils seraient un peu fanés, chés, ni déchirés,
il faut être Propre sur soi et auses habits: quand bien même un peu passés, s'ils ne sont ni ta- On a toujours l'air propret.
Tâchez de vous rappeler toujours qu’un jeune homme est jugé d’après son aPparence et ses manières : son main-
tien modeste, son beau langage, sa propreté en tout et partout ; enfin, par sa bonne tenue.
ce qui prouve une fois de plus votre
La St. Jean-Baptiste.
(AU PARC.) Mesdames et Messieurs,
Pourquoi sommes-nous ici cn ce moment? Pourquoi toutes ces figures réjouies, cet air de fête ? Pourquoi, ce matin, cette procession, ces drapeaux, ces oriflammes déployés ? Pourquoi ces fanfares qui jouaient nos airs nationaux, cette nombreuse jeunesse, ces cadets qui faisaient le pas militaire comme de vieux soldats et tous ces citoyens qui paradaient dans nos Tues pavoisées de pavillons et de banderolles ? Pourquoi cette messe solennelle, pendant Jaquelle, il me semble, nous avons prié avec plus de dévotion que d’habitude ? Pourquoi ce sermon de circonstance, où l’orateur sacré a mis toute son Âme pour faire vibrer dans les nôtres l'amour de la patrie? Pourquoi, même, cette ancienne coutume du pain bénit, si ce n’est Pour nous rappeler que nous sommes tous enfants de la même famille, puisque nous prenons part au même festin. Pourquoi ? Ah ! c’est parce que c’est la fête de notre nationalité.
Ensuite, pour répondre à ma Première question, pourquoi sommes-nous ici? Ah! Pourquoi? C’est parce que ous voulons ensemble causer de la Patrie, des ancêtres, des vieux parents qui dorment là, peut-être, à deux pas de nous, ou dont les ossements reposent plus loin, dans une autre
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ville, dans une autre Paroisse, dans un hameau, mais au moins dans un petit coin de terre de notre beau Canada, de la patrie qui nous est chère. Plusieurs, hélas ! attendent aussi la résurrection sur une terre étrangère, Oui, nous sommes ici, en ce moment, pour parler des vertus de nos pères, des bons exemples qu’ils nous ont donnés. I] fait bon, au moins une fois l'an, de faire une revue générale, afin de voir si nous Progressons comme peuple ou bien si nous périclitons. J'ai bien souvent entendu des orateurs faire l'éloge du peuple Canadien ; i] n’y a pas de doute qu’on aime à s'entendre louanger,—c'est le faible de l’humanité,—mais il faut aussi être francs et sincères :
Nous ne sommes Pas parfaits, tant s’en faut, soit comme peuple, soit comme individu, mais nous le sommes autant que les autres races, Le bon Dieu a permis que la grande famille humaine fut composée, formée de différentes ses goûts, ses usages, ses
et nous ne pouvons douter de sa sagesse, car c'est Lui qui gouverne tout l'univers.
Ah ! qui ne se rappelle l’histoire sainte, qui ne se souvient d’avoir lu la description de l'entrée des Hébreux dans la terre promise? On ne peut s'empêcher, il me semble, de
Comparer leur histoire à la nôtre, car il ya beaucoup d’analogie entre les deux.
Voici un petit Peuple, conduit par Moïse, et qui prospère tant qu’il suit les commandements du Seigneur. A des siècles de distance, voilà un autre petit peuple de 60,000 individus, (cinq fois plus que la population de Sherbrooke) abandonné sur des rives lointaines, soumis à de nouvelles lois et ayant juré allégéance à de nouveaux maîtres, ses
Hi
ennemis d'hier. Quel est l'habile pilote qui va conduire ce petit peuple à travers les mille écueils qu’il doit nécessairement rencontrer dans le chemin de la vie? Ah! je ne Crains pas de le dire et de l’affirmer, et je le répéterais à la face des démagogues français qui font la honte de notre ancienne mère-patrie et la douleur de l'univers chrétien : c’est un nouveau Moïse, c’est notre clergé qui a soutenu nos pères et qui soutient encore les générations actuelles dans le chemin de l'honneur et du devoir. Ily a bien par-ci par-là des défections sur la route couverte de ronces et d’épines, mais le gros de notre petite armée canadienne passe À travers les obstacles et arrive en général à bon port, guidé par ses habiles pilotes, soit religieux, soit politiques.
De 60,000 que nous étions, lors de la conquête, nous sommes maintenant audelà de 3000,000, tant au Canada qu'aux Etats-Unis. Ce qui a fait et ce qui continuera à faire notre forre, ce sera l’union entre nous ; mais une union plus imme.—‘ Toute maison divisée contre ellemême périra,” tout peuple divisé périra aussi, —]] faut nous compter, nous unir, nous entr’aider les uns les autres, non pour nous faire craindre, mais plutôt pour nous faire admirer et respecter par les autres races qui nous entourent ; nous ne leur sommes pas inférieurs. Pour cela, il faut que nous soyions pour ainsi dire des modèles. N'oublions Pas que nous sommes un peuple conquis, bien que libre ; mais, enfin, nos Cconquérants ont l'œil ouvert sur nous et nous ne devrions jamais donner prise à leurs sarcasmes. Imitons-les, si vous voulez, dans ce qu’ils ont de bon, mais ne Soyons jamais serviles ni esclaves au point même de troquer le nom de nos pères pour les leurs. Ah! quelle honte nour un Canadien-français qui porte un nom bien Sot ‘en, respecté, sinon illustré par ses aieux, quelle honte de le traduire en une langue étrangère : Isray Goodheart
pour Israël Francœur, c’est plus que ridicule, n'est-ce pas? Ah ! messieurs, ne Tougissons pas de notre nom ni de notre langue, la plus belle langue du monde, la langue diplomatique de tous les grands peuples ; apprenons l'anglais, l’al. lemand ou ce que vous voudrez, pour les bes de la vie: il le faut, notre propre intérêt nous le demande,
mais de grâce, Conservons intacte notre langue française et appliquons-nous à la bien parler.
vérité, causés par l’ivrognerie,
Encore un mot et je termine.
Je vous ai dit qu’il fal.
lait s’unir—vous le savez
aussi bien que moi, du reste ;— voici un moyen infaillible de cimenter cette union si nécessaire entre nous ; il est question, que dis-je ? il a été dé. cidé de fonder ici même, à Sherbrooke, un Monument National où nous serons tous chez nous, mais chacun doit y mettre la main, c’est-à.di que chose pour aider le syndicat. .
oins ordinaires
une part suivant ses moyens ; Ce n’est pas nécessaire d’être riche pour cela, car il y a des parts de $100, de #25, de $ro et même de $5 pour les jeunes gens. Allons, messieurs, un peu de patriotisme et venez donner vos noms pour cette œuvre nationale, N ’importe quelle somme sera bien re- Sué, et vos noms seront inscrits dans le livre d’or du Monv-
ment.
Merci d’avoir eu la patience de m'écouter.
La St. Jean-Baptiste.
(SALLE sr. JOSEPH—SOIR.) Mesdames et messieurs,
Quand on m'a fait l'honneur de m'élire président de la St. Jean-Baptiste, il y a environ un mois, j'ai été très-flatté et en même temps assez perplexe, parceque je ne savais trop si je pourrais m'acquitter de cette tâche, si douce qu’elle soit ; mais j'ai été bien vite agréablement désabusé, car tout le monde est si enthousiaste pour chômer dignement notre fête nationale, qu’on a vraiment 9#'à laisser faire.
Je remercie tous ceux qui, de loin ou de près, ont bien voulu prêter leur concours Pour en rehausser l'éclat.
Il est bon de constater, au moins une fois lan, le patriotisme qui anime nos concitoyens. — Le patriotisme est comme la foi : il aide à bien mourir,” a dit un écrivain célèbre.—Mais qu'est-ce donc que le patriotisme? C'est l’amour ardent de sa patrie : ardent amour veut dire : amour vrai, amour désintéressé, amour sincère. Qu'est-ce que la patrie? La patrie, c’est le Pays qui nous a vu naître; c’est la ville, le village, le hameau où l’on a grandit ; c’est Ja
ondes vers l’océan immense ; c'est le clocher qui nous a abrités de son ombre, c'est la vieille maison paternelle où l’on a vu le jour. La patrie, c’est la jeune mère qui a guidé nos premiers pas ; c’est le bon père qui a peiné fort, bien souvent, pour nous donner du pain et l'instruction ; c’est la bonne vieille grand'mère qui nous a appris, sur ses genoux, à balbutier les doux noms de Papa ! maman ! On ne peut pas oublier ces choses là ; ce sont des souvenirs toujours jeunes, même dans des cœurs déjà vieux. La patrie, c'est le prêtre qui nous a baptisés, qui a entendu notre première confession enfantine : qui nous a donné pour la première fois le pain de vie et qui, plus tard, a béni l'anneau que le radieux fiancé passait au doigt de sa jeune épouss.
La patrie, c’est le vieux curé qui a assisté, À leurs derniers moments, Jes bons parents que Dieu, dans sa miséricorde,
nous avait donnés pour guides et soutiens. La patrie, mais c’est le cimetière où dorment les ancêtres. La patrie, c’est tout cela et plus encore: c’est même le vieux mendiant qui
vient frapper régulièrement à notre porte, pour nous deman-
der l’aumône, au nom de Dieu trois fois saint qui nous a
placés, nous, à l'abri du besoin; ce sont les miséreux, les
pauvres qui souffrent, qui ont faim, qui grelottent de froid,
l'hiver. La patrie ! mais c’est tout un peuple qui parle la
même langue et qui se prosterne aux pieds du même autel,
Voilà ce que c’est que la patrie, mesdames et messieurs. —
Faisons un sérieux examen de conscience et demandons. nous bien sincèrement si nous sommes de bons patriotes,
de bons fils, de bons pères, de bons citoyens observant bien les lois de notre Pays.—Oui, pour être patriote, il ne suf.
fit pas de le prôner bien haut, de faire des discours patriotiques une fois l’an, mais il faut pratiquer ce qu’on dit.
Pour être patriote, il faut vivre et laisser vivre ; l'égoisme tue le patriotisme : donc, celui qui ne pense qu’à