‹ Ma captivité en Allemagne;Chapitre 11 sur 13 · LA FOHTEBK<!SE DE RASTATT.— LE PETOLU · texte numérisé non relu

LA FOHTEBK<!SE DE RASTATT.— LE PETOLU

Dans cet horrible camp de concentration, combien va durer notre séjour? On parle de quinze jours. C'est, dit-on, le délai réglementaire entre chaque convoi. Sur cette question, mutisme absolu de nos geôliers. Et pourtant la chose importe beaucoup ; car nous avons fort peu d'argent, et nous allons être exploités. On parlemente, on discute avec le cantinier; finalement, notre pension se règle à trois marks cinquante — quatre francs ▼ingt-cinq — par jour et par personne. C'est une grosse somme pour nos misérables moyens; si nous demeurons ici plus longtemps, nous serons bientôt réduits au régime commun, qui est horrible. Au moins avonsnous un peu de bière, deux petits pains blancs, et une nourriture plus abondante qu'au château de Celle.

Le lendemain, dimanche, à Rastatt comme à Cassel, impossible de dire ou d'entendre la messe ; il nous faut renoncer à toute pratique extérieure de religion. Nous risitons la forteresse.

Les casemates — vastes salles, que l'on pourrait plutôt appeler des caves, que ne réchauffe jamais un rayon de soleil, et que le

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bon air visite moins encore — sont froides, humides, malsaines ; c'est là que, dans une paille infecte, couchent nos malheureux jeunes gens. Privés de linge, rongés de vermine, le corps couvert de morsures de punaises, ils passent des heures entières, le torse nu, cherchant à se soulager.

A l'heure du repas, leur défilé à la cantine est lamentable ; les premiers doivent se hâter d'expédier leur ration, pour céder à d'autres la misérable gamelle de grès jaune, ramassée dans la cour. A Rastalt, le régime est plus dur encore, la nourriture plus répugnante, plus nauséabonde qu'à Niederzwerein ; il me serait impossible de m'y résigner.

Sous nos yeux, de temps en temps, des voitures enlèvent des amas de paille pourrie; c'est le lit des prisonniers devenu un véritable Jamier. Heureux encore s'ils pouvaient, avec leur mauvaise couverture, y trouver un peu de chaleur; car l'humidité est grande, la neige abondante, le froid intense, dans ces longues galeries à demi souterraines, sans feu, presque sans vêtements.

A Rastatt, la garde de la citadelle est renforcée par ces fameux chiens de guerre, dres-

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