‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 104 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qui me frappa le plus, ce fut la connaissance du dogme de l’unité : ce fut cet axiome qu’il n’y a qu’une vérité et que dès lors il ne peut y avoir qu'une religion. L’Église gréco-russe enseigne certainement l’unité, comme l’Église catholique, puisque dans son Credo elle dit : Je crois l’Église une, et que, comme les catholiques, contrairement aux protestants, elle admet une Église visible et terrestre. Mais l’Eglise grecque n’enseigne cette vérité, ainsi que beaucoup d’autres, que parce qu’elle a été jadis unie à l’Église catholique, et simplement comme une théorie que ses docteurs ne comprennent plus eux-mêmes. Aussi peut-on dire hardiment qu’aujourd’hui il n’existe pas un Russe, prêtre ou laïque, qui croie à l’unité, par conséquent à l’infaillibilité de son Église ; pas un seul qui soit prêt à verser son sang pour soutenir qu’elle seule est l’arche du salut.

Les uns admettent qu’on peut se sauver également étant catholique ;‘les autres, comme les protestants, ne croient plus qu’à l’unité d’une Église invisible. Comme tous ceux qui se séparent de la vérité, ils sont dans un chaos qui fait peine. Hélas! ils ne s’en doutent pas eux-mêmes ; et habitués à l’air vicié dans lequel ils sont nés, ils ignorent l’existence d’un air plus pur ; ils ignorent qu’ils sont dans un abîme, dans un tourbillon, où, entraînés par l’habitude, le défaut de lumière, les préjugés, ils tournent avec une telle rapidité qu’ils ne voient

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pas, en passant, ô mon Dieu ! cette main que tous leur tendez pour les retirer du gouffre dans lequel leur Église nationale s’engloutit toujours davantage.

Lorsque je sus qu’il ne peut y avoir qu’une seule Église vraie, je compris que cette Eglise doit être universelle, catholique, et que c’est celle-là seule qui mérite de porter ce beau nom. Plus tard, les preuves de cette vérité s’accumulèrent en masse dans mon esprit ; ma raison fut subjuguée, et je puis dire que tous les jours elle acquérait un nouveau motif de conviction. Il serait trop long, trop difficile d’énumérer toutes les raisons qui persuadèrent mon esprit. Quanta mon cœur, oh! il comprit bientôt que la pratique catholique seule pouvait le satisfaire; il comprit que pour l’homme qui a besoin de vous, mon Dieu ! pour l’homme qui sent qu’il vient de vous, qu’il doit aller à vous, que vous seul devez être son but et sa vie, que pour le vrai chrétien, en un mot, la religion catholique est la seule possible, qu’elle seule entre dans l’existence de l’homme, qu’elle seule s’identifie avec cette existence et en devient une partie inhérente ; tandis que les autres religions sont tout au plus à côté de la vie. Car lareligion catholique seule nous prend au berceau, nous apprend à marcher; elle seule sait poser sur notre pénible route des jalons et des lieux de repos ou de refuge, elle seule nous soutient

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