CHAPITRE III
an bord de l’abîme, , nous porte à travers les torrents et les rochers ; elle seule enfin, écartant tout danger, ne nous quitte qu’après nous avoir remis entre vos bras paternels. Oh ! cette sainte et consolante conduite de l’Église ! elle est tellement bienfaisante fue l’on comprend que la vérité seule a pu l’inventer et l’enseigner. Le bonheur qu’elle nous donne n’est- il pas une preuve de sa vérité ; et n’avez-vous pas dit que le consolateur est l’esprit de vérité? Ah! comment ne serait-elle pas vraie celte religion qui seule peut consoler et guérir? Et si elle est vraie, toutes celles qui n’enseignent pas ce qu’elle enseigne, ne sont-elles pas fausses? Oui sans doute, car elle seule nous initie au mystère de la vie, c’est-àdire à la vraie existence, qui est l’union avec vous; elle seule nous apprend à vivre par l’âme, à oublier le corps, à exister spirituellement. Oh ! qui dira les délices d’une âme catholique? Qui dira avec quel amour vous vous découvrez à elle? Tantôt vous l’éclairez soudainement d’un rayon lumineux, tantôt vous l’inondez d'un torrent, d’une masse de lumière. Seigneur, j’ai comme tant d’autres bien souvent des sécheresses, des ennuis et des dégoûts; bien souvent vous me châtiez et m’éprouvez, car je le mérite et j’en ai besoin. Mais que vos douceurs sent consolantes ! Que la pluie est divine et féconde après la sécheresse! Oh! dans ces moments bénis, dans ces moments d’amour, vous avez souvent
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daigné m’apprendre, et pour ainsi dire tout à coup, plus de vérités que je n’en avais recueilli dans des ouvrages volumineux ou dans de longs entretiens. C’est, qu’en effet, pendant l’oraison, l’âme ne voit que vous, elle ne parle qu’à vous, elle s’unit à vous ; la terre, le corps, tout disparaît... Comment ne deviendrait-on pas meilleur et plus savant ?...Oa s’approche de la perfection.
Mais, pour comprendre que la pratique catholique est la seule bienfaisante, la seule consolante, il faut en avoir fait l’expérience ; et ces pauvres
âmes séparées de l’Église ne la connaissent pas
Elles ne peuvent donc nous comprendre. Parlez à l’aveugle-né des sublimes spectacles de la nature et de l’art; parlez au sauvage, ou bien à l’homme oisif et voluptueux, des nobles plaisirs de l’étude; enfin , parlez à un de nos frères séparés des délices d’une âme catholique : l’aveugle vous croira sur parole et sans vous comprendre ; le sauvage et le mondain ne vous croiront ni ne vous comprendront; celui qui est séparé de l’Église rira de vous et vous nommera fanatique. En effet, pour les aveugles de toute espèce, plus vous vous éloignez des sens., plus la difficulté augmente. Que je les plains, ces pauvres âmes, dont l’erreur a gâté la nature ! Ahl si elles pouvaient connaître la pratique catholique^ Par elle les mauvais deviendraient bons , les bons s’amélioreraient, et ceux, enfin, que vous avez tel-