CHAPITRE
lement béais que, malgré leur erreur, ils sont naturellement vertueux, deviendraient probablement des saints. Infortunés ! je vous aime parce que vous êtes malheureux. Oh ! si vous pouviez m’entendre, si vous vouliez me croire, je vous dirais, avec l’amour dont mon cœur déborde pour vous, je vous dirais : « Venez et goûtez combien le Seigneur est doux ! » Et après que vous auriez goûté sa vérité , il n’y aurait pas à craindre que vous voulussiez la quitter.
Certes, mon âme était préparée; mais ce fut Galitzin qui, le premier, convainquit ma raison; et aujourd’hui je n’ai plus un doute sur la vérité; je suis heureux, ma conviction est complète.
Après avoir parlé de l’unité de l’Église et de sa pratique, mon nouvel ami m’expliqua sur quelles bases est fondée son autorité. Cela m’était complètement inconnu. A mesure qu’il me parlait , les nuages disparaissaient, et le ciel se montrait à moi. Il me dit comment l’autorité découle de l’unité; et comment l’unité est une conséquence de l’autorité .-
Il me cita d’abord l’ÉVangile; puis il me montra, dans une suite non interrompue de dix-huit siècles, l’Église toujours victorieuse des hommes et du démon, conservant toujours sa puissance et son infaillibilité. C’est à saint Pierre, me dit-il, que Jésus-Christ a confié les clefs de son Église ; c’est
RETOUR
sur lui qu’il l’a bâtie; c’est lui qu’il nomme le roc contre lequel le mal et l’erreur ne pourront prévaloir; c’est à lui qu’il confie ses agneaux et ses brebis, les peuples et leurs pasteurs; c’est à lui qu’il ordonne d’affermir ses frères dans l’épiscopat; c’est lui qui fait le premier miracle et qui préside le premier concile; c’est lui que Paul va vénérer; c’est lui qui est à la tête de l’apostolat ; c’est lui, enfin , qui fonde à Rome la mère de toutes les Églises, après avoir fondé celle d’Antioche pour l’Asie, et par saint Marc celle d’Alexandrie pour l’Afrique. Et puis Jésus-Christ n’a-t-il pas dit : « Celui qui n’écoute pas l’Église, doit être traité comme un païen ? » Toutes ces citations, et tant d’autres encore, ne sont-elles pas la preuve de l’autorité que Notre-Seigneur conférait à son Église et au chef de son Église? Et puis, « lisez l’histoire,» ajoutait ce pieux ami, « celle des premiers siècles, celle des conciles, toute l’histoire de l’Église ; partout et toujours vous trouverez la réalisation des paroles de Jésus-Christ. Sa parole résonne à travers les siècles, non pas comme un écho qui s’affaiblit, mais toujours la même, puissante et féconde. »
Oh ! comme mon cœur, altéré de vérité, se trouvait soulagé devant ces témoignages de la vérité!.. Que d’excellents conseils me donna Théodore, que de bons livres il m’engagea à lire! Mais ce ne fut que plus tard que ces semences portèrent leur fruits