‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 109 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

che ta vérité, et l’accueil que me fit cet infortuné ! Il était emprunté, gêné... Non, non, il ne doit pas être heureux. Je lui parlai de son changement de religion comme quelqu’un qui veut s’instruire, et en lui faisant entendre que ce n’était pas par un motif de curiosilé que je l’interrogeais ; mais je vis que cét entretien lui était désagréable; jelui demandai néanmoins à quelle Église il appartenait. « A aucune, » me dit-il, « toutes les Églises sont pourries (aile Kirchen sind faul). » Surpris de celle réponse, je réitérai ma question. « Mais qui parle aujourd’hui d’Églises ? elles sont toutes pourries , » me répondit-il, « et Jésus-Christ a dit : — Quand vous vous réuni- « rez plusieurs en mon nom, je serai au milieu « de vous. Cela suffit. » Jésus- Christ, me disje en moi-même, parle aussi d’une Église qu’il a bâtie, à laquelle il donne un chef, et dont la doctrine incorruptible demeurera toujours. D’ailleurs, dans le Credo que ce pasteur récite il est bien question d’une Église. Et, continuant à causer avec cet étrange chrétien : « S’il n’y a plus d’Êglises, lui dis-je, si elles sont toutes pourries, il ne peut y avoir non plus d’enseignement. Pourquoi alors se rassembler dans vos temples? Pourquoi prêche-t-on? D’ailleurs, s’il suffit, comme vous dites, que deux ou trois personnes se rassemblent pour prier, chaque famille peut se réunir à certains jours ; il n’est pas nécessaire qu’on aille à l’église ! — Oh ! non, »

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me dit-il, comme s'il parlait de la chose la plus indifférente du monde, « il vaut toujours mieux (es ist immer besser) appartenir à une Église. — Vous êtes donc d’une Eglise?» lui demandai-je. — « Oui, » dit-il, « je fais partie de l’Eglise évangélique ; mais je vous répète que les noms ne me font rien, je ne m’occupe pas d’Eglises, elles sont toutes pourries; j’enseigne le christianisme, l’amour de Dieu et du prochain d’après l’Evangile. » Seigneur, cet homme, ce prêtre savait-il ce qu’il disait? Je l’interrogeai encore sur quelques points, mais it évitait d’entrer en discussion; et je dois à la vérité de dire qu’il était, sur les premiers siècles de l’histoire, d’une ignorance qui ne peut pas excuser, mais qui peut faire comprendre son apostasie. Et voilà leurs apôtres, voilà leurs conquêtes sur nousl Oh ! nous pouvons le dire hardiment : jamais, non jamais personne n’a quitté l’Eglise catholique que par ignorance, pour quelque intérêt temporel, ou bien pour se livrer à ses mauvaises passions. Ce n’est jamais pour devenir meilleur que l’on abandonne la vérité. — L’apostasie est le plus grand de tous les crimes, je l’ai déjà dit. C’est un épouvantable malheur.

Seigneur, cette famille si vertueuse, dont tous les membres me sont si chers, et au sein de laquelle j’ai trouvé tant de douces consolations, ah! Seigneur, si elle était catholique!.... daignez

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