‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 111 sur 203 · CHAPITRE il · texte numérisé non relu

CHAPITRE il

heur, et je me sentais ému jusqu’à verser des larmes. Oui, j’étais ému, j’étais plein de consolation au milieu de ma tristesse, et je pressentais en quelque sorte une félicité inconnue et comme l’accomplissement de tous mes désirs. Que de fois j’eus envie d’aller m’agenouiller dans un confessionnal ! Oh ! pensais-je, je serais si heureux ! mais je n’étais pas catholique. Dans ces moments bénis où vous entraîniez mon cœur vers vous, aucun protestant, aucun rationaliste n’aurait pume prouver quela confession n’est pas un besoin du cœur. Mais , chose

« que sa mère, sa sœur ou sa tante, ou les seules personnes qui « sont hors de tout soupçon. »

Il serait facile de multiplier les témoignages et de citer les décrets des papes et des cortciles, qui démontrent avec la dernière évidence que le célibat ecclésiastique était en honneur en Occident dans les beaux siècles du christianisme, et qu'on en rapportait l’origine aux apôtres eux-mêmes ; mais je me borne, en terminant, à évoquer une autorité que certes les Grecs ne récuseront pas, celle de Photius lui-même, qui, au IX e siècle, atteste l’existence du célibat chez les Latins.

Quant à l’Église d’Orient, au temps des Àthanase, des Basile, des Grégoire de Nazianze, des Ghrysostome, des Épiphane, d'Eusébe de Césarée, et de tant d'autres illustres personnages que l’Église catholique met au nombre de ses docteurs et de ses Pères, elle était bien éloignée de prescrire ou de conseiller le mariage aux prêtres et aux clercs. Les limites d’une note ne me permettent pas de plus amples détails, et je renvoie le lecteur qui veut s'instruire de ces graves matières, aux sources que je lui ai indiquées et à l’excellent ouvrage du R. P. Rozavcn r de la Compagnie de Jésus : L'Église catholique justifiée.

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élrange! j’avais encore si peu la conscience de ma foi, el je croyais si peu croire, que je me persuadais que ce besoin ne m’était inspiré que par le désir d’être vertueux, et que vous, Seigneur, n’y aviez aucune part. Je ne savais pas encore complètement que le bien, c’est vous-même. — J’ai besoin de vertu, me disais-je, j’ai donc besoin de me confesser, de m’humilier; c’est peut-être un moyen inventé par les hommes. — J’ignore ce qu’est un sacrement ; mais, quoi qu’il en soit, la confession m’est nécessaire pour arriver à mon but. Et c’est ainsi que, sans le savoir, je me prouvais à moimême l’harmonie qui existe entre le besoin du cœur et l’enseignement de l’Eglise. Heureuse, mais singulière inconséquence ! il paraît que mon cœur était déjà subjugué par la vérité, mais que mon esprit se révoltait encore. Je cherchais la perfection, et je ne voulais pas de la foi!

Je retrouve deux des divers fragments que j’écrivis à cette époque. Je crois devoir les copier ; ils peignent mieux que tout ce que je puis dire aujourd’hui, Seigneur, les combats que mon âme éprouvait alors.

Berlin, juin 1841.

« L’homme se sent entraîné d’un côté par ses appétits, el de l’autre par ses besoins spirituels; les uns et les autres lui procurent des jouissances. Lesquel-

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