‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 112 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

les de ces jouissances sont à préférer? Celles que lui donnent ses appétits ne sont pas durables ; et , après elles, il ne reste à l’homme qu’un vide désolant : on devient mauvais. Les jouissances de l’esprit, au contraire, c’est-à-dire la victoire de la volonté, laissent au fond du cœur une satisfaction permanente. Serait-ce parce que l’esprit est impérissable ! Plus on exerce celte volonté, plus on se sent de force; c’est le contraire des jouissances physiques, qui produisent la faiblesse dans un corps périssable. Donc, les jouissances de l’esprit doivent être préférées à celles du corps. Plus on aura vaincu, plus on sera content de soi-même, c’est-àdire heureux. Or , le bonheur est l’objet de nos désirs. »

« Mais on ne parvient à cet état qu’en se spiritualisant ; et quelle est la doctrine qui donne le moyen de se spiritualiser? Évidemment, le christianisme. »

« Les anciens ont naturellement soupçonné la vertu; mais en eux manquait la base ; il leur manquait ce qui donne la force; c’est-à-dire le moyen, l’arme..., la foi; la foi, qui nous dit que les souffrances endurées sur la terre seront récompensées dans le ciel. Il leur manquait l’espérance; cette espérance, qui, appuyée sur la foi, devient certitude; il leur manquait l’amour; en un mot, il leur manquait le christianisme. — Mais le contentement que vous donne ce que vous nommez vertu, n’est qu’or-

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gueil, me dira-t-on, et votre foi n’est qu’illusion. — Je veux bien; mais comment l’orgueil et l’illusion me rendent-ils bon et heureux? »

« Pourquoi suis-je moins tourmenté qu’il y a quelques mois? Serait-ce parce que je me sens plus près de vous, mon Dieu? Je vous en remercie, c’est une grâce spéciale de votre bonté ; c’est pour que je ne me décourage pas dans le désir que j’ai de parvenir au bien. Continuez à me mettre en état d’avancer, de persévérer. Je sais que par moi-même cela est impossible, et je suis heureux de croire que c’est vous qui me donnez le désir du bien. Continuez donc. Seigneur, continuez , je vous en supplie; car, si je me laisse aller aux plaisirs du monde, je m’éloigne de vous, je m’éloigne du souvenir bienfaisant de celle que j’ai perdue, je m’éloigne de ma propre estime, et je suis malheureux. Oh ! soutenez ma résolution; faites que je persévère, et que je sois persuadé que le vrai bonheur consiste dans une entière exécution de vos saints préceptes. Et si je parviens un peu à vous obéir, ôtez de mon cœur l’orgueil et la vanité; que je sois humble , et que je reconnaisse que c’est à vous seul. Seigneur, que je le devrai. »

« Et loi, que la mort m’a ravie, prie pour moi, et du séjour des bienheureux où tu te trouves sans doute, veille sur moi; inspire-moi les idées saines et les idées saintes; obtiens-moi assez de force

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