‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 113 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pour continuer à voir que ce n’est que par leur exécution que je puis parvenir au bonheur durable et vrai qui est la vertu. »

Voilà , Seigneur, ce que j’écrivais à une époque où je ne voulais pas admettre l’intercession des saints ! mais, heureusement, le cœur se venge des écarts de la raison.

J’ai déjà parlé dans cet écrit des avantages de la solitude et des bienfaits que vous avez daigné répandre sur mon âme, lorsque, méditant sur ellemême, elle a pu prendre son essor vers vous, mon Dieu ; et me voici arrivé à une époque de ma vie où, plus que jamais, j’ai éprouvé combien le silence, l’étude et la méditation sont utiles pour nous unir à vous, et pour attirer sur nous les dons de votre grâce.

En quittant Berlin , au lieu de me rendre à Pétersbourg , comme j’en avais formé le projet, j’allai à Boulogne-sur-Mer; et, pendant deux mois que j’y séjournai, vous savez, Seigneur, que mon unique occupation fut la recherche de votre vérité. Hormis quelques heures employées avee mes enfants , je

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passai mes journées seul, ou plutôt avec vous, mon amour et mon bonheur. Combien l’âme s’eflnoblit! combien elle grandit dans cette divine société ! Unie à vous, s’occupant de vous seul, elle se détache peu à peu de tous les liens terrestres pour monter, pour s’élever..., et plus elle s’élève , plus son horizon augmente et s’étend ; bientôt la terre disparaît à ses yeux, et bientôt plus près de vous, elle voit, elle sait, elle sent, elle comprend que vous êtes cette vérité unique dont elle a un si grand besoin, ce bien dont elle a si soif; elle sait que vous êtes l’amour , le bonheur , celte perfection , en un mot, pour qui elle a été créée, cet idéal réalisé devant lequel elle se prosterne et adore.

Pendant le temps que j’ai passé à Boulogne, j’ai lu bien des livres, d’abord ceux dont Théodore Galitzin m’avait parlé, nommément deux ouvrages de Mgr Wiseman et celui du R. P. Rozaven sur l’Eglise russe; puis les Soirées de Saint-Pétersbourg, du comte de Maistre; les Pensées de Pascal ; l’Imitation de Notre- Seigneur , et enfin plusieurs ouvrages des saints Pères des quatre premiers siècles. Ce sont ces derniers livres qui m’ont fait le plus de bien : j’en ai tiré de nombreux extraits, et j’aime à feuilleter ces notes qui ont été pendant longtemps un arsenal où j’allais chercher, et toujours avec succès, des armes pour combattre mes doutes.

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