‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 115 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nommé par sa piété, M. Haffreingue. Mais, ne ie connaissant pas et retenu par une timidité bien naturelle dans ma position, je n’eus pas te courage de lui avouer ee qui m’amenait chez lui, et cherchant un prétexte, je lui demandai un maître de langue latine pour mon fils. Le vénérable ecclésiastique me reçut avee cette bonté que l’on trouve toujours dans les ministres de votre Église ; mais il ne pouvait deviner le but réel de ma visite, et quoique je lui eusse parlé de mes sympathies catholiques, il ne me connaissait pas assez pour me proposer de me confesser. Les choses en restèrent donc là, et je remis jusqu’à mon arrivée à Paris k réalisation du plus cher de mes vœux .

Je crois devoir transcrire quelques-unes des •nombreuses pages que j’écrivis pendant ce séjour à Boulogne. Seigneur, vous savez que c’est pour vous que j’écris ce petit livre, pourvous, ou plutôt pour moi ; car, en m’en occupant, je me sens au cœur plus de reconnaissance, plus d’amour et plus de bonheur. Peut-être personne ne le lira„peut-être en montrerai-je quelques fragments à des âmes égarées qui cherchent le divin bercail.... Oh 1 puissent-elles, comme moi, le trouver et s’y reposer dans vos bras, divin Pasteur!

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Boulogne-sur-Mer, août et septembre 1341.

« Il y a une chose qui doit faire croire au

christianisme : c’est que plus vous avancez dans la carrière du bien, plus votre foi devient forte. Un homme disait un jour à Pascal : « Oh! si j’avais de la foi, combien ma conduite serait bonne ! » — Pascal répondit : « Commencez par vous bien conduire, la foi viendra. » — Cette réponse est sublime de vérité, et peut faire, si l’on veut y réfléchir, plus de conversions que n’en font bien des raisonnements. En effet, si de ce que vous êtes meilleur, vous devenez croyant; si Dieu daigne nous donner la foi comme une récompense et une conséquence de la vertu, qui comprend sagesse, force, charité, enfin tout ce qui peut ennoblir l’homme, il est clair que la foi est ce qu’il y a de meilleur au monde; car, non-seulement elle est une conséquence de la vertu, mais elle engendre la vertu et en est une condition. Et tout cela serait l’effet du hasard? il n’y aurait pas dans cette sublime combinaison une volonté toutepuissante, immuable et pleine de bonté, toutepuissante, puisqu’elle décide ainsi de sa créature ; immuable, puisqu’elle veut que la même cause produise en tous les hommes les mêmes effets ; pleine de bonté enfin, puisque la foi se trouve être en même temps le suprême bonheur de l’homme et

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