‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 116 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sa plus grande récompense ici-bas? C’est en vain qu’on voudrait le nier; ce ne sont pas des paroles, mais de profondes vérités. Donc, la vertu par la grâce de Dieu nous mène à la foi, et la conscience de cette vérité nous conduit naturellement à l’idée de Dieu, qui nous conduit à son tour au christianisme. Oh! soyons vertueux, et Dieu nous fera chrétiens. — Mais il y a des hommes qui pensent que la foi n’est qu’une illusion, et que nous aimons à substituer aux jouissances dont nous prive la pratique de la vertu, un faux bonheur, un feu follet que nous prenons pour la réalité, et auquel nous sacrifions lesjouissances de la vanité et de la chair. Toute la Résignation de Schiller a cette idée pour base. D’après celte philosophie, la vertu ne serait plus qu’un mot et n’aurait pas plus de mérite que le crime. Tout serait donc livré au hasard ou à l’adresse ; tout serait matière, et ainsi l’Être suprême nous aurait créés pour se moquer de nous. Il y aurait néanmoins un Être suprême, car on ne peut se figurer le monde s’étant créé lui-même. Mais cet Être suprême serait le Dieu du mal, du désordre, de l’indifférence et du hasard : or, nous voyons que dans le monde physique tout suit un ordre; et cet ordre n’existerait pas dans le chef-d’œuvre de la création, dans l’homme, dans cette partie de l’homme où gisent sa pensée, sa conscience, sa volonté, son esprit, dans son âme enfin? Non, non, cela ne peut

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pas être. C’est en vain que j’ai cru pouvoir devenir matérialiste. Dès que je réfléchis de bonne foi, tout mon être se révolte à cette pensée; et tous les sophismes ne pourront me prouver qu’il est indifférent, dans l’intérêt de ma vie future, d’être bon ou mauvais. O mon Dieu ! ne permettez pas à celle pensée désespérante de jamais rentrer dans mon cœur ; faites que je sois vertueux et plein de foi ! » « Parfois je me demande pourquoi renoncer au inonde ? c’est peut-être une folie; tant d’autres en jouissent, peut-être n’aurais -je pas la force de persévérer et de mener à une bonne fin cette entreprise si difficile.... Mon Dieu, vous voyez mon cœur et vous savez que ce n’est pas que je veuille le mal, non, mais je me sens faible pour le bien ; je sens moins de chaleur, moins d’amour, moins de reconnaissance, en un mot, moins de foi. Mon Dieu, ayez pitié de moi... ne m’abandonnez pas; revenez, si vous m’avez quitté, revenez habiter mon cœur. Donnez- moi cette ferveur dont je me sens indigne; donnez-moi de nouveau la faculté de vous prier de toute mon âme. Que je ne cherche plus, que je n’examine plus ; tout cela est vain. J’ai beaucoup cherché et je n’ai trouvé que le doute, le remords, le vide ; et depuis que je ne cherche plus, je sens mon âme comme remplie; je ne suis pas dans le port, mais je le vois, et j’espère y parvenir. Bénissez-moi, Seigneur; donnez-moi la force et la foi :

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