CHAPITRE III
chancelants. Quelle fut ma joie, lorsque je lui eus fait ma confession générale ! Malgré le désir que j’en avais depuis longtemps, et, quoique bien préparé, lorsque le moment arriva, je cherchais mille prétextes; je voulais éloigner l’instant de cette douloureuse opération. Enfin, grâce à vous, Seigneur, qui me poussiez malgré moi, j’eus le courage de la subir. Combien elle me fut salutaire ! Je ne dirai pas les émotions que j’éprouvai, ma honte, mon trouble, mon repentir, mes larmes et enfin mes joies ; joies célestes, joies divines ! Je me sentais si léger ; et pourtant je n’avais pas reçu, je ne pouvais pas recevoir l’absolution ; je n’étais pas catholique. Ma joie n’était donc qu’un avant-coureur , qu’un faible pressentiment de celle qui m’attendait plus tard. Oh ! qu’elle est puissante cette voix de la conscience qui nous fait accomplir l’acte le plus pénible et le plus humiliant, qui nous fait accomplir avec bonheur ce qui répugne le plus à la nature ! Ce besoin que nous éprouvons de nous confesser pour devenir meilleurs, n’est-il pas une preuve que la confession est d’institution divine? Je sentais parfaitement qu’elle était un devoir pour moi, et que, sous peine de ne plus goûter un instant de repos, je devais le remplir. Si nous n’étions que matière, s’il n’y avait pas en nous un agent spirituel et fort, si cet agent n’était pas en rapport direct avec vous, si vous ne nous guidiez pas , aurions-
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nous jamais l’idée de nous confesser? Si la confession n’était pas une loi divine, si elle n’était pas un sacrement, aurions-nous , malgré le besoin de l’aveu, le courage de l’humiliation et la constance de la pratique? Non, sans doute. Enfin, ce fait, que la religion catholique est la seule qui ait conservé la confession dans toute sa pureté ; ce fait n’est-il pas la preuve qu’elle seule est vraie, qu’elle seule est divine ? On m’objectera, je le sais, l’Église grécorusse; mais qui ignore que la confession que l’on y fait une fois tous les ans, entre les mains de prêtres mariés et privés de juridiction, n’est plus, à vrai dire, qu’un simulacre de sacrement? La parole peut être la même que dans notre Église, mais l’esprit n’y est plus. Or, la parole tue, et l’esprit vivifie. Aussi est-il impossible que la confession de nos frères séparés fasse un bien réel et durable; car il y a une grande différence entre être touché un instant par le désir du bien, et persévérer dans la pratique de la vertu et de la charité. Quant à la confession catholique, c’est un nouveau baptême ; elle régénère, elle ravive l’homme; et, je le répète, ce n’est que depuis ma première confession catholique, que je me suis senti complètement changé.
L’Église grecque séparée, on le sait, a presque tout ce que possède l’Église catholique, mais elle l’a à l’état de mort , et son enseignement ne peut vraiment contenter que ceux qui cherchent la forme