CHAPITRE III
sans s’occuper du fond. Quant à l’enseignement catholique , il est si logique et si conséquent ; sa pratique est si bienfaisante et si pleine de consolations ; celte religion, en un mot, est un guide si sûr pour arriver à la vertu, que je ne conçois pas qu’on hésite à l’embrasser quand on a le désir de pratiquer le bien. Et ceci, — je ne crains pas de le dire à vous, mon Dieu, qui connaissez le fond de mon cœur, — j’étais, en quelque sorte, catholique avant d’être entièrement chrétien. El ce n’est point un paradoxe ; car j’avais encore des doutes sur les vérités fondamentales du christianisme, que je n’en avais plus sur l’autorité du catholicisme. Admettons un instant, me disais-je, la vérité de l’Évangile , et il n’y a plus qu’une religion chrétienne, et, certes, c’est la religion catholique. Je concevais le déisme, le matérialisme et le scepticisme si inconséquent, si absurde ; mais je ne comprenais pas qu’on restât protestant ou grec ; car je voyais que l’autorité et l’unité, ces conditions indispensables de la vérité, n’appartiennent qu’à l’Église universelle. En effet, Seigneur, vous dites : mon Église et non pas mes Églises. D’ailleurs, l’Église doit conserver la vérité; or, la vérité est une; donc, l’Église ne peut être qu’une. Si toutes les Eglises enseignaient la même chose sous un même chef, comme dans les premiers jours du christianisme, elles seraient toutes divines, elles seraient toutes «ne, comme le sont encore
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toutes les Eglises particulières qui composent l’Eglise catholique, comme sont tous les membres d’un même corps. Il y aurait alors unité; mais comme elles enseignent des choses différentes , opposées même -, il est évident que toutes, hors une seule , sont dans le faux. Les protestants prétendent que , pour appartenir à votre Eglise, il suffit de croire en vous. Seigneur Jésus-Christ; mais ils oublient que, croire en vous , c’est croire à votre saint Evangile, à votre sainte parole; ils oublient que c’est à saint Pierre que vous avez confié votre troupeau , et que, pour être du même bercail, il faut avoir le même pasteur. Quant à l’autorité qu’ils nient, ne l’avez-vous pas établie par ces paroles : « Que, s’il ne les écoute pas non plus, dites-le à l’Eglise , et , s’il n’écoute pas l’Eglise, regardez-le comme un païen et un publicain? » (S. Matthieu, xvm, 17.) Vous avez donc donné une autorité à l’Eglise; vous ne nous avez pas ordonné de nous plaindre à vous, mais à l’Eglise. Vous reconnaissez une Eglise visible à laquelle on doit se plaindre , qui doit juger, c’est-à-dire qui a l’autorité. Et s’il n’y a qu’une Eglise, peut-elle être autre que l’Eglise catholique? La catholicité n’est-elle pas un des caractères de la vérité, comme l’unité et l’autorité? D’ailleurs, votre Eglise est la seule qui croie à sa propre autorité, la seule qui ose la proclamer. Et , maintenant, où, et dans qui réside cette autorité? Car, évidemment,