‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 121 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

il faut qu’elle réside quelque part : donc, il faut un chef visible. La seule société qui croie à cetle vérité, ai-je dit, la seule qui la mette en pratique est l’Eglise catholique ; aussi est-elle la seule, indépendante du pouvoir temporel, en tout ce qui concerne sa juridiction pour les intérêts des âmes. Toutes les autres sociétés chrétiennes sont soumises au joug d’un prince ; l’Eglise catholique seule a un chef qui peut dire à tel évêque, à tel prince, à tel peuple : «. Vous n’êles pas dans la vérité, vous ne faites plus partie de l’Eglise. »

Mais, dira-t-on , chaque Eglise séparée jouit , à l’égard de scs sujets, du même droit d’excommunication que le pape à l’égard des siens. D’abord , cela n’est pas ; car là où il n’existe pas d’autorité, il ne peut y avoir de sujets; et quand même une Eglise séparée prétendrait à l’autorité, qu’en feraitelle, n’ayant pas la faculté de l’exercer, et étant obligée d’en référer au prince temporel pour toutes ses décisions? Je ne parle pas ici des protestants qui, par cela même qu’ils se croient en droit de protester, annulent l’idée d’autorité ; mais de l’Eglise russe, que quelques personnes peu instruites regardent comme la rivale de l’Eglise catholique. Où est son autorité? Entre les mains d’un évêque, d’un synode, d’un patriarche?... Mais qui, d’entre mes compatriotes, ne serait pas obligé d’avouer, que , séparée de l’unité, elle aussi a dû nécessairement

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être absorbée par le pouvoir séculier? En effet , qu’un évêque, appartenant à l’Eglise russe, tombe dans quelque nouvelle hérésie et qu’il y entraîne son diocèse ; qui le ramènera ou le condamnera ? qui maintiendra l’unité du dogme? Il y aura un diocèse hérétique, prétendant être dans la vérité et faisant partie de cette unité grecque qui, du reste, n’est que nominale. N’en voyons-nous pas un exemple frappant dans les nombreuses sectes de l’Eglise russe?

Dans l’Eglise catholique, au contraire, qu’un évêque fasse un schisme , aussitôt il sera, ou ramené par son père, ou condamné par son juge ; il sera traité comme un païen et un publicain ; il sera jeté dehors , et l’unité subsistera sans que le dogme ait souffert. Oui, tout homme de bonne foi doit comprendre que la papauté est la seule garantie de vérité et de liberté. Sans elle nous serions retombés dans la barbarie, ou plongés dans la civilisation matérielle des Chinois. Le catholicisme seul peut mettre en pratique cette divine parole : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. »

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