‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 129 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

nus égoïstes et orgueilleux, ils out brusquement rompu avec vous, avec le bien, avec le bonheur, et ils sont instantanément tombés dans le mal qu’ils avaientune fois choisi pour toujours. Leur béatitude dépendait de ce fait, de ce choix unique; ils sont tombés dans tout ce qui vous est contraire; ils ont rompu avec la lumière, avec la vérité, avec l’être ; ils se sont précipitésdans l’erreur, dans les ténèbres, dans la mort; et ils se sont créé un malheur sans retour, s ans repentir, un malheur indépendant du temps, un malheur éternel, l’enfer!

L’enfer; oh! comme cette parole choquait ma raison ignorante et superbe ! Et pourtant, il est bien naturel que la créature libre qui refuse de s’unir à vous, soit séparée de vous ; que la créature qui ne veut ni amour ni bonheur, soit dans la haine et dans le malheur. Est-il surprenant que lorsqu’on s’éloigne de la lumière, on soit dans les ténèbres?

Quant à l’homme, puisque son choix se prolonge dans le temps et que sa vie est un voyage plus ou moins long vers l’éternité, vous l’avez mis en état de se repentir, et vous lui avez accordé la grâce de la rédemption. Que si, malgré vos bienfaits, il veut encore se perdre, est-ce vous, mon Dieu, que nous devons en accuser ? Alors perdu, damné pour toujours, il se trouve dans l’état de l’ange déchu ; il s’est ôté à jamais la faculté de vouloir le bien.

Aujourd’hui, je le comprends; mais à celte épo-

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que l'éternité des peines, pour des fautes que je nommais temporelles et passagères, choquait ma raison. Je ne savais pas que le péché commis contre vous prend quelque chose d’infini de votre infinité même. N’est-il pas vrai que plus un être est élevé, plus l’offensé est grave, et plus il est pur, plus l’impureté le blesse? Je ne savais pas que, si l’éternité du paradis est en harmonie avec la perfection de votre amour, l’éternité des peines doit l’être avec la perfection de votre justice ; et que, pour que l’ordre soit parfait, et que votre action soit manifeste, il faut que votre perfection se montre également dans votre justice comme dans votre amour. Certes, si la sainteté nous rend semblables à vous, comme dit saint Jean, et si dans le ciel nous devons être participants de votre nature, il est clair que l’opposé de la sainteté doit nous séparer complètement et pour toujours de vous. Non, non; vous n’êtes plus avec celui qui se livre sciemment au péché ; votre image, qui à l’époque de son innocence l’éclairait et l’embellissait, n’est plus en lui; le désir, l’amour du bien, la paix, la joie, en un mot, cette divinité qui est la vie et le bonheur, tout cela n’y est plus. Le pécheur vous a tué en lui; il a renouvelé dans son âme le déicide du Calvaire, et il vous hait, car il hait le bien; sa vie n’est plus, dès lors, qu’un continuel sarcasme, un long blasphème, un ehfer sur la terre. Certes, vous l'appelez encore et

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