‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 131 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Ils se sont tous dissipés devant la vérité, et aujourd’hui la foi me fait aimer ces divins mystères. Je sais que tout ce que vous avez ordonné est nécessaire pour la justice en particulier , comme pour l’harmonie générale ; je sais que vous avez créé l’homme à votre image et à votre ressemblance ; je sais que vous avez trouvé votre création très-bonne, et je ne puis que m’écrier : « Gloire à vous dans le temps et dans l’éternité ! Gloire à vous, Dieu caché, dont les mystères sont impénétrables! » Oui, je sais que tout ce qui vient de vous est juste , que tout est amour. Je le sais bien mieux que l’enfant qui sait qu’il est aimé de sa mère ; bien plus que le malade qui sait que son médecin veut le sauver. C’est avec bonheur que j’ignore, et je serais même malheureux de tout savoir , car alors je n’aurais plus besoin de la foi qui est l’épreuve du chrétien. D’ailleurs, je l’ai déjà dit, le fini, l’imparfait peut-il juger, peut-il comprendre l’être parfait et infini ?

Le chrétien , comprenant que le mystère est indispensable, comprend aussi qu’il doit se résigner à ne pas savoir, comme il doit se résigner à souffrir, comme il doit se résigner à mourir. Il sait , d’ail-

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leurs, qu’ici-bas tout est mystère. Comprenons-, nous la souffrance ? comprenons-nous la mort ? comprenons-nous l’existence? Non, sans doute; et pourtant, à moins d’être insensé, on ne se révolte guère contre les lois ordinaires de la nature; on accepte ce que l’on ne peut refuser, en se disant : « Il en doit être ainsi ; c’est un ordre établi. » La seule voie de la sagesse est donc la résignation; mais pour se résigner à ce qui nous arrive de pénible, pour se résigner quand on sent en soi la révolte , en un mot, pour se résigner en chrétien, il faut être humble ; car l’humilité ne cherche pas à comprendre , elle ne veut rien expliquer, elle ne conteste jamais, elle est contente de tout. Heureuse d’ignorer, parce que vous le voulez ainsi, elle ne demandé pas de savoir ; aussi , vous l’éclairez parfois d’une lumière ineffable. Oh ! comme cette lumière brille avec plus d’éclat que tous les feux follets de la science humaine ! Celle-ci travaille, dispute , s’aigrit, s’irrite...; en sait-elle davantage ? Non; et le savant du siècle, ne voulant pas reconnaître qu’il n’y a de vérité qu’en vous, ne voulant pas chercher humblement la vérité par le perfectionnement de lui-même, reste incrédule et aveugle; et cela doit être ; car, au lieu de concentrer sur vous seul tous les rayons de son âme, il les dissémine sur mille objets, et par cela même voit plus mal. Alors, dans son obscurité, il doute ou il nie ; en tous cas, il se

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