‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 136 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

aujourd’hui concevoir une idée. Et, qu’ils ne se fassent pas illusion ; la branche séparée du tronc ne peut végéter qu’autant qu’il y reste de la sève : cette sève desséchée, il faut que la branche périsse. Surtout, qu’ils ne se consolent pas en répétant toujours que ce qui nous sépare est si peu de chose, qu’il ne vaut pas la peine d’en parler. Erreur et préjugé funeste! en fait de dogme tout est essentiel. Ah ! le vaisseau qui [échoue près du port ne se perdil pas comme celui qui a sombré en pleine mer? Non, ce qui nous sépare est un abîme, mais un abîme que l’on peut facilement franchir; le grand pas à faire est de reconnaître l’unité et l’autorité : l’autorité de ce tribunal auguste qui commence au Cénacle de Jérusalem etsiége encore àSaint-Pierre de Rome. Mais non, les Russes préfèrent placer l’autorité dans un synode sans indépendance, né d’hier et inventé par un prince temporel. Ah ! Pierre le Grand, ce vaste et puissant génie, avait-il mission pour constituer les choses de l’Eglise? Où étaient ses droits à la succession des apôtres? Et ce synode, je m’adresse à la bonne foi de mes compatriotes, est-il un seul parmi eux qui croie à son autorité, à son infaillibilité? Non, certes. Or, peut-on exiger qu'un être dôué d’intelligence se soumette volontairement à une autorité qui pourrait errer? L’infaillibilité est la condition nécessaire de la sûreté, de la certitude, de la foi. Or, cette infaillibilité.

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l’Eglise catholique seule la possède, les catholiques seuls y croient.

L’autorité de l’Eglise une fois reconnue, mes chers frères séparés n’auraient plus de difficulté à se réunir à nous dans les deux points qui nous séparent: ils admettraient le purgatoire, auquel ils croient par le fait; et la procession du Saint-Esprit, question qui, à vrai dire, n’est souvent qu’un malentendu de leur part (1).

En effet, il est de foi que ni les Apôtres, ni les Papes, ni les Conciles n’ont jamais ajouté à la révélation ; mais l’Eglise, quand elle le juge nécessaire, constate un dogme, le définit, le déclare. C’est ce qui a eu lieu par rapport à la fameuse addition du Filioque au symbole. Ce n’était nullement une nouveauté profane, car l’Ecriture et la Tradition renferment cette grande vérité. Qu’on lise l’Evangile; on y verra que vous enseignez, Seigneur, que l’Esprit-Saint reçoit tout du Fils aussi bien que du Père, et que le Fils lui- même envoie l’Esprit de vérité. (Évang. de saint Jean, xv.i, 14; xv, 26.) L’Esprit- Saint procède donc du Fils aussi bien que du Père. L’Evangile nous l’enseigne clairement; les paroles de Jésus-Christ sont là, et celte croyance est arrivée intacte jusqu’à nous. Les protestants eux-mêmes,

(1) Voir les Études de théologie, de philosophie et de morale, par les RR. PP. Charles Daniel et Jean Gagarin, tome 11.

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