‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 137 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ces grands démolisseurs, ces destructeurs de la Tradition, n’ont pas osé toucher à ce dogme : et si Photius y a porté sa main sacrilège, personne n’ignore que ce fut parce que son ambition cherchait un prétexte pour secouer le joug si doux de saint Pierre. Dans sa fameuse lettre au patriarche d’Aquilée, qui lui-même était schismatique, Photius cite un grand nombre de docteurs, qui avaient récité le symbole sans cette addition. Personne ne le nie; mais de ce qu’avant le concile de Nicée on avait récité le symbole sans la parole consubstantiel, oserail-on conclure que les trois premiers siècles n’ont pas cru à la consubstantialité du Verbe? Mais c’est précisément parce qu’on croyait à la chose, qu’on a ajouté la parole. Eh bien ! il en est de même pour l’addition du Filioque à l’égard de la procession du Saint-Esprit. Elle fut faite pour déclarer la vérité contre une hérésie qui niait ce qu’admettait toute l’Église.

Et c’est ainsi que tombe, devant la vérité historique, tout l’échafaudage des fourberies de Photius de si triste souvenir, et dont je ne crains pas de flétrir la mémoire. Ah! quel mal il a fait!!... C’était un homme habile sans doute, d’un esprit subtil, l’homme, peut-être, le plus savant de son siècle; mais que sont tous les dons de la nature, quand la volonté les dirige vers le mal? Le démon n’est-il pas un esprit adroit et subtil, n’est-il pas savant?

RETOUR

Premier écuyer de l’empereur, Photius voulut devenir patriarche; il voulut être le digne successeur de tant de mauvais ambitieux, d’Anatole, d’Acace, d’Euphémius, et de bien d’autres qui avaient souillé le siège patriarcal de Constantinople. Hélas! il réussit, il est nommé patriarche; mais pour parvenir à cette dignité, que de crimes, que de cruautés il entasse ! On dépose saint Ignace, on l’emprisonne, on le jette dans un cachot infect, on le frappe, on le torture ; saint Ignace que les Grecs eux-mêmes nomment saint! Oh! cette histoire m’inspire l’horreur et le dégoût ! Les fourberies de Photius sont telles que, pendant quelque temps, d’épaisses ténèbres couvrent tout l’horizon ; mais bientôt la vérité se fait jour. Saint Ignace est rétabli sur son siège patriarcal, et Photius, déjà plusieurs fois anathéroatisé, l’est de nouveau par Jean VIII, et il est enfin relégué dans un couvent, où il termine sa honteuse existence. Et ce serait là le fondateur que l’Église russe préférerait aux hommes apostoliques qui lui ont prêché la vraie foi !

Avec la chute de Photius disparut le schisme, et l’Eglise vit renaître la paix dans la sainte unité. Mais, cent cinquante ans plus tard, vers le milieu du xi* siècle, un homme médiocre, Michel Cérulaire, étant patriarche, le schisme éclate de nouveau et se consomme. Oui, la robe de Notre-Seigneur fut déchirée. Hélas ! elle l’est encore ; mais il est

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