‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 142 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

n’avoir pas assez de foi, surtout quand je me comparais à mes deux amis. Oh ! qu’ils soient bénis pour le bien qu’ils m’ont fait ! Des doutes affreux, des restes de mon ancien scepticisme venaient parfois se jeter entre mon bonheur et moi; tantôt c’était une voix séduisante, comme la voix d’une sirène, qui venait exciter mon orgueil ou flatter mes sens; tantôt le découragement s’emparait de mon cœur; alors je regrettais le mal que j’avais aimé ; puis, je m’effrayais de ces regrets, puis je le regrettais encore : en un mot, mon harmonie intérieure était troublée. — « Eh bien! me disait alors le prince Galitzin avec une douce et bienfaisante ironie, eh bien ! abandonnez la prière, quittez toute pratique, soyez enfin ce que vous étiez autrefois. » — Et la paix rentrait aussitôt dans mon âme : je sentais qu’il avait raison, et chaque fois qu’il employait cet argument, le bien triomphait. Oui, mon Dieu, je le dis et ne saurais assez le redire, tout ce qui m’arriva fut pour mon bien ; et s’il y a eu une victime ici-bas, ah ! elle n’est pas à plaindre, je l’espère. Oui, la mort de ma femme, les circonstances dans lesquelles cette mort m’a placé, la maladie de ma fille, et les événements qui se sont, pour ainsi dire, groupés autour de mon existence en si peu de temps, tout, en un mot, n’a eu qu’un but à mon égard, mon salut !

RETOl R.

Dans le courant de l’année 1842, j’eus le bonheur de me trouver en relation avec plusieurs prêtres qui m’inspirèrent pour la religion catholique encore plus de respect et d’amour que je n’en avais. Est-il possible de trouver ailleurs ce zèle, ce dévoûment, cette charité, qui distinguent ses ministres? Et cela ne suffit-il pas pour prouver que l’Église catholique est la seule Épouse de votre Christ? Je crois vous devoir nommer particulièrement, ô mon Dieu 1 le R. P. de Ravignan, cet apôtre, mille fois béni, dont vous vous êtes servi pour détruire jusqu’à la racine des derniers doutes qui restaient dans mon cœur. Je voudrais pouvoir vous dire toute la reconnaissance dont je me sens pénétré pour lui; mais ce serait impossible, et pourtant je sens que celte reconnaissance est bien faible en comparaison de celle que je devrais éprouver.

C’était bien votre grâce qui me guidait, lorsque pour la première fois j’allai chez lui, comme entraîné par la vérité, par la magie de sa parole. Je ne l’oublierai jamais ! C’était pendant la semaine

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