CHAPITRE III
connu, qu’il demande celte vérité dont il a besoin, ce bonheur qui est son rêve oh ! qu’il le demande, qu’il le cherche... qu’il essaye... Oui, qu’il essaye d’être meilleur, d’être humble; qu’il en fasse l’épreuve, je l’en conjure, et bientôt il sera heureux, heureux par le bien. Car en nous, il y a autre chose que l’esprit, il y a le cœur qui veut être content, et qui a le droit de l’être ; c’est pour cela qu’il a été créé. Eh bien ! le contentement du cœur, ce bonheur si calme que je sens en moi, jusque dans les moments de la plus affreuse douleur, Seigneur, je l’ai obtenu par la foi et par la prière. Aussi, je répète sans cesse : Gloire et reconnaissance éternelle à vous, mon Créateur et mon Dieu; mais gloire et reconnaissance aussi à la créature qui, entre vos mains, a été l’instrument de ce bonheur ! Amen.
J’en suis venu enfin à l’époque de mon abjuration ; mais, avant d’en faire le récit, je crois devoir nommer les autres personnes dont les lumières et la charité ont plus ou moins aidé, ou hâté ma conversion. Ce sont d’abord des ecclésiastiques :
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MM. Dupanloup, Bautain, Desgenetles et Bossuet; puis madame Swetchine, M. Pierre Yermoloff et le pieux et zélé vicomte de Girardin, aujourd’hui au séminaire de Saint-Sulpice. Les prières ferventes de ma mère, alors absente de Paris, celles de bien d’autres âmes charitables, et surtout celles de l’Archiconfrérie du Saint et Immaculé Cœur de Marie m’ont été d’un grand secours. Douces et saintes soirées de Notre-Dame des Victoires, que mon cœur ne vous oublie jamais !
Je crois devoir encore mentionner ici la conversion d’un jeune Rpsse qui était à Paris depuis sept à huit mois. Cette conversion, qui eut lieu en novembre 1842 , me fut d’un effet très-salutaire. Ce jeune homme avait suivi avec moi les prédications du R. P. de Ravignan, à Notre-Dame, et bientôt touché de la grâce, il vint me dire qu’il voyait clairement que la vérité est dans la religion catholique, et qu’il avait un violent désir de l’embrasser; mais qu’il ne se sentait pas le courage d’affronter tous les dangers d’une abjuration. Sur quelques observations que je m’empressai de lui faire à propos des dangers bien plus réels qu’il y avait pour lui de rester dans une Église à laquelle il ne croyait plus, ce jeune homme me répondit : « Vous avez raison, je le sais, mais l’énergie me manque; je ne me sens pas le courage de sacrifier mon avenir temporel à ma conviction. Si j’étais mourant, je