DEUXIÈME PARTIE
dévoûment ne vous laisseront jamais sans les témoignages de mon zèle persécuteur et de ma confiance en votre fidélité. »
Paris, 31 août 1852.
« Votre lettre du 24, quelque courte qu’elle soit, m’a fait le plus grand plaisir, mon bien cher comte. Je me plaignais déjà intérieurement du long intervalle qui s’était écoulé depuis que je n’avais eu de vos nouvelles. J’ai besoin d’en recevoir souvent.
« Oui, nous demanderons avec ardeur à Dieu le don de persévérance ; certes, c’est bien de lui seul qu’il faut l’attendre. Notre faiblesse nous tient toujours suspendus, comme vous le dites, au bord de l’abîme. La distance du bien au mal est en soi immense, presque infinie; pour nous, elle est de l’épaisseur d’un cheveu ; nous pouvons à chaque instant la franchir ; aussi , comme nous devons admirer et célébrer l’œuvre de notre sanctification intérieure , œuvre si laborieuse , si pénible , et en même temps si douce , si glorieuse ! Voilà ce que nous sommes : l’union des deux extrêmes; mais Jésus-Christ a vaincu pour nous , et il faut prendre part à sa victoire. Vous le savez , mon bien cher comte, la plus constante assiduité à nos oraisons et communions est notre arme la plus sûre. Nous irons en bas si nous ne montons en haut, bien haut. Telle
est, d’ailleurs , l’économie de la Providence à l’égard de certaines natures; elles ne comportent pas un certain milieu. — Ou la sainteté ou le crime. . . . . . . Que le cœur de Notre-Seigneur vous remplisse de l’abondance de ses grâces !
« — La pensée de vous revoir au mois d’octobre me rend heureux. Oui, vous me trouverez à Paris. Je suis toujours muet, voué au silence le plus absolu et à la solitude, complète, l’état de mon larynx l’exigeait; je crois qu’il s’améliore
Adieu, adieu, mon cher et véritable ami, demandez au bon Dieu qu’à votre retour je puisse vous parler sans restriction de tous les sentiments que mon cœur vous a voués. »
Paris, 17 novembre 1853.
« Hier, enfin, mon bien cher comte, et après six ou sept semaines d’attente, j’ai eu de vos nouvelles par notre excellente madame de Gontaut. Je vous avais écrit à Bade après votre dernière lettre. Je ne sais si cette réponse vous a atteint quelque part. Mais je sais aujourd’hui votre adresse, et je me hâte de vous faire parvenir ma plainte et mes désirs. Comment donc m’avoir négligé si longtemps? Je suis apparemment trop égoïste et trop exigeant; pardonnez-moi. Au moins , je puis vous le dire ,