‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 164 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

milles étaient en deuil, sans doute, mais jamais une plainte; Tamoul de la patrie savait vaincre la douleur. C’est que chez nous ce mot de patrie a un effet magique ; le sentiment gouverne encore nos jeunes populations, et le nom du Seigneur, se mêlant à celui de la Russie et de son souverain, fait palpiter nos cœurs; il fait des braves de nos citoyens, des héros de nos soldats. Ah ! si ce peuple était catholique, que ne ferait-on pas d’hommes qui ne craignent pas le sacrifice et dont le dévoûment est un besoin du cœur ?

Oui, notre union avec la France nous sera profitable; avec la France, cette fille aînée et bienaimée de l’Église ; avec la France qui, du sein de ses ruines et par un mouvement spontané renaît aujourd’hui à la foi pour marcher d’un pas intrépide en répandant partout la vérité ; avec la France, au sein de laquelle sont nées les trois plus grandes institutions religieuses de ce siècle : l’Œuvre de la propagation de la Foi, la Société de Saint-Vineent de Paul et PArchïconfrérie du très-saint et immaculé cœur de Marie. Je peux ajouter Tordre des Petites-Sœurs des Pauvres, ces filles héroïques qui se lient non par le vœu de la pauvreté, mais par un vœu de misère , ordre mendiant par excellence, et que les populations accueillent avec transport. Ce sont là des faits qui parlent bien haut et qui prouvent les ressources de cette grande nation. Malgré

Vin crédulité ou l’indifférence qui gangrène les masses dans quelques provinces, et dont s’effrayent les gens de bien, il existe encore dans cette noble terre de France une énergie qui la sauvera et la rajeunira. Voyez ce qui s’y passe : les églises se relèvent et s’embellissent; le clergé est instruit, zélé et dévoué; les ordres religieux, ce nerf du christianisme, reparaissent de tous côtés. Et puis, ici, la vérité ne pactise pas avec l’erreur ; deux camps sont en présence; deux armées s’observent, se mesurent et combattent. C’est la vie. l)’un côté est la haine, de l’autre la charité. A qui des deux restera la victoire? Le bien,, en définitive, ne remportera- t-il pas sur le mal, n’est- il pas le plus fort ? Enfin un dernier symptôme : le respect humain diminue. On ne craint plus de se montrer chrétien. Oh ! qu’il est beau de voir des hommes du monde donner la main à des prêtres et à des religieux, et cette armée pacifiqiue s’avancer à la conquête de l’univers sous l’étendard de Marie, et sous la bannière de la croix !

Mme, si j’admirais le courage et l’héroïque constance de mon- pays, combien j’étais affligé du spectacle déplorable que présentent les- suites funestes » de l’erreur religieuse» Dans le peuple, dans ce peuple si bon, les sectes fourmillent. L’erreur naît de l’erreur. Dans les hautes classes la foi diminue avec rapidité,- et chez un grand nombre elle rfest

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