DEUXIEME PARTIE
mon cœur s’émeut d’admiration, de douleur et d’amour!
Ce fut à l’Oratoire de l’Immaculée-Conception que je reçus l’hospitalité de la science et de l’affection religieuse. Le R. P. Petétot, supérieur de cette maison, avait été mon premier guide, lorsque les portes de l’église allaient s’ouvrir devant moi; c’était encore chez lui que je devais être initié aux études sacrées. Je passai quelques mois au milieu de ces fils dévoués de Saint-Philippe de Néri, chez lesquels l’amour remplace le vœu ; et je pris dans leur sainte maison non-seulement le goût de la théologie, mais encore celui de la règle et de la vie commune. Oui, j’étais édifié et reconnaissant, mais Dieu m’appelait ailleurs ; il me fallait un joug, il me fallait les vœux ; et pourtant j’en étais encore si peu certain, qu’en quittant Paris, au moment des vacances, je demandai au R. P. Petétot la permission de revenir dans le mois d’octobre conti nuer mes études chez lui.
Non, je n’étais sûr de rien. Oh! comme je priais; comme je demandais la lumière ! C’était une époque de trouble ; la grâce combattait en moi : tantôt avec moi, tantôt contre moi; car je voulais et je ne voulais pas. Oui , je demandais la lumière, je la demandais avec foi; et, un jour, devant un autel de la sainte Vierge, je sentis, dans le fond de mon cœur , qu’elle me serait donnée. Cette assurance
me calma pendant quelque temps ; mais bientôt les doutes revinrent. Oh ! j’aurais voulu un signe qui me donnât la certitude que j’étais appelé ! J’ignorais alors que là où l’on se conduit par certitude , par évidence , ce n’est plus la foi qui agit ; et que la foi est indispensable pour le mérite de presque toutes les œuvres surnaturelles.
En terminant ce chapitre , je crois devoir faire mention de deux femmes dont la pieuse amitié a été pour moi une source de consolations dans mes divers séjours à Paris. On a déjà vu leurs noms dans cet écrit : madame Swetchine et madame la comtesse de Gontaut-Biron. Je connaissais la première dès ma plus tendre enfance ; elle avait été l’amie la plus intime de ma mère, et près d’elle j’avais trouvé, à l’époque de ma conversion, les conseils d'une' haute intelligence et d’un cœur dont elle cachait trop soigneusement les trésors. Tous les éloges que je pourrais faire de cette femme accomplie seraient superflus; des voix éloquentes en ont dit les vertus. Mais ce que je ne veux pas taire, ce sont les témoignages de son affection; j’aime surtout à me rappeler que plus d’une fois elle m’a dit : « Quand vous êtes à Paris, je me sens plus tranquille ; il y a dans votre présence quelque chose qui me rassure. Je voudrais vous voir près de moi au moment de ma mort. » Dieu ne l’a pas permis. Quant à madame de Gontaut , je ne saurais non plus exprimer