DEUXIÈME PARTIE
Dieu, examinons comment nous pourrons nous établir dans le milieu qui nous convient.
« Maintenant vous avez la mission et la garde du père dévoué à sa pauvre enfant.
« Il faut donc renoncer à nous voir dans ce moment. Je conçois aussi la raison de prudence, mais dans deux ou trois mois , par exemple, ne serezvous pas libre de résider où vous voudrez? J’avoue que j’admettrais difficilement une impossibilité permanente.
« Je retourne à Paris lundi prochain ; quelques devoirs m’y rappellent, et ce sera pour y rester désormais. Comme nous aurions été libres de nous voir et de causer à cette époque de l’année !
« Adieu, cher et bien cher comte. Je bénis votre malade dans toute l’effusion de mon cœur , et je vous embrasse tendrement , comme mon meilleur ami. »
Paris, 12 septembre 1854.
« Mon bien cher comte...... vous êtes donc maintenant à Genève. Fasse le ciel que le changement d’air consolide le mieux de la santé de votre chère enfant, et qu’elle revienne enfin à son état ordinaire ! Dieu nous enseigne
par tous les moyens la soumission à sa volonté, et la foi en sa puissance. Que pouvons-nous, hélas!
pauvres créatures, sinon nous résigner et attendre? Au reste, vous le savez très-bien , tout pour nous est moyen.
« Vous êtes toujours préoccupé de votre avenir et du besoin de trouver un port où vous vous reposiez à l’abri des influences du monde. O mon cher comte! que Dieu vous donne sa lumière etsapaix! Nous aurons, j’espère, l’occasion de causer à loisir de votre âme et de vos pensées. Pour votre sanctification, je puise dans l’expérience du passé la conviction qu’il vous faut un milieu religieux et une
part d’action dans des œuvres de charité ! Il
faudra tout mûrir dans la retraite : quand la ferezvous? Attendons et prions.
« Adieu, mon bien cher et tendre ami : je vous bénis dans toute l’effusion de mon cœur. Vous me connaissez tout dévoué à votre âme pour ma vie. »
Paris, 30 novembre 1854.
« Mon bien cher comte, la permanence de votre pensée et la direction fidèle des désirs de votre cœur vers un état de perfection me semblent une action de la grâce. Je me sens incliné , sans l’affirmer intérieurement encore, vers ce grave parti qui vous est montré comme un port de salut. Oui, convenez humblement avec le Seigneur que vous lui demanderez à Pâques, à Rome, une dernière et so-