‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 170 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

lennelle décision. Je l’avoue, cependant, je voudrais beaucoup vous voir pour ce moment qui fixerait votre vie. Les idées qui se présentent à vous pour un avenir possible, me paraissent aussi assez justes. Je crois qu’une congrégation , comme l’Oratoire, par exemple, pourrait vous convenir. Vous y trouveriez la vie religieuse, moins les vœux , le sacerdoce, le travail et le zèle. Vous savez que le P. Petétot, les PP. Gratry et de Valroger ont ressuscité sous une forme nouvelle et avec de nouvelles garanties la Société des Oratoriens en France. Ils m’inspirent une entière confiance. C’est une sainte et religieuse entreprise. Vous pourriez l’examiner de près. Les congrégations analogues des autres pays vous conviendraient-elles également? C’est ce que je ne saurais bien dire.

« Vous avez raison de regarder pour vous déterminer, plus haut que la terre, plus loin que la famille.....

« Vous vivez en Dieu et pour Dieu. Mais ce n’est encore là qu’une hypothèse : priez, attendez et priez toujours. Mes vœux vous accompagnent fidèlement.

« Adieu; dans le cœur de Notre-Seigneur, nous nous retrouvons. Vous savez comme je vous suis fortement attaché et intimement dévoué. »

Paris, 15 janvier 1855.

« Mon bien cher comte, l’excellente madame de Gontaut me communique votre bonne lettre écrite à M. de Lambel.

« Je trouvais le temps long depuis vos dernières nouvelles; mais vous avez été malade vous-même; et comment ne le seriez-vous pas? Quelle croix et quelles épreuves à vaincre! oui, c’est le cas de rappeler le cri énergique de Job : — Scio quod Redemptor meus vivit et ex carne surrecturus sum. — Jésus- Christ vit et je ressusciterai. Ici-bas la douleur, les angoisses, les tribulations : Seigneur, bientôt votre vie et votre résurrection. Que mon âme se purifie au creuset des afflictions, pour s’élever ensuite plus libre et plus forte jusque dans le sein de Dieu même. Et après tout, cher comte, ne faut-il pas lever les yeux et le cœur en.

haut? . . .

« Quand votre pauvre enfant sera mieux, venez

nous voir

« Adieu sur la croix, cher comte, adieu! — Priez et espérez !

« Je vous donne mon cœur avec tout ce qu’il a de meilleur ! »

Paris, dimanche 4 février 185S.

« Mon bien cher ami, j’ai reçu votre touchante lettre du 26 janvier, et je veux y répondre un mot avant d’entrer en retraite; car, je la commence aujourd’hui. Pour huit jours, je serai en solitude» pensant à vous, vous aimant du fond du coeur et conjurant Notre-Seigneur de vous donner la lumière de la paix.

« Vous allez donc visiter votre famille spirituelle, hiverner un peu à Rome, et enfin nous revenir. Il me tardera de vous embrasser, et d’épancher mon cœur dans le vôtre. Il faudra bien enfin trouver une solution, avec la grâce de Dieu

« Cherchons purement le royaume de Dieu, sa volonté sainte et entière, et abandonnons-nous à son cœur par Marie, notre mère immaculée!

« Nous ne devons pas voir trop clair; mais aspirer au but de tous nos efforts, la sanctification vraie de notre âme.

« Adieu, adieu, cher comte, je vous bénis, comme je vous chéris tendrement pour l’éternité. »

Issenheim, près Soultz (Haut-Rhin), 25 juillet 1855.

« Mon bien cher comte, vous me laissez trop longtemps privé de la consolation de vos nouvelles, et mon cœur vient vous en demander.

« Comment donc vous trouvez-vous depuis ces dix jours ? Je n’ai pas besoin de vous dire que votre souvenir vit présent au plus intime de mon cœur. Il vous désire ; il demande pour vous les grâces les meilleures. C’est que votre expérience intérieure prouve assez tous les desseins de bonté spéciale que Notre-Seigneur a sur votre âme. Aussi offrez bien, et sans cesse, toutes les affections, tous les vœux que vous pouvez former ou sentir, afin que l’accomplissement de la volonté divine soit plein et entier dans votre vie. Ne mettez de votre côté ni pensées arrêtées, ni projets, ni raison même quelconque ; mais ouvrez-vous à l’action de Notre-Seigneur, donnez-lui tout ce que vous êtes et tout ce que vous pouvez. Ne redoutez en aucune manière une vocation qui pourrait vous destiner à une vie plus parfaite. De vous-même, vous devez plutôt aspirer à une vie plus parfaite, quoique toujours et uniquement suivant la mesure de grâce préparée pour votre cœur. Mon bien cher ami, soyons tout à Dieu, et que nos années désormais lui soient entièrement consacrées. Vous avez

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