‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 172 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

nerveuses ; la santé est une condition pour travailler à la perfection, toutefois, autant qu’il plaît au

Seigneur de nous l’accorder.

« Adieu, mon bien tendre ami, je vous reste uni pour l’éternité. »

Kientzheim, lundi 3 septembre 1855.

« Mon bien cher comte, vous souffrez et supportez avec constance le travail intérieur de votre âme. — Le jour se fera, et la paix reviendra. Il est, impossible que la persévérance des bons désirs et de la prière n’amène le résultat que nous cherchons. Continuez donc à tenir votre cœur prêt : ouvrez-le, non aux impressions d’une nature ardente, mais à la grâce dans toute sa vérité. Ce que Dieu vous demandera, vous le ferez; reposez-vous dans cette disposition au dévoûment et au sacrifice. — Quand vous vous sentez agité, ne délibérez pas; attendez, priez, faites diversion. Il est certain que rien n’est décidé; et mon esprit, pas plus que le vôtre, ne se trouve éclairé. La retraite, quelques mois d’épreuve nous montreront ce que nous aurons à conclure. Mais défiez-vous de vos agitations; elles conseilleraient mal; aussi vous appliquez-vous à les vaincre.

« Je compte toujours revenir stable à Paris à la

fin de septembre; je vous attendrai. Peut-être vaudra-t-il beaucoup mieux suivre quelques cours à l’Oratoire ou ailleurs, sans vous mettre comme en pension quelque part. V ous avez besoin en tout, pour le bien, de liberté.

« Patience donc, cher comte; désirez toute la perfection que Dieu vous destine dans la mesure de sa grâce, mais demandez-lui instamment de vous fixer une dernière fois et pour toujours.

« Adieu donc dans le cœur du Maître. Je vous quitte pour mon religieux et paisible troupeau. . .

« Adieu, je vous aime tendrement et pour le bien de votre âme. »

Je quittai Paris pour me rendre sur le lac de Gôme, où je faisais bâtir une maison de campagne. J’avais rêvé d’en faire un jour un petit Tusculum chrétien ; mais Dieu en avait décidé autrement, je ne devais jamais l’habiter.

A Aix, en Savoie, où je passai le mois d’août, je voyais, tous les matins, à l’église, un jeune homme, un pauvre ouvrier, dont la piété m’édifiait beaucoup. Bientôt j’appris qu’il passait pour un saint

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