DEUXIÈME PARTIE
donc et la lumière du Seigneur soient avec vous. Je ne connais rien de meilleur. Ma tendresse s’applique à ce désir pour vous. Recommandez-moi aux prières de vos frères. Adieu, je vous aime de toute mon âme, pour la vie. >>
Paris, le 21 mai 1856.
« Mon bien cher ami, c’est avec un profond intérêt que j’ai lu voire dernière lettre du 17. J’attendais cette visite de vos enfants : c’était une épreuve réservée à votre cœur de père, épreuve difficile et sensible. Ce que vous me mandez me montre une grâce puissante et une volonté fidèle dans votre âme. Dans cette grave circonstance vous aurez pu de nouveau vous sonder et vous interroger vousmême. En suivant l’inspiration du sacrifice, vous n’étiez pas exposé à vous tromper. Ce sont la chair et le sang qui nous trompent et nous entraînent par l’influence des affections légitimes. Priez, abandonnez-vous entre les mains du Maître et marchez sous son égide.
« Vous savez quel intérêt mon âme vous a voué; rien ne l’affaiblit, et votre confiance persévérante est un lien qui me rapproche sans cesse de vous.
« Chacun dans la voie que Dieu nous a tracée, nous marchons vers le terme : si nous ne devons
pas nous revoir sur cette terre, nous nous retrouverons ailleurs....
« Si vous voyez le R. P. Piantoni, veuillez lui offrir mes humbles respects. Les bienveillantes intentions de vos frères me touchent profondément : remerciez-les et priez-les d’agréer tous mes vœux.
« Adieu donc, cher et tendre ami, vivons heureux à ia suite de Jésus crucifié : avec lui tout est bien. Union de prières. »
Paris, le 20 juin 1856.
« Mon bien cher et digne ami,
« Depuis votre lettre si affectueuse du 4 de ce mois, j’ai voulu bien des fois vous écrire; mille devoirs compliqués m’en ont empêché.
« Vous aurez donc subi toutes les épreuves les plus sensibles pour un cœur de père. Votre âme a dû bien souffrir: et c’était assurément l’occasion • pour vous de juger, mieux que jamais, votre vocation.
« Les parents les meilleurs, le monde quel qu’il soit, ne sont que des juges incompétents dans une pareille question. La paix, la prière, la réflexion, l’esprit évangélique : tels sont les éléments pour décider d’une grâce et de ses caractères, quand il paraît que Dieu appelle à la vie de perfection religieuse. Laissez donc de côté, avec foi et courage,