‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 185 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sommé, jugé pour vous. Vous aurez traversé les épreuves du noviciat et laissé parler le monde. Dieu aura fixé votre demeure dans la vie religieuse, il vous aura préparé aux travaux du zèle ; tout le reste n’est rien. Pourquoi nous préoccuper des tristes choses de cette terre? La gloire de Dieu, le salut des âmes, voilà notre fin. Elle est assez belle et assez complète.

« Les PP. Gagarin et Martinoff sont bien sensibles à votre bon souvenir. Le P . Gagarin avait reçu votre lettre. Ils travaillent avec zèle, toujours en vue de la Russie.

« Je crois tout à fait qu’une maison de votre ordre vénérable à Paris serait utile : j’espère que vous en ferez partie : il vous faut quelques Pères français

« Le temps se passe, mais nous allons au ciel. Que le travail, le zèle, l’oraison, nous conduisent où sont arrivés tous les saints !

« Adieu donc, cher et religieux ami, vivons unis dans le cœur de notre commun Maître; priez pour nous. »

Paris, le 16 décembre 1856.

« Mon bien cher et fidèle ami,

« Vos lettres m’apportent toujours une nouvelle consolation : cette constance et cette volonté persé-

vérante sont le meilleur signe de la vocation et de la grâce du Saint-Esprit. Vous avancez avec courage ; tout est bien. Les combats sans doute et les épreuves ne vous manqueront pas , mais pourquoi les redouter? Vous arriverez. Bientôt donc votre noviciat sera fini ; vos vœux solennels seront prononcés; l’alliance sera consommée. Il vous faudra désirer encore un peu de temps le sacerdoce.

« Mais enfin, et sans trop attendre, je pense, vous monterez à l’autel. Alors sur cette terre, vous n’aurez à prétendre qu’aux travaux du zèle et aux œuvres apostoliques. Vous serez un instrument utile dans les mains de Dieu, si vous lui demeurez uni par l’oraison et la familiarité intime des exercices spirituels. Là est notre vie et notre force. Le religieux pense, agit, parle, respire par l’oraison : c’est aussi son refuge et son abri, et le repos dans toutes les fatigues. Je sais bien que votre âme possède et conservera toujours ce don précieux.

« Le P. de Ponlevoy, très-fatigué et presque épuisé, a dû s’absenter de Paris depuis six mois. Il paraît remis : nous espérons le revoir au mois de janvier. Il vous chérit tendrement, vous ne l’ignorez pas. Je réclame, toutefois, la première place : mon âme est liée à la vôtre depuis le jour où je vous connus, par l’affection la plus profonde et la plus dévouée.

« Adieu donc in corde Jesu. »

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