DEUXIÈME PARTIE
tés honteuses!... C’étaient de tristes souvenirs, mais la pensée de la miséricorde divine ranimait ma confiance , et répandait de nouveau le calme dans mon âme. O confiance du pécheur, sentiment incompréhensible pour qui n’est pas chrétien , sentiment surnaturel que Dieu seul pouvait concevoir et inspirer à l’âme! saint et adorable mystère! l’abîme de la misère est comblé par l’abîme de la miséricorde. Le péché, quand il n’a pas tué l’âme, quand ses effets restent dans les limites du fini et qu’il ne mérite pas une peine éternelle, le péché véniel , en un mot, quoiqu’il soit un mal, ne prive pas l’homme de l’amour du bien, il ne ravit pas à l’âme chrétienne sa beauté essentielle , qui est inséparable de l’état de grâce. Et lorsque, hélas ! le péché est mortel, lorsqu’il implique la préférence des biens périssables au bien absolu; lorsqu’il fait perdre le bonheur souverain et éternel, et qu’il atteint en quelque sorte les proportions de l’infini; oh! alors même la grâce inspire encore l’espérance , car le repentir , car l’expiation, par les mérites de Jésus-Christ , ressuscite l’âme humaine et lui rend la vie. — Oui, « la mort est la solde du péché, mais la vie éternelle est une grâce de Dieu en Jésus-Christ. » (Rom., c. xxiii.) — « La mort est absorbée par la victoire. Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par Jésus- •Christ. » (I Cor., xv.)
0 profondeur de la miséricorde ! ô puissance de l’amour!
J’allais donc être élevé à la plus haute dignité à laquelle l’homme puisse atteindre, le sacerdoce! Le sacerdoce , et combien de personnes l’ignorent, est ce qu’il y a de plus grand dans le monde. Le prêtre placé entre le ciel et la terre, entre Dieu et l’homme, a reçu de Jésus-Christ des pouvoirs dont aucune autre créature n’avait jamais été investie. Oint du Seigneur, magistrat des âmes et juge des consciences, le prêtre est l’instrument vivant de la grâce qui se répand parles sacrements, et il occupe une place autant au-dessus de toute autre place que l’âme est au-dessus du corps , que le ciel est au-dessus de la terre. A qui, en effet, Jésus-Christ a-t-il dit, si ce n’est au prêtre : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez?» (Jean, xx, 23.) A qui a-t-il dit : « Allez et instruisez tous les peuples?» (Matth., xxviu, 19.) A qui a-t-il donné le pouvoir de le faire descendre lui-même sur nos autels? A la voix de quelle créature la Divi-