DEUXIÈME PARTIE
nité s« fait-elle victime, et entre quelles mains consent-elle à rester captive?
11 suffit, quand on a la foi , de réfléchir un instant avec calme à celte puissance du prêtre pour en connaître la grandeur. Il pense , il veut , et sa volonté exprimée efface les péchés. Il prononce une parole, et cette parole change du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ.
L’homme est créé à l’image de Dieu; en lui Fêtre engendre aussi sa pensée, son verbe, et de leur relation intime et instantanée procède aussi la volonté, l’amour; mais tandis que dans l’homme cette volonté, quelque puissante qu’elle soit sur le cœur de Dieu, n’est pourtant qu’un désir, qu’une prière, qu’une volonté à genoux , et c’est ce qui la rend si puissante, dans le prêtre exerçant son ministère, la volonté a un pouvoir divin, elle est celle de Jésus- Christ lui-même.
On le voit , le sacerdoce est la plus haute de toutes les dignités, la plus élevée de toutes les magistratures, et le dernier curé de village, je ne crains pas de le dire, est plus grand, cent fois, que tous les rois de la terre ensemble. Que sont, en effet, toutes les grandeurs du monde? que sont lés t/résors et les pierres précieuses? que sont les couronnes et les sceptres? que sont les droits et les pouvoirs? la dignité des anges elle-même, qu’estelle à eôté du pouvoir du prêtre , de la dignité sa-
■cerdotale? Admirez cette magnifique hiérarchie, ce lien mystérieux,, mais visible, qui unit Le ciel et la terre dans un haiser de paix et d’amour. Admirez ce tableau , que l’Église orthodoxe seule présente : en bas sont les prêtres , et leur nombre . est immense; plus haut, les évêques en nombre moindre, et tout au haut de la mystique pyramide, le pape seul, le pape chef de l’Église, vicaire de Jésus- Christ sur la terre, infaillible dans ses décrets, mais dont le pouvoir sur le corps réel de Jésus-Christ n’est pas et ne peut pas être plus grand que celui du simple prêtre, car, je le répète, il n’y a rien de plus grand au monde.
Et lorsqu’à cette dignité surhumaine sont encore unis les vœux de religion; lorsqu’en faisant de Dieu une victime et un captif, on se fait victime et captif soi-même; lorsqu’en offrant la victime, on offre sa propre immolation , oh ! alors on s’identifie tellement avec Jésus-Christ , et il s’établit entre l’homme et Dieu une union si complète, qu’on peut, avec raison, dire comme saint Paul : « Je vis o.u plutôt ce n’est plus moi qui vis , c’est Jésusr Christ qui vit en moi. »
Hommes du monde, qui passez devant le prêtre du Seigneur avec le sourire de la suffisance, avec le sarcasme et le mépris, avez-vous jamais pensé sérieusement à sa dignité ; vous êtes-vous jamais demandé : Qu’est-ce qu’un prêtre? Non, sans doute,