‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 195 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

et pourtant vous le condamnez. C’est juste, la conduite du prêtre est le blâme continuel de la vôtre ; et on n’aime pas à être blâmé ; le prêtre est votre juge, et on n’aime pas à être jugé; le prêtre est chaste, et vous, vous riez de la chasteté; vous n’y croyez même pas; le prêtre, en général, est humble et pauvre, et pour vous la pauvreté est une folie, l’humilité un opprobre ; le prêtre est charitable, il aime et pardonne, et vous, vous voulez vous venger; pour vous, le pardon est un déshonneur. — Ah! vous ne pouvez juger ni le prêtre ni le religieux, ils doivent vous paraître petits, vous les voyez de si loin.

Et pourtant, si, laissant de côté le mal et de puérils préjugés, restes vermoulus d’un siècle écroulé; si, adoptant la bonne foi pour règle de conduite, vous vous rapprochiez de nous, et nous tendiez la main, vous trouveriez sans doute dans nos rangs le médiateur et le réconciliateur que vos consciences attendent, le consolateur que votre cœur appelle, le coopérateur de Dieu dont votre âme a besoin pour son salut; vous trouveriez, en un mot, des frères prêts à se sacrifier, et qui, lorsqu’il s’agit de vous, regardent leur propre existence comme un brin de paille que le vent emporte. Vous le voyez, nous vous ouvrons les bras, nous vous appelons à grands cris, nous courons à vous, car c’est vous, pauvres brebis égarées, qui avez besoin de nous...

Grâce à Dieu, dans les pays catholiques, les mondains seuls, c’est-à-dire les hommes qui n’ont pas l’esprit de Jésus-Christ, à quelque classe qu’ils appartiennent, nourrissent encore contre le clergé ces préventions que leur inspirent la chair et le sang, l’ignorance, l’égoïsme, l’orgueil ou la luxure. Quant à ceux qui veulent vivre chrétiennement, moralement, en général ils vénèrent le clergé et se trouvent honorés de l’approcher.

On sait de nouveau que son influence est salutaire, et qu’elle ne s’appuie pas sur l’ignorance des masses; plus les lumières se répandent dans une nation, plus la civilisation de l’Évangile s’y développe, plus aussi le prêtre y est respecté, aimé et obéi. La scien'ce, la vraie science, a enfin donné le baiser de paix à la foi, et toutes deux travaillent de concert à moraliser les hommes, à les rendre sages et heureux. Toutes deux doivent donc faire respecter le clergé, cet instituteur des peuples, instituteur de droit divin : Docete omnes gentes. Sans doute, la foi est d’un ordre supérieur, surnaturel, mais c’est avec amour qu’elle tend la main à celle qu’elle regarde comme sa fille, et. qui enseigne aussi la vérité. — Non, non, les siècles pieux ne sont point des siècles de désordre et de barbarie. Le désordre, c’est quand le gouvernement s’immisce dans les affaires spirituelles, quand il empiète sur les droits du pape et se met en révolte

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