DEUXIÈME PARTIE
où sont ses Alhanase, ses Basile, ses Grégoire et ses Chrysostome? Pauvre esclave, depuis qu’elle est séparée de Rome, elle ne produit plus rien, rien..., c’est la mort. Et pourtant que de saints sortiraient des rangs de ce clergé ; que d’orateurs, de missionnaires et de martyrs, s’il pouvait renaître dans l’unité de la vérité !
Oh ! tout cela est triste et ces pensées me font saigner le cœur; mais elles augmentent ma foi en me montrant que du catholicisme seul peut naître un véritable clergé. Oui, c’est bien triste, mais l’Apôtre nous enseigne que <• l’affliction produit la patience, la patience l’épreuve, l’épreuve l’espérance ; or cette espérance n’est point trompée... »
Je sais que les Grecs séparés, dans leur indifférence pour le salut du prochain, indifférence à laquelle ils n’ont jamais réfléchi, que peut-être même ils ignorent, nous accusent de trop de zèle pour les- âmes; et par un renversement complet de toute raison, taxent ce zèle de fanatisme ou au moins d’exagération coupable. G’est un manque de charité, disent-ils, une persécution odieuse; ou ne laisse ni vivre ni mourir le monde en paix,, et les catholiques,, après tout, ne sont, pauvres dupes,, que les instruments aveugles de l’ambition des papes. Pour nous, ajoutent-ils, et que de fois j’ai entendu des prêtres, hélas! tenir
ce langage; pour nous, nous ne cherchons pas à faire des prosélytes, nous laissons chacun suivre sa croyance; nous ne voulons troubler la conscience de personne et nous ne sommes pas ambitieux.
Ah ! savent-ils dans leur insouciance coupable et qu’ils décorent du nom de charité, savent-ils que le manque de zèle est un péché, un péché d’omission pour tout homme qui se croit dans la vérité ; mais que, pour le prêtre à qui des âmes sont confiées, n’avoir pas le zèle des âmes, c’est pécher contre la justice, car c’est pécher contre son devoir? Ont-ils oublié que Dieu vomit les tièdes de sa bouche? ont-ils oublié le figuier stérile que Jésus-Christ a maudit? ont-ils oublié la parabole des talents? Non, nous ne voulons pas que le Seigneur nous dise un jour : « Serviteur méchant et paresseux , qu’on lui ôte le talent qu’il a et qu’on le donne à celui qui a dix talents..., et qu’on jette ce serviteur inutile dans les ténèbres extérieures ; c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Ainsi la malédiction de Jésus-Christ, la malédiction et l’enfer quand on ne produit rien ! Et que devons-nous produire, si ce n’est des œuvres de charité ? Et quelle œuvre de charité est comparable à celles qui ont l’âme pour objet! Certes, si nous croyons à l’existence de l’âme, à sa supériorité sur le corps, à son immortalité , notre