DEUXIÈME PARTIE
Qu’ont fait tous les saints de l’Ancien et du Nouveau Testament? qu’ont fait tous les martyrs ? qu’a fait la Reine des martyrs, qu’a fait Jésus-Christ sur le Calvaire?... Ils ont aimé. Ah ! les entendezvous, ees cris d’amour qui s’élèvent vers le ciel de tous les coins de la terre, ces cris d’amour, de dévoùment et de souffrance? Jésus sur la croix, Jésus immolé les recueille et les offre avec ses propres douleurs... O amour et dévoûment, ô mystère dé la rédemptioa !
Pour le prêtre catholique, une âme rachetée au prix d’un sacrifice infini, est d’une valeur infinie ; il sait qu’elle est née pour la vérité, que cette vérité n’est pas une doctrine spéculative, mais le bien, l’Être, Dieu lui-même; et, au saint sacrifice de la messe, il s’unit à cette vérité pour la prier de se donner à l’âme qui en a besoin. Dans son amour; dans sa brûlante charité, il ne peut goûter de repos tant qu’il n’a pas converti cette âme que Dieu, par une voix intérieure, par une conviction intime, lui a désignée comme le but de son activité et de ses efforts, comme le but de sa vie, comme la condi-
VOGATIOS.
tion de son éternelle félicité peut-être* Oh ! celte âme,, avec quels désirs il la contemple et la poursuit; elle est toujours présente à son esprit; elle est la fin de toutes ses prières. Comme: l’épouse du Cantique, ilia cherche partout; il y pense le jouir, il y pense la nuit; c’est sa première et sa dernière pensée; elle l’occupe même dans ses rêves* et «piand il se réveille il demande encore son salut. « Seigneur, dit-il, en pressant le crucifix sur ses lèvres, Vierge sainte, Cœur de Jésus, Cœur de Marie, il me faut cette âme, doanez-la-moi !... » Et quand il l’a obtenue, quand le prêtre catholique a rapporté la brebis au bercail, quand il a donné la sainte communion à celui qui était naguère dans le mal ou dans l’erreur, ah ! ne me demandez pas ce qu’il éprouve !
Et lorsque , au moment où vous descendez de la chaire sacrée , un jeune homme , frissonnant sous l’action de la grâce, vient vous dire avee crainte :
Mon père, je suis un grand pécheur, » et lorsqu’après lui avoir répondu : « Mon fils , moi aussi je suis un grand pécheur; mais la grâce est plus puissante que le mal; » lorsqu’après l’avoir engagé avec douceur à s’agenouiller, vous avez la joie de l’absoudre et de le presser dans vos bras , ne demandez pas ce qu’on éprouve.
Lorsque vous avez fait une ample moisson dans un hôpital; quand une mère à qui vous rendez son