‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 201 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

fils vous dit : « Mon père , vous êtes mon bienfaiteur , et je voudrais m’agenouiller devant vous; » lorsqu’une fille, qui a longtemps prié pour son père, vous bénit en se jetant dans ses bras ; lorsque vous rendez à un vieux père sa fille égarée par le mal et l’erreur, ah ! je vous le répète, ne me demandez pas ce qu’on éprouve. On se sent léger; on ne touche plus la terre ; l’allégresse est dans l’âme, l’âme a des ailes ; une seule minute de cette joie rachète des années de douleur et d’attente; une seule minute vaut plus que cent années de bonheur.

Oui, il faut du zèle; il faut du dévoûment, et ce dévoûment, cette charité, elle devient une passion dans le cœur du prêtre. Heureux , mille fois heureux, l’homme dont le devoir est une passion délicieuse !

Vous le voyez , l’apostolat, le dévoûment dans l’apostolat, voilà notre existence. Malheur à nous, si nous n’évangélisons pas ; malheur à nous , si nous refusons l’œuvre de Dieu, ou si nous ne la faisons qu’à regret !

Seul dans ma cellule, me préparant à recevoir le sacerdoce, oh ! comme toutes ces pensées se présentaient à mon esprit ! Quelle responsabilité j’allais assumer! Comment acquérir ces vertus? Ah! si on ne se laissait pas guider par l’obéissance, qui oserait monter à l’autel ? Et pourtant il y a dans cette pensée de la vie sacerdotale , de l’apostolat , de la sainte messe ; il y a dans cette pensée mystérieuse et touchante un charme, quelque chose d’entraînant , qui vous rend moins terrible le pas que l’on doit franchir...

O vous, qui vous sentez appelés, qui que vous soyez , ne reculez pas ! Et si on vous dit qu’il est trop tard pour vous donner à Dieu , ne le croyez pas. On n’est jamais trop vieux pour le noviciat ou le séminaire. Et si même on n’avait célébré qu’une seule messe en toute sa vie ! une messe et puis mourir.... n’est-ce pas assez de bonheur?

J’allais donc être consacré prêtre du Seigneur! Quel respect je pressentais pour moi-même dans mon âme ! — Il se réalisait donc enfin ce rêve qui s’était si souvent présenté à mon cœur; il se réali-

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