‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 30 sur 203 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

les païens eux-mêmes, nous en trouvons un souvenir, tradition corrompue delà première révélation. Cette pratique est fondée sur le besoin du sacrifice, sur l’idée de l’expiation : idée la plus ancienne et la plus universelle, idée contemporaine d’un Dieu offensé. Hélas ! il était réservé aux novateurs du xvi® siècle, qui, en abolissant le saint sacrifice de la messe, ont refoulé jusqu’au fond du cœur ses besoins les plus impérieux, il leur était réservé de porter aussi sur la pratique du vœu une main coupable, et de mener insensiblement leurs adeptes, trop logiques, jusqu’à la négation des vérités fondamentales du christianisme.

Mais que reproche-t-on à cette sainte pratique, et que fait l’homme qui s’engage par un vœu? Il vous promet peut-être d’accomplir un pèlerinage, de se vouer à la vie monastique, de bâtir une église

ou d’orner un autel Et l’ignorance ou l’impiété

de crier au scandale et à la superstition !... Pardonnez-leur, mon Père, ils ne savent ce qu'ils font. Pardonnez-moi aussi, car j’ai crié comme eux, et plus que beaucoup d’autres, j’ai blaphémé. — Mais qu’ils réfléchissent un instant sans partialité, et ils ne pourront manquer de se convaincre que, quelle que soit la promesse par laquelle l’Église nous permet de nous engager envers vous, Seigneur, l’accomplissement de cette promesse n’a ni ne peut avoir d’autre résultat que notre amendement moral, notre

ÉGAREMENT

perfectionnement, par conséquent notre bonheur ici-bas et dans l’éternité.

En effet, l’homme qui entreprend un long pèlerinage se prépare nécessairement à de grands sacrifices: il quitte son pays et ses parents, il renonce à toutes ses habitudes, et va courir les dangers d’un pénible voyage. Que de fois il sera obligé de supporter la fatigue, la faim et la soif! que de fois il sera forcé de dompter son humeur, sa volonté et son orgueil ! Que d’occasions pour méditer dans la solitude et votre grandeur et sa bassesse! Ah! je plains sincèrement le chrétien qui ne voit pas les avantages de quelques jours ou de quelques semaines passées sousl’.habit du pèlerin, qui ne croit pas à l’efficacité de cette cure pour la santé de l’âme.

Et celui qui s’engage à bâtir une église, sans parler du bien qu’il fait à son âme par les sacrifices qu’il s’impose, ne rend-il pas un service immense à des milliers d’hommes, à des générations entières, en leur procurant le moyen d’entendre votre divine parole?

Ces réponses sont sans réplique pour tout homme droit, catholique ou non; quant à l’homme mauvais par principe ou incrédule de parti pris, mon Dieu, il est sourd et aveugle à la fois, vous seul pouvez le convaincre; ayez pitié de lui.

Enfin, l’homme qui vous promet de renoncer au monde, de s’enfermer pour toujours dans un

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