CHAPITRE PREMIER
trairement à la loi de sa nature , il doit rester dans les conditions dans lesquelles vous l’avez placé icibas. Oui, pour que son âme soit fortement émue, il faut que ses sens soient émus. 11 faut donc de la musique à son oreille et des tableaux à ses yeux; il faut de riches étendards, de longues processions, de splendides cathédrales, il faut, en un mot, toute la pompe du culte catholique. Le culte extérieur est la forme ou le symbole du culte intérieur : l’un et l’autre vous sont dus ; le corps vous appartient comme l’âme ; et les sons, la couleur, les cérémonies sont souvent pour elle un langage plus éloquent que les plus beaux discours : ce sont des signes visibles de grâces invisibles. Votre Église le savait bien en établissant sa sainte liturgie. Mais à force d’attaquer et d’éliminer ce qu’il nomme la forme, le protestantisme a tué le fond même de la religion ; car l’autorité une fois méconnue, il est venu des hommes plus logiques que les premiers novateurs ; à leur tour, ils ont protesté avec audace. Bientôt ils eurent renversé ce qui restait encore de l’ancien culte chrétien, et aujourd’hui ils en sont arrrivés, par une conséquence rigoureuse, jusqu’à la destruction de l’idée religieuse ellemême.
Du reste, tous ceux qui se séparent de l’unité doivent arriver au même résultat. Oh ! votre Église a bien raison lorsqu’elle proclame qu’elle seule est
ÉGAREMENT
la voie da salai, et que celui qui s’éloigne de la route qu’eUe nous trace ne peut que se perdre dans un abîme sans fond.
Seigneur, faites que jamais je ne m’écarte de cette route bénie où votre main m’a placé ; faites, ô mon Dieu ! que tant que j’aurai une voix, je puisse l’employer à chanter vos louanges et à publier vos bienfaits.
Lorsque je songe que j’ai renoncé aux erreurs de ma vie passée, je me sens transporté d’admiration pour vous, Dieu de miséricorde ; car je vois clairement que c’est à vous seul que je le dois. Oh ! oui, les inquiétudes, la maladie et la douleur sont entre vos mains des moyens salutaires. Et avec quel tact vous les employez ; avec quel ménagement, divin médecin des âmes, vous essayez, pour nous guérir , d’abord une douleur légère ; plus tard, et .selon nos besoins, vous l’augmentez ou la diminuez, et ce n’est que lorsque votre créature est rebelle, quand elle est sourde à vos avis, aveugle à vos manifestations, ce n’est qu’alors que.