‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 47 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

saviez que rien ne pouvait la purifier comme 11m molalkm d’elle-même, et pour la réveiller, pour la rendre plus parfaite, vous lui envoyâtes des douleurs.

Oh ! dans la vie du monde nous avons presque tous besoin d’être secoués, d’être réveillés, car d’ordinaire nous sommes ici-bas comme des somnambules , prenant nos rêves pour la réalité. Les uns dorment d’un sommeil léger, et répondent à votre premier appel; chez d’autres le sommeil est lourd ; chez moi , hélas ! c’était une léthargie. Ce réveil, que vous opérez en nous, ne s’effectue jamais sans un effort de notre part, sans une souffrance qui est le plus souvent en rapport avec le degré de sommeil auquel nous nous sommes abandonnés. Mais quand l’heure bénie a sonné, quand votre voix est parvenue à se faire entendre, il faut bien briser les liens qui nous retiennent sur la couche du péché; oui, il faut un effort, il faut une souffrance. Quelquefois aussi les meilleurs sont ceux qui souffrent le plus, et je le répète, lorsque je n’avais pour me guider que mes pâles lumières, je me demandais souvent pourquoi ma pauvre femme était aussi la proie du malheur. Là, s’arrêtait ma raison ; et alors j’étais fier de mon scepticisme et de ma révolte. Mais aujourd’hui , mon Dieu, je me prosterne et vous bénis, car je sais, car je comprends que lorsqu’on souffre, c’est pour le bien. Je

ÉPREUVE

sais qu’il est heureux de souffrir ici-bas, quand on l’a mérité, car on souffre alors pour la justice; mille fois plus heureux encore quand on ne l’a pas mérité, car alors on souffre pour aller à la perfection ; on souffre pour ceux qu’on aime, et en sauvantleurs âmes, on se prépare à soi-même une brillante couronne. Alors, on vous imite, ô divin Jésus ! vous et votre Mère, immaculée, et pourtant si pleine de douleurs.

Oh! si la souffrance n’était pas sainte; si elle n’était pas nécessaire, Fauriez-vous choisie comme moyen unique de rédemption? l’auriez-vous enseignée? La douleur est sainte, car elle nous purifie et nous ramène à la vertu. La douleur, c’est le mur qui nous sépare du monde et du mal, c’est le mur qui nous enferme dans la solitude, dans la solitude du cœur, si ce n’est dans celle du cloître ; la douleur est l’échelle qui conduit au ciel, c’est la manne des élus sur la terre, c’est le pain des forts, c’est la joie des saints ici -bas. Elle est comme la prière , comme un encens qui porte l’âme vers vous. Maître divin de toutes choses. Oui, la voix de ma conscience , cette voix qui me parle plus haut que tous les sophismes des demi-savants, cette voix me dit : « Il faut souffrir, il faut aimer la souffrance. » La religion ne me défend pas de verser des larmes , mais elle veut qu’en les versant, j’aime ces larmes, ou au moins la main qui me les fait répandre. Sei-

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