‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 48 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

gneur, donnez-moi donc des douleurs, et en même temps donnez-moi la force de les aimer.

Que, dans son ignorance, l’impie attribue au hasard les coïncidences étonnantes et les événements extraordinaires qui arrivent pourtant si souvent dans la vie de tout homme, rien de plus naturel ; mais que d’efforts il doit avoir faits , que de péchés il doit avoir commis pour arriver ainsi à la négation de la Providence ! Quant au chrétien , il n’a pas recours au hasard, car il connaît la cause des événements qui peuvent le surprendre sans doute, mais jamais l’embarrasser ; car il sait que rien n’a lieu sans votre volonté ou votre permission, et que votre action incessante sur nous n’a d’autre but que notre vraie félicité. Et, pour arriver à notre cœur, que n’employez-vous pas, mon Dieu, et que d’événements vous faites surgir! Surprises, souffrances et terreur, joie et chagrin, maladie et guérison, pauvreté, richesse, triomphe ou persécution: tout, oui, tout, si nous voulons , peut nous mener au ciel , car tout nous est donné pour nous aider à atteindre ce but. Rien donc ne paraît inexplicable

ÉPREUVE

au chrétien, ou plutôt il n’a pas besoin que ce qui l’étoDne lui soit expliqué; car il croit à votre amour comme à votre puissance; car il croit à une mystérieuse union, à un rapport spirituel entre vous et votre créature, à une action continue sur chacun de nous comme sur l’humanité entière.

Oui, je suis heureux de le dire, je crois que ce fut aux prières de ma femme et à son généreux sacrifice que nous dômes la guérison de notre enfant. En effet, le 30 avril ou le 1" mai (c’est-à-dire, un jour ou deux après qu’elle eut fait son vœu), vous m’envoyâtes la personne dont vous vous servîtes pour l’exaucer. Ce fut un médecin étranger que je connaissais fort peu ; il avait entendu parler, par hasard, de la maladie de mon fils, et contrairement à tous les usages, il me fit demander la permission de venir le voir, m’assurant qu’il espérait le guérir ; sa réputation médicale, sa position indépendante et son caractère bien connu le mettaient à l’abri de tout soupçon, et sa conduite ultérieure a parfaitement prouvé que , dans cette circonstance, son cœur seul l’avait guidé et vous , ô mon Dieu ! vous guidiez son cœur.

le croyais mon enfant perdu, je n’avais donc plus d’espoir; il était d’ailleurs entre les mains des hommes les plus renommés. Que pourra ce nouveau médecin? me disais-je... Néanmoins, je le laissai venir. Il vint, examina le malade, s’étonna de sa

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