CHAPITRE II
l'âme qui s’en nourrit; et je suis convaincu que rien ne rend capable de voir la vérité comme le bien, comme le désir sincère du bien.
D’ailleurs, la nécessité que nous avons de la foi pour être vertueux; ce besoin de croire que nous éprouvons quand nous voulons réaliser l’idéal delà perfection qui est en nous, est une preuve incontestable du mérite de la foi et de la vérité du christianisme; car certes, personne n’oserait soutenir que la foi est un mal, qu’elle n’est pas une vertu ? Erreur, me dira-t-on, « la foi n’est qu’une illusion, un soutien, c’est la béquille du faible. » D’après cela, ce serait par une erreur, par une illusion que l’homme arriverait au bien, à la vertu ! Mais l’erreur est un mal, et ce serait le mal qui engendrerait le bien ! O philosophes antichrétiens, soyez donc conséquents, et avant de condamner la foi, comparez vos œuvres avec celles qu’elle produit... Mon Dieu ! vous savez combien je fus heureux le jour où vous apprîtes à mon cœur qu’aimer le bien, c’est commencer à croire en vous et à votre vérité catholique; qu’aimer le bien, c’est déjà vous aimer vousmême
ÉPREUVE
Combien d’hommes, s’ils lisaient ce que je viens d’écrire, hausseraient les épaules et m’expliqueraient en souriant de pitié la cause naturelle et simple de la guérison de mon fils et de la maladie de sa mère. «Cette guérison, diraient-ils, est due à l’arri- « vée fortuite d’un nouveau médecin, au moment « d’une crise qui s’opérait probablement dans la « maladie; elle est due peut-être à un nouveau k système de traitement, ou bien à la nature du « malade qui, laissée à elle-même, a triomphé du « mal. Quant à sa mère, elle avait une belle âme, « mais la tête exaltée, et puis elle était femme et « conservait sans doutes les superstitions habi- « tuelles aux personnes de son sexe; d’ailleurs « l’amour maternel explique tout ; c’était une vraie « passion qui lui donnait le besoin de se dévouer. « Ne voyant plu3 de ressources ici-bas, elle se « transporta par l’imagination dans un monde chi- « mérique, et là, se saisissant avec ardeur de la « première planche de salut qui se présenta, elle « offrit sa vie en holocauste pour racheter celle de « son fils. Bientôt cet enfant guérit, elle en futheu-
ira