‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 51 sur 203 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

« reuse, mais elle-même tomba dangereusement « malade, et ceci est tout simple; elle avait tant « souffert; le moral a une si grande influence sur le « physique! et puis son esprit était probablement « frappé, et elle se croyait, en quelque sorte, enga- « gée à mourir. Quant à vous, ajouterait l’incré- « dule, effrayé et touché par le spectacle de sa fin, « vous avez naturellement changé votre manière «< de voir et votre manière d’être, mais vous n’avez « pas pour cela renoncé au bonheur, et cherchant « toujours votre satisfaction personnelle, vous vous « êtes créé une nouvelle espèce de félicité ; félicité « fantastique dans un monde surnaturel et imagi- « naire. C’est là, bien clairement, le résumé de « votre histoire» et vraiment on ne saurait y voir « un miracle. »

Oui, c’est là le résumé de mon histoire ; et moi, non plus, je n’y vois point de miracle, je n’en cherche point. Il est inutile de torturer les événements pour leur prêter une couleur merveilleuse ; non, cela n’est pas nécessaire ; assez de faits miraculeux, assez de guérisons et de conversions ont attesté et attestent encore tous les jours , dans le monde catholique, votre puissance, votre sagesse et votre amour, ô mon Dieu! Je les admire, ces manifestations surnaturelles de votre providence, et mon esprit stupéfait s’abîme et s’anéantit devant l’éclat de votre majesté. Oui, comme les Israélites-

ÉPREUVE

an pied du Sinaï, je me prosterne et j’adore. Je n'ai pas besoin de miracles, car je vous vois dans tout ce qui m’entoure, dans ma vie habituelle et journalière, et surtout dans ces coïncidences admirables d’événements que vous faites surgir si souvent pour notre bien, sans déranger les lois du monde ; en un mot, je vous vois et vous reconnais dans tous les détails de votre gouvernement temporel qui me remplit d’admiration, d’amour et de foi, ou plutôt. Seigneur, si je n’ai pas besoin de miracles, c’est parce que j’en vois partout, le miracle est permanent, et s’il ne nous paraît pas toujours tel, c’est parce que votre action miraculeuse est journalière, incessante, et qu’ici-bas rien n’est plus commun, et pour ainsi dire naturel, que le surnaturel.

0 mon divin Maître ! que de grâces je dois vous rendre de ce que vous daignez vous abaisser jusqu’à moi, pour me faire voir ces vérités; je les comprends, elles sont dans mon cœur, elles sont à moi, et quand même je ne puis les expliquer, je les sens, et cela me suffit. Mais je voudrais encore faire partager à tous mes frères le bonheur qu’elles procurent; elle puis-je? Hélas! que peut l’homme lorsqu’il s’agit de convaincre de choses divines? Il ne persuade que ceux que vous avez daigné toucher d’abord; oui, il faut que la terre qui doit recevoir la divine semence de la parole, le puisse, c’est-àdire qu’elle le veuille, et pour cela il faut qu’elle ait

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